07 janvier 2013

Mariage pour moi

Il me semble possible d'écrire ici un billet d'opinion, sans que cela ne provoque l'ire de mes lecteurs habituels qui savent que ce blog est un blog personnel.

Depuis plusieurs mois, je vois passer des messages enflammés sur le sujet d'un projet de changement législatif sur le mariage civil. Bien que n'ayant pas étudié le futur texte législatif, j'ai ma propre opinion sur le sujet, et j'espère naturellement voir mon pays évoluer dans ce sens.

Tout d'abord, rappelons quelques données pour tenter d'éclairer un peu le terrain qui m'intéresse :

- d'après la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, "à partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution".

- en France, la loi du 20 septembre 1792 instaure le mariage civil, enregistré en mairie. Le mariage civil devient alors la forme légale du mariage. Le mariage religieux, qui n'a pas de valeur légale, reste un choix individuel. Dans la majorité des cas, les deux cérémonies civile et religieuse sont effectuées. (source Assemblée Nationale)

- selon Wikipédia, et la rédaction de l'article me satisfait : "L'homosexualité est le désir, l'amour, l'attirance ou les relations sexuelles entre personnes de même sexe, selon une perspective comportementaliste ou empirique. C'est également un goût, une orientation sexuelle, selon une perspective psychologique ou sociologique. L'homosexualité fait partie de la sexualité humaine mais aussi animale.
Parmi les personnes ayant une part d'homosexualité, on établit des distinctions. Une femme lesbienne ou un homme gay est exclusivement attiré par une personne de même sexe. Un homme bisexuel ou une femme bisexuelle est aussi attiré par une personne de sexe opposé. Aujourd'hui, ces personnes sont parfois désignées sous les termes de communauté homosexuelle, ou LGBT (qui comprennent également les hommes trans et les femmes trans).
"


Ce qui m'intéresse ici, ce sont des comportements sexuels différents du mien. Il existe des manière d'aimer très différentes de la mienne, qui me choquaient quand j'étais adolescent et sur lesquelles mon opinion a beaucoup évolué. Aujourd'hui, je trouve normal que deux femmes ou deux hommes puissent s'aimer et l'afficher au reste du monde.

Pour moi, le mariage (civil) représente la manière la plus simple de montrer à la communauté, et en particulier à l’État qui en codifie les règles, que l'on souhaite construire quelque chose ensemble dans la durée.

Je suis intimement persuadé qu'un couple est plus fort que la simple addition de ses forces. Il y a quelque chose de plus dans le travail en équipe qui permet d'être plus performant. A deux, on construit plus vite, plus haut, plus fort (Citius, Altius, Fortius).

Et par construction, j'entends aussi bien la réalisation d'un projet immobilier que l'éducation d'un ou plusieurs enfants. L'amour n'est pas comme un gâteau dont les parts diminuent en taille quand elles augmentent en nombre. On peut aimer autant un être, deux êtres, trois êtres et plus encore (j'ai trois enfants et une femme que j'aime immensément). Un couple de gai(e)s peut éduquer avec autant de réussite un ou plusieurs enfants qu'un couple de non gai(e)s. Je ne vois pas en quoi l'apprentissage et le développement des facultés physiques, psychiques et intellectuelles seraient liés à l'orientation sexuelle des professeurs.

Il y a bien une chose qu'un couple de personnes de même sexe ne peut pas faire en système fermé : la reproduction. Et alors ? C'est plutôt triste un couple infertile qui souhaite avoir des enfants. Il me semble d'ailleurs que pour aider ces couples, la société a eu l'idée de l'adoption et de la procréation médicalement assistée. Attention, je ne dis pas que tous ces concepts sont simples et ne posent pas des problèmes éthiques, technique et légaux. Je dis simplement que ces problèmes me paraissent indépendants de la pratique sexuelle des parents.

Il est d'ailleurs intéressant de regarder ce qui se passe ailleurs, parfois simplement chez nous, mais loin. Par exemple en Polynésie avec l'adoption FA'A'AMU. En Polynésie l'enfant est roi, et ses parents ont pour tradition, s'ils ne peuvent pas lui assurer un avenir serein, de le confier à la famille, à des amis. Lire à ce sujet ce billet très intéressant.

Non, vraiment, je ne vois pas au fond de moi une résistance à ce que les couples de gai(e)s puissent s'aimer, se marier, avoir des enfants, des petits-enfants, construire une famille, divorcer, se remarier...

En tant que père, je ne souhaite que le bonheur de mes enfants. Et en tant que conseiller municipal, j'accepterai avec grand plaisir de les marier à la personne de leur choix, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion. Ou le sexe.

Prochaine étape: le mariage des polyamoureux.
Citius, Altius, Fortius...

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Source image Blog de Laurel (avec son aimable autorisation)

39 commentaires:

  1. De mon point de vue, le débat est faussé car une grande partie des opposants se placent sur le plan religieux du mariage, alors que les autres se placent sur le plan civil et républicain.

    Tu as très bien décrit la situation, félicitations car il n'y a effectivement aucun souci constitutionnel au mariage de 2 personnes de même sexe.

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  2. Sauf que si le mariage civil existe, ce n'est pas pour une question d'amour dont le législateur se moque complètement, mais pour des questions de filiation: le mari est présumé père des enfants de la femme.

    Hors, dans le cas d'un couple homo, on fait comment sur le certificat de naissance? Parce que, jusqu'à preuve du contraire, aucun enfant, que ce soit par PMA, GPA ou autre, ne sait naître sans qu'il y ait au départ un gamète mâle et un gamète femelle.

    Donc, en pratique, on fait comment? Sachant que déjà, quand une femme accouche sous X, il arrive que les enfants veulent aller à la recherche de leurs origines ("c'est qui papa?"). Et que pour tout couple homosexuel, il y aura forcément une inégalité entre les 2 parents: ce sera forcément une des 2 "mères" qui sera la mère biologique, ce sera forcément un des "pères" qui sera le père biologique. Alors oui, des couples hétéros se séparent, on a des familles recomposées avec un ou plusieurs beaux-parents... Mais il reste 2 parents biologiques, un père et une mère.

    Donc, sur le certificat de naissance, on fait comment? Et on répond comment aux questions de l'enfant une fois devenu adolescent ou adulte.

    Et quid de la PMA et de la GPA? jusqu'à présent, on avait interdit la GPA car il y avait une notion d'instrumentalisation du corps. Donc, si vraiment on veut faire le mariage pour tous, on est obligé de renier ce qui a été dit et d'autoriser la GPA, sinon, il y a une grave inégalité entre lesbiennes et gays!!

    Bref, il y a tout plein de questions qui se posent, et pas beaucoup de réponses, à part qu'il y a une grande urgence. Mais il me semble que sur des sujets aussi graves, il n'y a aucune urgence justement!

    Et si le mariage n'est que la reconnaissance de l'amour et de vouloir construire quelque chose, pourquoi ne pas autoriser la polygamie, la polyandrie, voire le mariage entre frères et soeurs?

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    1. Sur le certificat de naissance seront indiquées les personnes reconnaissant l'enfant, comme aujourd'hui.
      Sur la polygamie et la polyandrie, c'est me semble-t-il la prochaine étape, comme indiqué à la fin du billet.
      Concernant l'inceste, je trouve la remarque hors sujet.

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    2. Pas d'accord sur le fait que le Code Civil ne s'attache, avec le mariage, à ne considérer que l'aspect filiation.

      Les deux aspects sont d'ailleurs traités dans deux Titres:
      - Titre V: du mariage
      - Titre VII: de la filiation

      Ne traiter que de la filiation, c'est passer sous silence "aide et assistance, etc etc" Chapitre VI du Titre V, Articles 212 à 226.

      Pour ce qui est de la filiation, il n'y que l'article 312 du Titre VII qui établit une présomption de paternité.

      Et un autre article établi que, pour la mère, c'est la personne déclarée sur l'acte de naissance ("La filiation est établie, à l'égard de la mère, par la désignation de celle-ci dans l'acte de naissance de l'enfant.").

      On est très loin de démantibuler le Code Civil en permettant le mariage de personnes du même sexe!

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    3. Petite précision: « Sur la polygamie et la polyandrie »

      Ces deux termes ne sont pas opposables puisque l'un n'est pas le contraire de l'autre. Concernant les unions multiples il existe 3 termes:

      - La Polyandrie (Union avec plusieurs hommes)

      - la Polygynie (Union avec plusieurs femmes, c'est ce dont parlent la quasi-totalité des personnes qui utilisent le mot Polygamie)

      - la Polygamie (terme générique pour parler globalement des unions multiples, il regroupe donc la polygynie et la polyandrie)

      Une femme qui serait mariée avec deux hommes est polyandre (et donc polygame), un homme marié avec un homme et une femme n'est ni polyandre ni polygyne mais il est polygame.

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    4. Concernant la polygamie, il y a une forte hypocrisie occidentale.
      Par ce terme, le publique imagine immédiatement certaines populations d'origines étrangères et non-chrétiennes (tant qu'à faire, on peut continuer à exacerber les haines xénophobes, comme d'habitude)

      Or, quelle réelle différence y-a-t'il entre un homme marié à 2 femmes et un homme marié à une femme qu'il trompe avec avec une autre femme?

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  3. Je me suis toujours demandé pourquoi les enfants adoptés finissaient quasiment toujours par rechercher leurs vrai parents. A croire que cela leur manque. Hé bien ils n'ont pas fini de chercher leur père (s'ils ont deux mères) ou leur mère (s'ils ont deux pères). Bon courage...

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    1. Je ne vois pas en quoi ce problème de recherche de ses parents biologiques est en rapport avec le fait d'avoir ses deux parents adoptifs de même sexe.

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    2. @Raplouf :
      Personnellement, je laisse la recherche des racines aux récolteurs de navets.

      Il faut relire Pagnol et cesser de faire du père génétique absent un "vrai" père, par rapport à celui qui donne l'amour, l'hébergement, la nourriture, la langue, la culture, l'aide, le soutien, l'assistance, l'éducation, les encouragements, la protection, la défense des intérêts, l'encadrement, la tendresse, la confiance, les valeurs morales...

      Ces histoires d'accès à la paternité génétique pour les enfants adoptés est, en plus, discriminatoire par rapport à tous les enfants adultérins sans le savoir.

      Bien à vous,
      L'Ankoù

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    3. Source ?

      Il semble que tu aies des informations que nous n'avons pas…

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    4. Je suppose que votre demande de source, Guillaume, vise mon troisième paragraphe (je cite mes sources dans les deux premiers : dans l'ordre inverse : Pagnol et moi).

      Pour ce dernier paragraphe, j'ai honte tant j'y ai laissé de fautes de trappe et de maladresses. C'est aussi une manière de boutade qui ne nécessitait pas d'information supplémentaire dont tous ne disposeraient pas. Je n'évoquais pas une discrimination au sens juridique - j'aurais dû le préciser. Désolé.

      J'entendais juste que celui qui se découvre enfant adopté dispose d'un circuit officiel de recherche ainsi que de recours en cas de refus. Celui qui, né dans le mariage, se découvre adultérin me semble ne pouvoir compter que sur les rumeurs ou sur la franchise de son parent le plus certain, s'il ose aborder le sujet avec lui, et n'avoir guère de recours, à ma connaissance. Je me tromperais sur ce point ?

      Bien à vous,
      L'Ankoù

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    5. Au temps pour moi, j'aurais dû préciser que c'est à Raplouf que je demandais des sources, car de ce que j'ai vu autour de moi c'est plutôt l'inverse.

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    6. Un exemple ce site http://www.nosracines.fr/

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    7. Faire "enfants adoptés cherche parents biologique" dans google et voir toute la littérature sur le sujet. Des parents "non naturels" poseront toujours des problèmes à un enfant.... Ils finiront toujours par vouloir "la vérité". Je dis cela platement sans jugement et je ne dis pas autre chose. C'est difficile de le nier. C'est peut être ballot, mais c'est comme ça.

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  4. Bô billet, le contraire m'eut étonné.

    D'un point de vue individuel, en tant quand qu'hétéro, tout cela ne me retire rien, donc je m'en fous.
    D'un point de vue personnel, je pense que, de la même manière que Françoise Giroud disait « La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente », la revendication, et l'obtention, du mariage civil - qui n'a d'intérêt, voire de valeur, que fiscal - tout comme la possibilité d'avoir des enfants, de quelque manière que ce soit, pour les couples non-hétéro, est un gage d'égalité, et encore plus, de normalisation.

    Donc oui, allons-y.

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    1. Le véritable impact sociétal de la réforme du mariage, réside dans l'affirmation par l'Etat qu'il respecte assez la sphère privée de ses concitoyens pour s'abstenir d'examiner leurs pratiques, leurs orientations, leur sexe ou leur genre avant de procéder à l'officialisation publique de l'échange de consentement.

      C'est l'affirmation qu'on est dans un Etat de droit, respectueux de la vie privée des citoyens, et qui accepte une autolimitation de son pouvoir dans ses dimensions inquisitoriale et policière.

      C'est pourquoi la réforme est aussi une bonne nouvelle pour tous les citoyens.

      A mon avis, l'étape suivante n'est pas le mariage polyamoureux, complexe à mettre en place du fait des risques de rupture de certains consentement et pas d'autres, mais la disparition de la mention du sexe de sur les fiches d'état civil.

      Bien à vous,
      L'Ankoù

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  5. La filiation peut également et légalement s'établir par déclaration à la mairie.

    Ce que le mariage couvre, c'est la protection des conjoints, en particulier lors du décès de l'un d'eux. Le PACS ne couvre pas cette 'étape' là, et ce manque doit être pallié par un testament.
    Donc le mariage pour tous permettra de tous nous protéger, en évitant, lors des drames de la vie, de précariser les survivants. Et offrira un confort moral permettant la création d'une famille ... il ne restera plus qu'à alors légiférer pour boucler la boucle !

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  6. Sauf que le certificat de naissance est sensé donner la vérité, autrement dit le nom de la mère, et le nom du père présumé (ou la personne qui l'a reconnu). Sauf que dans le cas d'un couple homosexuel, on note tout ça comment? Et comment différencie-t-on le parent biologique de l'autre? Et le tiers (autrement dit, le fournisseur de spermatozoïdes ou d'ovules), qui est tout à fait en droit de reconnaître sa parentalité, ce qu'un test génétique prouvera immanquablement. Donc on inscrit 3 parents?

    Bref, contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire, ça pose plein de questions, et je n'ai pas entendu beaucoup de réponses dignes de ce nom...

    Quand au fait que la recherche de ses parents biologiques n'a rien à voir avec ses parents adoptifs de même sexe, vous avez raisons: ça a juste à voir avec le fait d'avoir des parents de même sexe, avec immanquablement des problèmes qui se poseront un jour. Mes parents connaissent 10 couples ayant adopté: dans tous les cas, ça a posé problème (du genre "vous n'êtes pas mes parents, j'en ai rien à foutre de vous").

    Et pourquoi la remarque sur l'inceste est hors-sujet? Pourquoi interdire à des frères et soeurs qui s'aiment de se marier, si vraiment le critère pour autoriser le mariage c'est l'amour??

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    1. Tous les problèmes que vous soulevez sont liés à l'adoption. Le sexe des parents adoptifs n'entre pas en ligne de compte. Ce n'est donc pas le propos de mon billet, même si les problèmes soulevés sont très intéressants.

      Ma remarque sur l'inceste vient du fait que vous confondez "déplacement des limites" avec "suppression des limites". Autoriser le mariage civil de personnes de même sexe n'a rien à voir avec "autoriser le mariage entre frères et sœurs". C'est un argument qui se veut marquant, mais qui est hors sujet.

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    2. > Sauf que le certificat de naissance est sensé donner la vérité, autrement dit le nom de la mère, et le nom du père présumé (ou la personne qui l'a reconnu).

      L'accouchement sous X permet déjà à la mère de ne laisser à l'état civil aucune information sur elle (même si elle invitée à laisser son identité sous pli fermé).

      Qu'en est-il donc des enfants nés de cette façon ? Le problème n'est pas tellement différent de l'état actuel.

      > Mes parents connaissent 10 couples ayant adopté: dans tous les cas, ça a posé problème (du genre "vous n'êtes pas mes parents, j'en ai rien à foutre de vous").

      C'est facile de généraliser à partir de son expérience personnelle. Ma mère a hébergé une quarantaine de bébés avant d'être adoptés et a gardé des liens avec la plupart des parents.

      De fait, il n'y a eu aucun cas comme celui-ci alors que la grande majorité n'a jamais caché à l'enfant qu'il était adopté. Qu'en déduire ?

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    3. A mon avis, pour le donneur de gamètes, on fait comme pour les couples hétéros qui ont eu recours eux aussi à un don. La seule différence c'est que l'enfant saura qu'il est issu d'un don alors que dans le cas d'un couple hétéro, il ne le sait pas forcément.

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    4. L'inceste et l'homosexualité sont incomparables, le premier est un tabou, le deuxième ne l'est pas, en tout cas ne devrait pas l'être.
      De plus, il est connu que l'inceste poserait biologiquement un problème si des enfants sont conçus (la plupart des cas d'enfants d'inceste recensés sont handicapés)
      Les cas d'inceste sont très rares (une étude a montré que plus deux personnes se côtoient sur une longue durée depuis le plus jeune âge, plus l'éventualité de l'apparition d'une attirance est faible: les cas d'inceste ont souvent eu lieu entre des frères et soeurs séparés à la naissance.

      Et pour finir, on connait un(e) homosexuel(le) dans son entourage, il existe une communauté active, qui se revendique, qui se bat pour ses droits. Rien de tout cela de côté de l'inceste.

      Dans mon cas, je connais également plusieurs personnes de mon âge ayant été adoptés et ils le vivent très bien. Ca dépend des gens.
      En ce qui concerne les enfants de couples gays (adoptés sous pacs ou par l'un des deux): D'une part, le problème du mensonge est un des raisons qui font que l'enfant adopté rejette ses parents (quand l'enfant est de la même ethnie que ses parents adoptifs, bizarrement certains parents espèrent cacher la nouvelle jusqu'à un certain âge), ce problème est vite balayé avec un couple gay, l'évidence étant là.
      D'autre part, ceux que j'ai rencontré, adoptés de couple gays, adoptent un discours très mûr et tolérant. Ils voient très vite leur différence par rapport aux autres enfants et les difficultés auxquels leurs parents sont confrontés en tant que couple gay et par conséquent se solidarisent, souvent en citant que leurs parents leur ont très bien expliqué la situation, très tôt et ont constaté par eux-même que ça ne les empêchait pas d'être heureux.

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  7. Hm, que dire. Vu les dernières lignes, j'ai commencé à croire à un troll. Puis j'ai vu les commentaires. Zythom, es-tu vraiment pour la polygamie ? Le marigage homosexuel et l'adoption sont une chose, je suis d'ailleurs d'accord avec ton analyse, cependant les dernières lignes me rendent plus que sceptique.

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    1. Je trouve l'idée du polyamour intéressante (lire la page Wikipédia qui lui est consacrée).

      Extrait: "L'idéal du polyamour est une relation sentimentale honnête, franche et assumée avec plusieurs partenaires simultanément de la même manière que l'on peut entretenir plusieurs relations amicales. Cet idéal implique de chercher à être en accord avec soi-même sans tabous et de remettre en question le dogme de la monogamie traditionnelle."

      Toute ma formation scientifique, surtout pendant mes 5 années de recherche, a consisté à remettre en doute les dogmes, ou les habitudes considérées comme acquises, ou "normales". J'aime assez l'idée qu'il puisse exister la notion de mariage pour des groupes de personnes supérieurs à deux.

      Plusieurs livres de science-fiction évoquent l'existence de triades, par exemple, et jouent avec ce concept.

      La fin de mon billet est donc plus un clin d’œil qu'un troll.

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    2. En effet, les livres de SF (voire d'anticipation sociale) fourmillent d'exemples de sociétés où les polyrelations sont acceptées et plutôt bien décrites.

      En vrac, La guerre éternelle d'Haldeman (http://www.quandletigrelit.fr/joe-haldeman-la-guerre-eternelle/) ; Le cycle Wess'har de Traviss (http://www.quandletigrelit.fr/karen-traviss-les-guerres-wesshar/).

      Sur les triades, Paul Ricoeur avait fait une analyse assez fine sur la triangulation amoureuse.

      Merci en général pour ce billet, ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et...

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    3. Moi cela me rappelle "Les Dieux eux-mêmes" d'Isaac Asimov, où il s'agit d'une triade.

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    4. En effet. Et si je me souviens bien (SPOIL attention), les trois sont en fait destinés à grandir et ensemble devenir un. Merci d'en parler, ça m'a fait penser à le résumer.

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  8. À la lecture de votre rappel sur les définitions d'Homosexualité, ce qui me frappe, c'est qu'on le considère surtout sous l'angle de la sexualité (d'où le nom).
    Alors que à mon sens l'Amour est sans Sexe.
    Amour et Sexe sont deux choses distinctes, ce qu'il conviendrait de rappeler quand on évoque le Mariage, qui est une réunion de deux personnes par l'Amour.
    Donc, que le Mariage soit consommé ou non, entre des genres différents ou pas, importe peu; ce qui compte c'est le triomphe de ce sentiment si profond, et je vous rejoins donc sur les dernières phrases.
    Bref, c'est le fait de confondre Amour et Sexe qui me dérange.

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    1. Moi, ce sont deux autres choses qui me dérangent : le fait de sacraliser les choses et les concepts au point de les affubler sans raison de majuscules, et le fait de considérer que le mariage est la réunion de deux personnes par amour, alors que c'est la réunion de deux personnes par consentement mutuel, ce qui change tout.

      Bien à vous,
      L'Ankoù

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    2. OK mélanger amour et sexe ça peut déranger. Mais il faut mélanger mariage et sexe, voir http://actu.dalloz-etudiant.fr/a-la-une/article/absence-de-relations-sexuelles-avec-son-conjoint-engagement-de-la-responsabilite-civile//h/d2af041638a4559b4bfeb919edf563d5.html

      Qu'en sera t il des homosexuels? D'ailleurs qu'en est il du PACS?

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  9. La lecture de ce billet me rassurait quelque peu, mais la dernière phrase me délecte carrément.

    En tant que polyamoureux j'ai souvent le sentiment d'être incompris ou de passer pour un connard non assumé.

    Pourtant le polyamour c'est tellement simple et tellement sain. Quasiment tout le monde aura aimé deux personnes au cours de sa vie. Un polyamoureux est simplement quelqu'un qui ne les séparera pas dans le temps (= qui peut aimer en même temps). Adieu jalousies, adieu tromperies, adieu hypocrisies, bonjour l'amour.

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    1. Tellement naîf ou tellement hypocrite ? Tel est la question.

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  10. Merci Zythom pour ce billet plus dépassionné qu'un débat qui laisse une place immense à l'irrationnel et aux incantation apocalyptiques (pourtant on a survécu au 21/12/2012 !).

    Je suis surpris que l'on parle des hypothétiques problèmes de ces *futurs* enfants : il en existe déjà de nombreux, adultes aujourd'hui.
    Je recommande à ceux qui voudraient parler à leur place de leur supposés problèmes d'identité, de plutôt les écouter :
    * Auditions en Commission de Lois :
    http://www.lcp.fr/emissions/travaux-en-commission/vod/142488-audition-des-familles-homoparentales
    * Reportage sur France Culture :
    http://www.franceinter.fr/emission-interception-homosexualite-en-debat-la-parole-oubliee

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  11. Il y avait déjà trop de commentaires... je n'ai pas réussi à tout lire.

    Alors je rebondis sur le texte, même si le sujet a été abordé.

    Si l'amour est inflationiste, alors pourquoi ne pas directement abroger la possibilité de ne contracter qu'UN mariage à la fois ? Ne serais-ce pas une avancée ?

    Par ailleurs, pourquoi alors avoir une limite d'âge ? C'est franchement rétrograde.

    Et si je ne veux pas ma marier, pourquoi n'ai-je pas droit à avoir, au nom de l'égalité, les mêmes avantages fiscaux ? (impôts, succession...)

    Quant à la procréation, pourquoi la refuser aux hommes ? Nous entrons alors dans le débat des mères porteuses. Mais si l'on étend le débat, pourquoi ma femme et moi, qui ne somment en rien infertiles, ne pourrions-nous pas, au nom de la même égalité que les homosexuels, avoir des enfants que ma femme ne voudrait pas porter ? Pourquoi même, ne pourrions-nous pas choisir le sexe, la couleur de la peau, les yeux... au nom de notre droit ? Parce que c'est trop révolutionnaire ?

    Bref, comme vous le constatez, cela soulève bien des questions.

    Mais ne devrait-on pas voir d'abord pourquoi le mariage existe-t-il ? Est-ce qu'il ne faudrait pas se positionner du côté de la société ? Et de quoi a besoin toute société ? De bras pour la défendre et pour exprimer sa force. Et pour cela, elle a promu une forme d'union et lui a donné un bénéfice. Si vous ne pouvez pas lui apporter cela, vous n'entrez pas dans les critères requis. Et pour cela, je crois fondamentalement que le "mariage pour tous" ne devrait pas exister.

    D'ailleurs, depuis quand a-t-on besoin de se marier pour s'aimer et être reconnu par les autres ?

    Ne serait-ce pas tout simplement une question fiscale ? Une question égocentrique aussi ?

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    1. Evidemment si l'on veut carricaturer il est assez simple de développer à l'infini des extensions de l'égalité sans queue ni tête ! Ca n'en fait pas une démonstration probante.

      Pour vos deux dernière questions, je rappelle qu'une des principales demandes concernant ce projet de loi est la protection juridique et des devoirs qu'il confère, que ce soit aux couples en question ou à leurs enfants. Un cas très concret (et si vous aviez cliqué le lien sur les auditions des familles homoparentales que j'ai posté, vous l'auriez vu), c'est notamment les cas de décès ou séparation, qui peuvent, en l'état actuel, rendre un des conjoints privés de tout droit sauf recours en justice aux résultats très aléatoire après des années de procédure.
      Ca ne me semble pas un détail, c'est justement un sujet de défense des droits des conjoints ou des enfants.
      Et là ça n'est pas un caprice, c'est une revendication d'égalité car par le mariage un couple hétérosexuel peut obtenir ces protections légales légitimes qui sont aujourd'hui inaccessibles aux homosexuels.
      Certains répondent "très bien, faisons donc un PACS amélioré qui donnne les mêmes droits". A ceux-là je réponds que faire deux contrats civils identiques mais réservés à deux population différentes, c'est juste de la discrimination (ou l'incapacité à accepter l'évolution d'une "institution").
      Aux autres, je dirais qu'ils ne viennent pas me parler du droit des enfants, à moins qu'ils ne veuillent décréter l'illégalité des familles homoparentales qui existent depuis plusieurs décennies (et, si l'on s'amuse à faire des extrapolations aussi farfelues que les votres, à toute famille recomposée, divorcée, adoptante, pauvre, que sais-je encore, au nom de "l'intérêt de l'enfant" [sic]) !

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    2. Si l'argument du mariage pour les homosexuels, c'est uniquement la protection du conjoint au niveau héritage, alors une union civile ou un PACS amélioré suffit.

      Le mariage homosexuel ne se justifie que pour ce qui est de l'adoption et de la procréation (PMA ou GPA)..

      Après, on peut dire que parler de polygamie ou autre sont "des extensions sans queue ni tête de l'égalité", sauf qu'au moment du PACS, une certaine Elisabeth Guigou disait que "Le domaine dans lequel la différence entre hommes et femmes est fondatrice, et d’ailleurs constitutive de l’humanité, c’est bien celui de la filiation. Voilà pourquoi le PACS ne légifère pas sur l’enfant et la famille. Voilà pourquoi le pacte concerne le couple et lui seul." Donc on voit bien qu'il suffit d'attendre, et que les extensions qui ne sont pas du tout dans la tête des personnes favorables au projet viendront tout naturellement plus ou moins vite (d'ailleurs, elles sont déjà proposées).
      Et tant qu'à parler d'égalité, si on autorise la PMA ou la GPA pour les couples homosexuels, alors pourquoi pas l'autoriser aussi pour des célibataires? Au nom de quoi les célibataires devraient être privés du désir d'enfant? C'est une discrimination insuportable, non? D'ailleurs, il est une autre discrimination insuportable: une femme célibataire peut facilement avoir un enfant, un homme ne peut pas: que fait-on contre cette injustice?

      Alors certes on peut passer pour un réac si on s'oppose au mariage homo, et bien soit, je veux bien passer pour réac.

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    3. De mon point de vue, la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) devraient être autorisées pour des célibataires.

      De même, un homme célibataire devrait pouvoir adopter un enfant ou bénéficier de la GPA.

      En fait, je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas encore le cas.

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  12. Désolé, j'aurais dü résumer.

    Sur ceci :
    "Pour moi, le mariage (civil) représente la manière la plus simple de montrer à la communauté, et en particulier à l’État qui en codifie les règles, que l'on souhaite construire quelque chose ensemble dans la durée."

    Ma question est : "En quoi la communauté et en particulier l'Etat à intérêt à ce que vous rentriez dans sa règle ?"

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    1. Vivre en communauté, c'est accepter de suivre des règles communes.

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