24 février 2007

Installation d'un système informatique (1)

J'ai quatre jours pleins pour installer un système informatique pour dix personnes à Casablanca.
Rubrique technique donc.

Voici les données du problème sur mon tableau blanc:
1) Permettre à dix personnes de travailler sur ordinateur et d'avoir un accès internet.
Travailler = utiliser les principaux logiciels suivants: Catia (CAO), la suite MS-Office+MS Project et quelques autres logiciels spécialisés comme MatLab. Travailler signifie également que des données sont générées, qu'elles doivent être stockées, protégées en accès et sauvegardées.
Avoir accès à Internet = partager un point d'accès.
2) Pas d'équipe technique sur place. Un permanent (non technique) présent sur site (le directeur du centre).

Je décompose le problème en trois parties: le matériel, le réseau et les logiciels.

1) Le matériel: 10 PC + un serveur me semble être la solution classique pour centraliser la gestion des comptes, les données des utilisateurs et leurs sauvegardes. J'établis des devis approximatifs via internet (site Dell), un budget définitif que je présente en comité de direction, puis je passe le relais au directeur du centre pour qu'il passe par des fournisseurs locaux (devis, choix, achat, livraison et installation du matériel).
Je fais le choix d'un fournisseur local pour des raisons pratiques de garantie, de maintenance et de simplicité.
Après quelques aller-retour d'emails et de coups de téléphone, le fournisseur est choisi, la matériel est commandé, livré et déballé. Il m'attend...

2) Le réseau: il s'agit d'abord de disposer d'internet. Je demande au directeur du centre de passer commande auprès du fournisseur d'accès internet marocain qui lui semble le plus fiable. Quelques semaines plus tard, installation d'une ligne ADSL et tests sur le portable du directeur du centre par Maroc Telecom. Tout est OK.

3) Les logiciels: je fais le choix pour l'OS du serveur de la distribution Linux/Debian Sarge pour sa robustesse et stabilité, avec Samba pour transformer le serveur en contrôleur de domaine principal et gérer les 10 PC (11 avec le portable) ainsi que les comptes utilisateurs et les partages de fichiers.
Les PC seront sous Windows XP Pro.
L'un d'entre eux servira de serveur de licences pour Catia (LUM) et pour MatLab (FlexLM).
Il est prévu de procéder à l'installation d'un poste type, puis de le dupliquer sur les autres à l'aide de la distribution HELIX ou via UBCD en passant par un partage Samba du serveur pour y stocker l'image.
Les messageries seront gérées à distance sur notre serveur français, bien que je sois en train d'étudier la solution google Apps (peut-être un prochain billet?).
Les outils basics (compta, paie, etc) du système d'information seront accessibles par internet via ssl explorer que j'utilise déjà en France pour travailler à la maison. En attendant la mise en place d'un VPN (il faut que je teste la liaison ADSL marocaine).

Je passe commande des billets de trains et d'avions par Internet, ainsi que de la réservation de l'hôtel. J'imprime une carte de Casablanca et une image satellite prise sur google maps.

Hier, vendredi, j'ai passé la journée à tester l'installation de la solution sur du matériel de passage dans le service informatique. Tout à l'air OK, mais quatre jours, cela va être juste juste.

Je suis en train de préparer ma valise: je compte emmener un switch, une carte SATA, quinze câbles réseaux, un routeur, une rallonge électrique... Je m'attends à un supplément de poids sur le vol aller.

Je pars lundi, je n'ai jamais mis le pied sur le continent africain.
Je commence par le Maroc, cela me semble une chance pour une première.

A suivre.

21 février 2007

Casablanca Maroc

Je pars la semaine prochaine à Casablanca au Maroc !!!

Pour les vacances? Non. Pour y installer un réseau de 10 PC + serveur + accès internet.
Raisons professionnelles donc.

Au menu: installation de Windows XP, Catia, couscous, MS-Office, OpenOffice, tajines, MatLab, paramétrage de Samba sous Debian, gâteaux au miel, création et configuration du serveur comme routeur internet, tirage de câbles, fekkas, installation d'un switch...

Plus d'informations ICI.

Si j'arrive à configurer l'accès internet en premier, je garderai le contact avec ce blog.

Besslama
(Wash wahed i tkalem b lfransawiya).

19 février 2007

Achat sur internet

Je ne me lasse pas des procédures mises en place pour l'achat en ligne.

J'ai déjà narré sur ce blog une "aventure" avec la SNCF (dont je ne suis pas précisément très fier).

Voici ce qui m'est arrivé aujourd'hui:

Les faits:
Je dois commander 70 clefs USB avec le logo de mon entreprise.
Une petite recherche sur Internet me donne plusieurs pistes possibles.
Je contacte trois sociétés pour obtenir des devis (et un échantillon si possible).
Une fois l'entreprise choisie, je constate malheureusement que le délai de 10 jours pour la fabrication/livraison est un peu long pour ma dead line.
J'appelle par téléphone pour essayer de gagner quelques jours en essayant d'accélérer le processus.

Le dialogue:
Moi: "Bonjour, c'est moi qui ai commandé un échantillon de clef USB avec logo (je donne mon nom et la référence de la commande d'échantillon). C'est OK pour passer commande, mais je voudrais être livré le plus vite possible"

Société X: "Pas de problème. Le plus simple est un paiement par carte bancaire."

Moi: "OK, mais je n'ai pas vu sur le site comme régler par carte bancaire".

Société X: "C'est normal, je dois vous envoyer le formulaire".

Moi: ???

La procédure:
  1. Je dois envoyer un email pour confirmer que l'échantillon est conforme à mes attentes;
  2. Le commercial me confirme la réservation d'un créneau de fabrication et m'envoie un devis complet (vous savez, avec la taxe eco-truc non mentionnée dans les tarifs en ligne);
  3. Je faxe mon bon de commande avec le devis (imprimé) signé;
  4. En retour je reçois un formulaire PDF que je dois imprimer et remplir avec mon numéro de CB, le libellé exact du propriétaire de la carte, sa signature et les trois chiffres (vous savez, ceux qui se trouvent derrière la carte);
  5. Je faxe ensuite le formulaire;
  6. Le commercial m'envoie un email pour me dire qu'il a tout reçu et transmet le formulaire CB à son service comptable;
  7. Le lendemain, le commercial me confirme que le paiement CB s'est bien passé (ce qui m'amuse, vu que j'ai signé de ma propre signature qui n'est pas celle du propriétaire de la carte bancaire) et que la production a démarré.
Ouf.
Deux fax, deux impressions et un nombre d'échange d'emails non calculé.
Vraiment, bravo pour toute cette imagination.

Dire que je suis devenu informaticien pour que l'informatique me simplifie la vie...

16 février 2007

Les scellés

Je me souviens avec quelle émotion (encore!) j'ai reçu mes premiers scellés: belles étiquettes vieillottes, empaquetage avec ficelles d'un autre âge et surtout beaux cachets de cire rouge comme à la télé!!

Pour chaque dossier avec scellés, vous lirez sur la liste des missions la phrase « vous prendrez réception des scellés n°X et Y que vous ouvrirez » (je n’ai jamais lu l’expression « briser les scellés »), puis en fin de liste, « … vous procèderez à la reconstitution des scellés ».

Mais problème: comment reconstituer un scellé ? Faut-il acheter de la cire rouge ? Où ? Faut-il acquérir un sceau ? Où ? Comment faire fondre la cire ?

Après une recherche sur Internet (essayez de la faire, c’est assez difficile), je suis finalement parti dans une boutique spécialisée « rue du Palais » pour y trouver tout le nécessaire.

J’ai donc :
un joli bâton de cire rouge,
un sceau fait sur mesure avec un joli dessin d’ordinateur (!),
un petit creuset en verre pour y faire fondre la cire,
et une bougie pour chauffer le creuset.
C’est donc parti pour la reconstitution des scellés.
Il me faut trouver un sac plastique transparent (c’est mieux).
Il me faut trouver des agrafes (mon agrafeuse est TOUJOURS vide à ce moment là).
Je plie une feuille de papier pour faire une bande que je place au bord du sac plastique et CRAC je mets mes agrafes dessus pour fermer le tout (ATTENTION pas trop d’agrafes, voir plus loin).
J’entoure le tout d’une belle ficèle que j’ai hérité de mon grand-père.
J’attache au bout l’étiquette d’origine du scellé sur laquelle j’écris la date, « scellé reconstitué par l’expert » et je signe où je peux car l’administration n’a pas prévu de case pour les experts.

Attention : nous passons à la réalisation du cachet de cire !
Ce qu’il vous faut maintenant imaginer, c’est que je suis assis par terre (je n’ose pas faire ces manipulations sur mon bureau, c’est trop dangereux…), en train de découper à la scie un morceau de cire rouge (elle est TRES dure), pour le placer ensuite dans mon petit creuset en verre que je place sur une bougie. Il faut ensuite attendre cinq bonnes minutes pour que la cire fonde.
Et là, d’un geste expert, POUR CHAQUE AGRAFE, côté sortie des agrafes, il faut verser la cire pour faire un petit rond, pas trop petit, pas trop grand, poser le creuset rapidement car la cire sèche vite, saisir le sceau et faire un joli cachet bien dégoulinant et tellement « geek ».

Remarque pour les nouveaux experts :
Si vous ne mettez pas une bande de papier pour y mettre les agrafes qui vont sceller votre sac plastique, la cire fera fondre (très artistiquement d’ailleurs) ledit sac plastique.

Remarque pour les experts expérimentés :
Par pitié, 38 ans après le premier pas sur la lune, dites moi qu’il existe un appareil simple à faire fondre la cire… et dites moi où je peux l’acheter !

En attendant, le jeu consiste à chercher à ouvrir les scellés sans les briser, afin de pouvoir les reconstituer facilement.
Mais les OPJ savent y faire et c’est quasiment impossible !

Qui a dit qu'informaticien expert judiciaire n'était pas une activité manuelle.

14 février 2007

Huissiers de Justice et Experts Judiciaires

Il m'arrive de moins en moins souvent d'avoir à assister un Huissier de Justice mandaté pour réaliser un constat de contrefaçon informatique, notamment en matière de site internet.

Internet étant maintenant entré dans un grand nombre de foyers et d'habitudes, beaucoup d'huissiers considèrent que la présence d'un expert judiciaire à leur côté pour un constat n'est plus utile (le montant des honoraires d'un expert judiciaire n'est certainement pas étranger non plus à cette décision).

Le site legalis.net nous rappelle dans ce billet que malheureusement les subtilités informatiques échappent encore trop souvent aux non informaticiens.

Mais pas aux juges du Tribunal de Grande Instance de Mulhouse qui indiquent dans cette décision :
Attendu enfin, concernant l’ensemble des constatations réalisées le 27 août 2004 au sein de la société YYY, que l’huissier ne précise pas s’il a vidé la mémoire cache de l’ordinateur ayant servi à établir le constat ; qu’il n’affirme pas davantage avoir vérifier si la connexion au réseau internet se faisait ou non par un serveur proxy ;
Attendu que l’ensemble de ces incohérences ou omissions ôtent toute valeur probante aux constatations réalisées ;
Qui a dit que les Juges ne connaissaient rien aux subtilités d'Internet?
Mais peut-être est-ce parce qu'ils utilisent (eux) les compétences des experts judiciaires en informatique.

Huissières, Huissiers, appuyez-vous sur les experts judiciaires en informatique pour vos constats informatiques. Ils n'en seront que plus probants.

12 février 2007

Dans quelles conditions un fonctionnaire peut-il tenir un blog sur Internet ?

C'est le retour de la rubrique "Questions à deux euros".

Vous trouverez ici la question complète et la réponse du ministre de la fonction publique.

En quelques mots:
"Tout va dépendre alors du contenu du blog. Son auteur, fonctionnaire, doit en effet observer, y compris dans ses écrits, un comportement empreint de dignité, ce qui, a priori, n'est pas incompatible avec le respect de sa liberté d'expression. En tout état de cause, il appartient à l'autorité hiérarchique dont dépend l'agent d'apprécier si un manquement à l'obligation de réserve a été commis et, le cas échéant, d'engager une procédure disciplinaire."

Fonctionnaires, gare au bâton!
Bon, une chance que je ne sois pas fonctionnaire!
Mais vous noterez le comportement empreint de dignité de mon blog...

10 février 2007

Les outils d'un expert judiciaire

J'inaugure avec ce billet une nouvelle rubrique qui sera consacrée aux outils que j'utilise (ou que j'aimerais utiliser) lors de mes expertises.

Outil n°1, loin devant tous les autres: Linux, ,ou plutôt, certaines distributions Linux, comme l'une de mes favorites: HELIX.
Il s'agit d'un live CD permettant entre autre chose la prise d'image d'un disque dur et son analyse en profondeur.

Voici son contenu actuel:
# sleuthkit : Brian Carrier's replacement to TCT.
# autopsy : Web front-end to sleuthkit.
# mac-robber : TCT's graverobber written in C.
# fenris : debugging, tracing, decompiling.
# wipe : Secure file deletion.
# MAC_Grab : e-fense MAC time utility.
# AIR : Steve Gibson Forensic Acquisition Utility.
# foremost : Carve files based on header and footer.
# fatback : Analyze and recover deleted FAT files.
# md5deep : Recursive md5sum with db lookups.
# sha15deep : Recursive sha1sum with db lookups.
# dcfldd : dd replacement from the DCFL.
# sdd : Specialized dd w/better preformance.
# PyFLAG : Forensic and Log Analysis GUI.
# Faust : Analyze elf binaries and bash scripts.
# e2recover : Recover deleted files in ext2 file systems.
# Pasco : Forensic tool for Internet Explorer Analysis.
# Galleta : Cookie analyzer for Internet Explorer.
# Rifiuti : "Recycle BIN" analyzer.
# Bmap : Detect & Recover data in used slackspace.
# Ftimes : A toolset for forensic data acquisition.
# chkrootkit : Look for rootkits.
# rkhunter : Rootkit hunter.
# ChaosReader : Trace tcpdump files and extract data.
# lshw : Hardware Lister.
# logsh : Log your terminal session (Borrowed from FIRE).
# ClamAV : ClamAV Anti Virus Scanner.
# F-Prot : F-Prot Anti Virus Scanner.
# 2 Hash : MD5 & SHA1 parallel hashing.
# glimpse : Indexing and query system.
# Outguess : Stego detection suite.
# Stegdetect : Stego detection suite.
# Regviewer : Windows Registry viewer.
# Chntpw : Change Windows passwords.
# Grepmail : Grep through mailboxes.
# logfinder : EFF logfinder utility.
# linen : EnCase Image Acquisition Tool.
# Retriever : Find pics/movies/docs/web-mail.
# Scalpel : Carve files based on header and footer.
Evidemment, j'invite tous les passionnés à tester ces outils et à les maitriser, ainsi que les professeurs (souvent passionnés également) à les utiliser pour leurs enseignements.

Je découvre à chaque fois de nouveaux outils dans cette distribution dont je n'utilise pour l'instant qu'un petit pourcentage.

Je parlerai de certains de ces outils plus en détails plus tard et dans cette rubrique.

09 février 2007

Un train trop tot

Mercredi, il m'a fallu me lever dès le poitron-jacquet, et je n'aime pas cela.

C'est pour cela que j'ai raté mon train de 5h47, réveillé que je fus par une petite voix dans ma tête me poussant à regarder le réveil pour y lire :
7h...

Bon pas de panique, internet, horaire prochain train 7h45, je peux y arriver.

7h30, je fais la queue à la gare pour changer mon billet. Pas eu le temps café, pas eu le temps douche, haleine de chacal.
7h43, je sors de la file d'attente pour éviter de rater encore une fois le train.
7h44, je demande au chef de gare si je peux monter dans le train avec un billet du train précédent et celui-ci me répond: "Ah mais non, vous ne pouvez pas prendre de train si vous n'avez pas le bon billet".
7h44'30", je monte quand même, le train part et je recherche le contrôleur.
7h50, j'ai trouvé le contrôleur: "J'ai raté le train précédent, la file d'attente au guichet était trop longue, est-ce que vous pouvez me changer mon billet ?"
Le contrôleur: "Oulala, mais c'est que c'est plus compliqué que ça mon bon monsieur !!! [10 mn d'explications pseudo techniques] Bon, comme c'est compliqué, je ne dis rien pour le TER, je ne vous poinçonne pas votre billet, mais pour le TGV à suivre je vous laisse vous débrouiller avec le guichet de la gare TGV"
9h, en gare TGV, au guichet: "Ah mais vous avez déjà entamé le voyage, donc vous verrez directement dans le TGV avec le contrôleur, je ne peux pas vous changer votre billet".
9h30, dans le TGV, avec le contrôleur: "Bon, je vous laisse votre billet, mais vous devez prendre une réservation à 15 euros, mais comme vous avez pu le constater, il n'y a plus de place donc vous resterez sur les strapontins d'entre wagons."

Moi: "Mais alors à quoi bon prendre une réservation?"
Le contrôleur: "C'est comme ça. Estimez vous heureux de n'avoir pas à reprendre un billet complet plein tarif avec surtaxe pour achat dans le train ET réservation obligatoire".

J'ai payé mes 15 euros.

Je suis arrivé 2h en retard à ma réunion à Paris.

Finalement, c'est pas trop cher payé pour avoir passé une bonne nuit...

Arreter d'acheter votre informatique au restaurant !

Dans plusieurs de mes expertises, je rencontre le dialogue suivant:
- "Pouvez-vous me fournir le cahier des charges que vous avez fourni à votre fournisseur pour votre ré-informatisation?":
- "un cahier des charges? Mais tout s'est passé par oral lors de nos discussions avec le commercial. Tenez, voici le bon de commande annoté sur lequel nous avons griffonné expliqué nos besoins."

J'ai même eu droit à une photocopie de notes prises sur une nappe en papier !!!

Chef de PME, chef de TPE, n'achetez plus votre informatisation dans un bar ou dans un restaurant... Je sais que vous n'avez pas les moyens de salarier un informaticien, je sais que vous ne pouvez pas vous offrir le luxe d'un consultant ou d'un chef de projet, MAIS la plus petite méthode de gestion de projet commence par l'établissement de la liste de vos besoins: le cahier des charges.

Vous pouvez même ensuite envisager des concepts tels que "pouvez-vous laisser l'ancien système en place le temps que l'on teste le nouveau?".

Et puis, si tout va mal et que vous allez en justice, travaillez le concept "laisser le système litigieux en place et ne plus y toucher" pour que l'expert ne débarque pas avec la mission "décrire le système litigieux" à laquelle il ne pourra que répondre "le système litigieux n'existe plus".

Merci de réserver le restaurant pour fêter avec votre fournisseur la joie d'une installation réussie.

C'est sur, les notes de frais vont baisser.

SDF

J'ai passé deux jours dans la capitale pour des raisons professionnelles.

En marchant sur un trottoir, j'aperçois un SDF "classiquement" installé avec son chien, ses cartons, sa pancarte et sa casquette retournée.

Mais là où mes bras sont tombés par terre, c'est quand j'ai vu qu'il tapotait négligemment sur un ordinateur portable HP qui me semblait du dernier cri. Après avoir ramassé mes deux bras et pris mon courage à deux mains, je lui ai demandé à quoi il utilisait cette machine (je n'ai pas osé lui demander comment il l'avait obtenu, et de toute façon je n'avais pas à le faire). Il m'a répondu en souriant qu'il était connecté en Wifi et surfait sur Internet.

J'ai du vraiment faire un effort pour lui glisser une pièce de deux euros dans sa casquette, mais c'est à cela que l'on reconnait un provincial !

05 février 2007

Propositions aux candidats pour de meilleures expertises

Les candidats aux élections présidentielles construisent leurs programmes avec des équipes de conseillers et de collaborateurs.

Ces personnes, bien que très occupées, surfent parfois d'un site à un autre, ce qui peut les amener ici complètement par hasard. [C'est d'ailleurs un problème que je rencontre souvent, parti que je suis pour faire une recherche sur google sur le thème "remplacement d'une carte mère" et arrivé finalement sur cette page passionnante consacrée au libre arbitre.]

Ce billet s'adresse donc aux équipes des candidats au poste de président(e) de la république française (rien que cela). Je vais donc faire bref puisque leur temps est précieux:

Problèmes:
Les expertises judiciaires informatiques sont chères et longues.
Les organismes publics capables de les effectuer sont débordés.

Solutions actuelles:
- les OPJ font de plus en plus d'expertises gratuites. Problème: leurs salaires sont à la charge de l'état, les expertises ont donc un cout qui bien que cachés est important.
- les laboratoires publics doivent être développés et équipés. Problème: le coût.
- les magistrats peuvent désigner des experts hors listes. Problème: l'inexpérience juridique.

Propositions:
1) encourager les OPJ à passer par des experts, des laboratoires privés créés par des experts judiciaires ou à devenir eux-mêmes experts judiciaires.
2) mettre à la disposition des experts les logiciels d'investigation développés par les différents organismes d'état. A défaut, négocier avec les éditeurs commerciaux un prix de groupe pour la France.
3) encourager les magistrats à désigner des experts inscrits sur listes.
4) permettre l'inscription d'avocats spécialisés sur les listes d'experts. Ces avocats seraient désignés comme experts, seraient garants du bon respect de la procédure et pourraient choisir de s'adjoindre les services d'experts techniques hors listes (professeurs, chercheurs, techniciens reconnus...).

Un magistrat pourrait ainsi choisir soit:
- un expert judiciaire expérimenté et formé à la procédure judiciaire
- un avocat spécialiste accompagné d'un expert ponctuel
- un laboratoire regroupant plusieurs compétences (techniques et/ou juridiques)

Toutes les autres règles actuelles continueraient à fonctionner (renouvèlement pour cinq ans, obligation de formations, délais raccourcis pour les rapports, radiation des listes, etc).

Le coût de ces mesures est nul.
Les trois systèmes seraient en concurrence, tant techniquement que financièrement.
Les coûts des expertises informatiques ne pourraient que baisser.
Les compétences seraient meilleures, donc la qualité des expertises ne pourrait que croitre.

PS: Si un candidat veut me confier une étude sur le sujet, je suis prêt à lui faire un prix...

Ligne éditoriale

Vous avez été 1500 visiteurs sur ce blog durant le mois de janvier 2007 (merci à ceux qui sont venus plusieurs fois...).

Ce chiffre est à la fois une surprise, une satisfaction et une gène:
  • une surprise, car en commençant ce blog en septembre 2006, je ne pensais pas écrire pour autant de visiteurs. Je remercie donc chaleureusement tous les visiteurs de ce blog.
  • une satisfaction, car franchement, je ne pensais pas intéresser plus d'une dizaine de personnes, la plupart étant des amis ou de la famille, que j'ai obligés à venir sur ce blog en les harcelant de questions pour savoir s'ils étaient bien venu lire mes billets... Qu'ils en soient remerciés.
  • une gène car pour chaque billet, je sens comme un poids. Le billet sera-t-il bien perçu? Ce thème intéressera-t-il les visiteurs "habituels"? Bref, je me sens redevable à mes lecteurs.
Les règles que je me suis fixées sur "les dix commandements de ce blog" restent valables, mais je vais ajouter un onzième commandement :
"Tu continueras à écrire ce que tu veux, sans chercher à satisfaire tes lecteurs"
Et oui, c'est cela la liberté éditoriale !

Mais, bon, je t'aime, cher lecteur...

02 février 2007

Un laboratoire informatique prête serment

Extrait du communiqué de presse:
"Le Laboratoire d'Expertise et de Recherche de Traces Informatiques (LERTI) devient le premier laboratoire d'informatique français inscrit comme expert judiciaire en tant que personne morale. [...] Le LERTI a prêté serment le 29 janvier 2007 devant la cour d'appel de Grenoble."
L'informatique rejoint donc certaines autres disciplines où existent déjà des laboratoires ayant prêté serment en tant que personne morale (par exemple: CODGENE).

On avait donc les laboratoires créés par d'anciens experts judiciaires reconvertis dans la sécurité (ex: LEXSI), les entreprises qui recrutent des experts judiciaires (ex: KrollOnTrack), nous avons donc maintenant un laboratoire créé par cinq experts judiciaires (et un ancien gendarme) qui s'inscrit comme personne morale.

Ce type de structure va pouvoir être désignée par un magistrat pour mener à bien des expertises judiciaires à des coûts compétitifs puisque par ailleurs le laboratoire mènera des expertises privées auprès des particuliers et des entreprises sur un volume d'affaire démultiplié du fait de l'association de six personnes.

Le modèle économique me semble particulièrement intéressant puisqu'aujourd'hui de nombreux experts voient leurs désignations diminuer du fait de la concurrence des expertises "gratuites" menées par des OPJ ou des organismes publics (lire à ce sujet la déclaration d'irrecevabilité d'une saisine en concurrence déloyale).

J'espère diminuer mes coûts d'expertise en utilisant les outils mis à disposition par une telle structure, comme un jardinier utilisant une pelleteuse de location.

Je souhaite longue vie à cette société et j'admire le courage des créateurs d'entreprise (moi qui suis salarié). Peut-être un jour ferais-je le saut moi aussi!