27 avril 2007

Note à benêt pour prise d'image

Pensum sur prise d'image de disque dur:
1) Ouvrir le PC mis sous scellé;
2) Vérifier la présence de cédéroms, dévédéroms ou cartes mémoires dans les lecteurs ad hoc;
3) Prendre une photo de l'intérieur du PC;
4) Retirer le ou les disques durs en notant les emplacements et positions des nappes et câbles;
5) Noter les marque, modèle, capacité et numéro de série de chaque disque dur (prendre une photo);
6) préparer un disque dur cible de capacité assez grande pour recueillir l'image du disque dur source;
7) s'assurer que la connectique est appropriée pour recevoir le disque source (ATA, SATA, etc.);
8) fixer le disque dur source dans le PC d'analyse et s'assurer d'une bonne dissipation de la chaleur;
9) placer le bloqueur d'écriture;
10) avant branchement électrique du disque dur source, démarrer le PC d'analyse pour s'assurer du bon paramétrage du BIOS (boot sur le bon média, date, SMART désactivé);
Dans tous les cas, mettre des gants, porter des lunettes, manipuler le disque comme s'il s'agissait d'ester nitrique de glycérine, pour éviter ça.

Chaud chaud chaud !

Le B.A.BA de l'expert judiciaire en informatique est d'être capable de procéder à la recherche d'informations sur un disque dur.

Voilà deux jours que je tente de faire une image du disque dur d'un scellé: je lance la prise d'image (huit heures annoncées à chaque fois) et PAF, quand je reviens quelques heures plus tard (ou le lendemain matin) la prise d'image s'est arrêtée en cours de route...

J'ai essayé avec plusieurs logiciels, plusieurs distributions GNU/Linux, rien n'y fait.

Quand soudain une idée surgit du fond de ma mémoire: la température!

Pour effectuer une analyse de disque dur en toute sécurité, il faut travailler sur une image. Pour réaliser cette image, vous pouvez procéder de plusieurs manière, mais pour ma part, j'utilise un PC dédié sur lequel je place le disque dur préalablement retiré de son PC d'origine. Comme cela, je connais bien le BIOS (de mon PC dédié), je maîtrise sa carte réseau (reconnue par mes distributions GNU/Linux), etc.

Mais, tout cela se fait carcasse ouverte, fils et nappes "en l'air". Du coup, les disques durs sont un peu "pendants". Ce qui fait qu'ils ne sont pas fixés à l'armature métallique du PC... Grave erreur: la dissipation de la chaleur se fait mal et la température des disques monte, monte, monte.

Comme je n'y ai pensé qu'après avoir relancé une prise d'image qui a démarré il y a trois heures et que je ne veux pas perdre (encore) plus de temps, me voici avec un ENORME ventilateur de bureau TRES bruyant visant le disque dur pour le refroidir.

Du coup, je travaille avec un casque antibruit sur les oreilles.

On ne plaisante pas avec les experts judiciaires qui ont endommagé une preuve.

25 avril 2007

Lecteur de fichiers DBX

Lors de chaque expertise, je suis confronté à la lecture des fichiers utilisés par Outlook Express.

A chaque fois, je recherche sur internet un lecteur de fichiers DBX, ne souhaitant pas installer Outlook Express sur mon PC.

Dernièrement, j'ai réalisé que j'avais sous la main quotidiennement un outil très simple et gratuit qui permet de lire ce type de fichiers (ainsi que ceux d'Outlook, mais je n'ai pas encore testé): Thunderbird.

Ce logiciel permet en effet de façon très simple d'importer des messages en provenance d'autres logiciels de messagerie, et sans présupposer de l'endroit où ils se trouvent (ce qui a en général le don de m'énerver!). Il suffit d'indiquer le répertoire où se trouvent les fichiers DBX et ceux-ci viennent s'importer proprement dans Thunderbird dans un répertoire intitulé "Courrier Outlook Express".

C'est tout, c'est simple, c'est net.

PS: Thunderbird vient de sortir en version 2.0 avec tout plein d'améliorations.

24 avril 2007

Assistance lors d'une perquisition

Etre réquisitionné pour assister la police lors d'une perquisition n'est pas une chose agréable. Outre le fait de débarquer chez quelqu'un sans y avoir été invité, devoir fouiller dans les placards, même en présence du propriétaire des lieux, est quelque chose qui m'insupporte.

Bon, heureusement, parfois le propriétaire prend la chose très correctement, voire même avec humour. C'est ce qui m'est arrivé cette semaine lorsque j'ai du assister le commissaire de la ville voisine dans une affaire de vol de codes sources.

Une entreprise en difficulté financière ne paye plus son informaticien. Celui-ci, au bout de deux mois sans salaire attaque son employeur aux prudhommes. L'employeur, mécontent, attaque son salarié au pénal pour vol de codes sources. Là où l'affaire est intéressante, c'est que l'employeur ne disposant pas de locaux, avait demandé à son salarié de travailler chez lui, sur son matériel informatique personnel.

L'informaticien, honnête et prudent, ayant rendu à son employeur tous les développements réalisés, nous a laissé perquisitionner chez lui. Après avoir vérifié qu'il n'y avait aucune trace de codes sources ni d'exécutable indument conservé, nous avons dressé procès verbal de la perquisition.

Ce procès verbal lave le salarié de tout soupçon et lui permettra d'ajouter un élément dans son dossier prudhommal.

Qui a dit que les perquisitions étaient toujours à charge?

20 avril 2007

Deux vies

A ce moment précis de mon existence, j'ai la chance de n'avoir tué personne: ni accident mortel, ni meurtre parfait.

J'ai même la fierté de pouvoir dire que j'ai sauvé deux vies:

- Lors d'une sortie spéléo, un copain et moi explorions pour la première fois un gouffre bien connu. Nous étions face à un passage particulièrement étroit que nous pensions franchissable. D'ailleurs nous voyions clairement un vaste puits derrière l'étroiture, preuve à nos yeux que nous étions sur la bonne voie. Mon camarade s'est engagé dans la faille en se faufilant, jusqu'à se trouver complètement coincé.
Le cauchemar de tout spéléologue.
En cherchant à se dégager, il a même perdu le sac d'équipement qu'il portait et que nous avons entendu se fracasser plusieurs dizaines de mètres plus bas. Spectateur impuissant derrière lui, j'entendais au son de sa voix que la panique commençait à monter. Sur le ton de la plaisanterie (et pourtant je n'en menais pas large), je lui dis qu'il ne se fasse pas trop d'illusion sur mon compte, car j'allais entreprendre de le déshabiller. En passant un bras au travers de l'étroiture, j'ai réussi à lui retirer tout son équipement, ses bottes, son baudrier et sa combinaison. Ainsi allégé, il a pu se contorsionner pour reculer et se sortir de ce mauvais pas... Le vrai chemin était en fait quelques mètres plus haut et contournait cette faille impénétrable. Il ne nous restait plus qu'à bricoler les quelques cordes qui nous restaient pour aller chercher le sac perdu qui contenait tout le matériel prévu pour la suite (dont notre repas)...

1 - 0

- ma fille ainée s'étouffait avec un bonbon donné à l'entrée du supermarché par un Père Noël. Sans paniquer, l'esprit clair et froid, je me suis placé derrière elle et j'ai violemment comprimé son ventre à deux mains. Le bonbon coincé dans sa gorge a été propulsé loin dans le rayon et elle s'est mise à respirer normalement. J'ai immédiatement ri avec elle pour dédramatiser l'évènement et nous avons continué les courses tous les deux tranquillement (ce n'est pas si souvent que je fais les courses, mon réfrigérateur se remplissant tout seul comme par enchantement... La magie du mariage sans doute). Ce n'est que quelques minutes plus tard que mes nerfs ont lâché et que j'ai laissé couler quelques larmes. Imaginez la scène: un homme larmoyant poussant un caddie avec une enfant réclamant un nouveau bonbon...

2 - 0

Je sais, c'est très mal de s'auto glorifier, mais je suis TRES FIER d'avoir sauvé deux vies.

19 avril 2007

Les Avocats et l'informatique

Les avocats, comme les experts judiciaires, doivent suivre des formations leur permettant de rester "dans le coup". Ces formations sont d'ailleurs souvent assez chères et de qualités inégales.

C'est pourquoi lorsque l'on m'a proposé d'assister à une conférence sur la cryptographie, organisée par le CRFPA (Centre Régional de Formation Professionnelle des Avocats) près de chez moi, j'ai été intrigué:
1) La conférence était gratuite, mais réservée aux avocats (et à leurs invités ;)
2) Le conférencier était (et est toujours) un avocat, Maître Alain Bensoussan
3) Comment ce sujet extrêmement technique allait-il être abordé?

Il y a parmi les avocats, comme parmi toutes les professions, des personnes passionnées par l'informatique, des utilisateurs normaux, des utilisateurs réfractaires et des technophobes acharnés. Le tout dans des proportions certainement identiques à toutes les professions.

Un bémol quand même: la sélection et la formation des avocats m'incitent à penser qu'on y trouve relativement peu d'adeptes de Charles Babbage, de fans de Prolog ou d'admirateurs de SHRDLU...

Bref, me voici dans le public, au premier rang, face à un avocat certainement compétent dans son domaine, mais prétendant réaliser un exposé technique dans une branche de MON domaine.

Prétentieux que j'étais !
L'exposé a été d'une clarté extraordinaire.
Les explications sur les échanges de clefs, sur leurs différents types (clefs publiques et privées) et sur les mécanismes mis en jeux m'ont simplement bluffé.
J'ai dévoré chaque mot et me suis retenu de me lever à la fin pour applaudir !

La seule chose qui m'a un peu rassuré, c'est de voir le regard un peu endormi des différents élèves-avocats pour qui la conférence était obligatoire. Je sais de source proche que la plupart n'avait pas compris écouté grand chose...

J'ai néanmoins pu constater depuis, lors des réunions d'expertise, que nombres d'avocats maîtrisent parfaitement l'outil informatique et les concepts qui se cachent derrière, en plus évidemment de leur expertise "naturelle" du Droit. A leur maîtrise du mot juste s'ajoute celle du jargon informatique.

A l'inverse, c'est malheureusement loin d'être mon cas: outre que je ne prétends même pas maîtriser en profondeur toutes les branches de mon art domaine, j'éprouve des difficultés certaines avec un certain nombre de termes juridiques... (je révise: pénal = là où on donne une peine, civil = pas militaire, heu non, c'est entre deux personnes, heu...)

En fait, mon incompétence en droit se voit assez peu, car je suis passé maître dans l'art du hochement de tête en réunion, voire de la petite boutade qui fait plaisir: "Maître, c'est vous l'expert... en Droit".

En plus, c'est vrai !

13 avril 2007

A voté !

Pour la première fois de ma vie, je vais tenir un bureau de vote !

Bon d'accord, je ne serai qu'un simple assesseur, mais j'ai déjà assisté à une réunion d'information à la mairie pour comprendre le déroulement d'une élection "vue de l'intérieur".

Déjà, c'est assez compliqué. Il suffit de lire ceci pour avoir une idée du déroulement des opérations.

Mais là où ma crainte grandit, c'est lorsque je commence à entendre parler de machines à voter électronique.

Mon sang d'informaticien ne fait qu'un tour !!!

Pourquoi changer un système qui fonctionne bien, avec toutes les sécurités possibles et la meilleure fiabilité ? Pourquoi y introduire l'opacité d'un système électronique que le citoyen lambda ne pourra plus contrôler ? Ce billet de Bertrand Lemaire a déjà détaillé quelques uns des problèmes soulevés...

Moi, j'aime bien la table de décharge, l'isoloir, l'urne transparente et les registres papiers. N'y touchez pas !

10 avril 2007

Mars et ca repart

Vous connaissez ma disponibilité pour un voyage vers Mars.

Et bien, je découvre avec stupeur que l'ESA s'est lancé dans une simulation sans m'en avoir parlé !!!

Bon, d'abord, je maintiens que ce n'est pas comme cela qu'il faut procéder: ENVOYEZ MOI TOUT SEUL. Comme ça, pas de problème de conflit, pas de jalousie, pas de déchirement pour savoir qui marchera sur Mars le premier.

Seule condition: une liaison à Internet avec accès téléphonique illimité et télévisions. C'est pour mon blog...

3 en une semaine

Pendant des mois, rien ou presque.

Et paf, trois expertises judiciaires qui me tombent dessus la semaine dernière... Dont une qui me semble pantagruelique.

Le cagibi qui me sert de bureau commence à être encombré. Fini de jouer avec Blackberry et avec son corolaire (merci à jehv)...

Déjà que Pâques m'avait permis de prendre du poids recul par rapport à ce blog. Mais plus je travaille, plus j'ai matière à articles...

Prédictions

J'ai commencé ma carrière professionnelle comme "Assistant Professeur". Je parle de 'carrière professionnelle' là où mes amis parlent "d'éternel étudiant" tant il est vrai que la fonction occupée alors me permettait d'assouvir ma passion d'étudiant pour l'intelligence artificielle, tout en préparant un doctorat et en bénéficiant d'un faible mais réel émolument.

Intelligence artificielle signifie ici pour moi "réseaux de neurones artificiels". J'y ai sacrifié cinq de mes plus belles années pour mon plus grand plaisir, entre rétropropagation et algorithmes de minimisation, et en particulier sur l'utilisation des réseaux de neurones en modélisation non linéaire.

J'ai en tête une anecdote qui en fera sourire quelques uns: un concours avait été organisé sur le thème de la prédiction: une courbe de mesure était fournie, sans information sur la nature des grandeurs utilisées pour les abscisses et ordonnées. La courbe comportait une centaine de points et semblait vaguement sinusoïdale sans l'être. Aucune information n'était donnée sinon que les mesures concernaient un phénomène naturel complexe.

Le défit était de poursuivre la courbe en traçant les vingt points suivants.

Plus de quarante équipes de chercheurs dans le monde ont étudié cette courbe et fabriqué des outils plus ou moins complexes pour rendre compte (on parle de modélisation) des mesures connues (la courbe fournie) et pour prédire la suite de la courbe (on parle alors de la réalisation d'un prédicteur).

Les résultats ont été publiés, le vainqueur a été connu et glorifié, la nature de la courbe a été dévoilée (il s'agissait du nombre de tâches solaires au cours du temps).

Mais le plus amusant, c'est qu'un chercheur a eu l'idée de concourir en proposant comme outil son propre cerveau: il a étudié la courbe et dessiné à main levée la suite qu'il trouvait la plus juste... et il est arrivé troisième du concours!!!

J'ai toujours regretté de ne pas avoir pu participer à ce concours, mais j'imagine ma tête si mon réseau de neurones artificiels récurrents à poids calculés avec mes propres algorithmes avait été battu par la "simple" réflexion humaine.

Je suis sur que cela m'aurait fait plaisir.

Nouvelle Netware

Le saviez-vous?
L'origine du nom "Novell" provient d'une mauvaise orthographe du mot français "Nouvelle". En tout cas, c'est ce que dit ce site:
"According to Roger White, an early Novell employee, the two founders of Novell Data Systems were at their lawyer’s office preparing to incorporate. Jack Davis planned to use the name Macro Systems, when George Canova said his wife had a great name for the company: Novell. Jack asked, “What does it mean?” Davis said that it meant "new" in French. Considering that the French word for "new" is the masculine "nouveau" or the feminine "nouvelle," it appears that Novell’s current name is the result of a misspelling."

Ce qui donne à peu près en français (traduction libre):
"D'après Roger White, employé de la première heure chez Novell, les deux fondateurs de 'Novell Data Systems' préparaient leur création d'entreprise chez leur avocat. Jack Davis avait prévu de lui donner comme nom 'Macro Systems' [ha ha ha], quand George Canova lui dit que sa femme avait trouvé un excellent nom pour la société: 'Novell'. "Qu'est-ce que ça veut dire?" lui demanda Jack. [George] répondit que cela signifiait 'new' en français. Sachant que 'new' se traduit par 'nouveau' au masculin ou 'nouvelle' au féminin, il s'avère que le nom 'Novell' retenu pour la société est le résultat d'une faute d'orthographe."

05 avril 2007

La ceinture-portables

Je découvre avec intérêt le téléphone portable que mon entreprise vient de m'offrir pour être sur de pouvoir me joindre à tout moment: il s'agit d'un Blackberry dont je tairai le modèle pour ne pas éveiller en vous de jalousie superfétatoire.

Je joue donc depuis une heure à paramétrer la bête (internet, réception des emails, synchronisation d'agenda, SMS, MMS...)

Bref, tout ce que ma radinerie prudence légendaire en matière de télécommunication m'a empêché de tester depuis des années, moi qui ne dispose que d'un simple forfait SFR de 10 mn (pour 7 euros TTC /mois...) sur un téléphone même pas appareil photo.

Mais alors se pose maintenant un problème digne de figurer dans ma rubrique "questions à deux euros": comment ma ceinture de pantalon va-t-elle encaisser ce choc supplémentaire?

En effet, s'y trouvent déjà agrippés: un téléphone portable perso (pour les expertises et mes amis), un téléphone sans fil DECT (professionnel), un badge professionnel et un PDA. Et voilà donc qu'il faut faire une place pour ce petit nouveau...

Bref, je suis à la recherche d'une ceinture pour portables.

Une paire de bretelles en renfort peut-être...

Listes de diffusion

Je tiens à attirer l'attention sur un outil très puissant de gestion des listes de diffusion: le logiciel SYMPA.

Nous l'utilisons depuis 8 ans pour gérer nos (trop) nombreuses listes de diffusion internes et externes.

Il est opensource, fiable, stable et développé par des français, ce qui n'est pas si fréquent.

Il dispose de toutes les fonctions permettant de gérer des listes de diffusion (abonnements, désabonnements) et notamment les listes fermées d'utilisateur, la modération etc.

Pour ceux que cela intéresse: http://www.sympa.org

03 avril 2007

Mon bollard et mon couteau

Un lecteur me demande quels seraient selon moi les premiers achats à faire lorsque l'on prête le serment d'expert judiciaire en informatique.

Les réponses varient d'un expert judiciaire à un autre, mais pour ma part, je dirai: rien.

A chaque désignation, je demande des détails sur les missions et je refuse toute expertise qui est en dehors de mes compétences OU de mes possibilités financières.

Pour ne pas toujours venir avec seulement mon bollard et mon couteau, j'ai acheté au fur et à mesure des expertises les logiciels et matériels qui me permettent d'accepter plus de missions, ou de les exécuter de façon plus confortable.

Certains confrères m'ont indiqué refuser toutes les analyses de disques durs, car ils n'ont jamais été adeptes de ce type de recherche.

Heureusement pour moi, les outils opensource permettent d'effectuer quasiment toutes les opérations d'expertise, au prix d'une bonne connaissance du monde Linux (mais pas nécessairement des connaissances de type gourou).

J'en ai cité plusieurs sur ce blog et j'essayerai de faire un billet technique détaillé sur mon préféré HELIX...

Un jour j'oserai

Un jour, je mettrai ce texte de Rabelais dans un rapport d'expertise...

"De quoy diable donc (dist il) servent tant de fatrasseries de papiers et copies que me bailliez ? N'est ce le mieux ouyr par leur vive voix leur debat que lire ces babouyneries icy, qui ne sont que tromperies, cautelles diabolicques de Cepola et subversions de droict ? Car je suis sceur que vous et tous ceulx par les mains desquelz a passé le procès y avez machiné ce que avez peu Pro et Contra, et, au cas que leur controverse estoit patente et facile à juger, vous l'avez obscurcie par sottes et desraisonnables raisons et ineptes opinions de Accurse, Balde, Bartole, de Castro, de Imola, Hippolytus, Panorme, Bertachin, Alexandre, Curtius et ces aultres vieulx mastins qui jamais n'entendirent la moindre loy des Pandectes, et n'estoyent que gros veaulx de disme, ignorans de tout ce qu'est necessaire à l'intelligence des loix.
[...]
Par ce, si voulez que je congnoisse de ce procès, premierement faictez moy brusler tous ces papiers, et secondement faictez moy venir les deux gentilzhommes personnellement devant moy, et, quand je les auray ouy, je vous en diray mon opinion, sans fiction ny dissimulation quelconques."

Source: Pantagruel Chapitre 10 (Comment Pantagruel équitablement jugea d'une contreverse merveilleusement obscure et difficile si justement que son jugement fut dict fort admirable).

Il est vrai qu'un expert judiciaire n'est pas un juge...

02 avril 2007

Sauvegardes: les données importantes

Lors de la préparation du passage à l'an 2000, j'ai suivi une présentation éponyme où le consultant énonçait les différentes étapes à suivre.

De son exposé, j'ai surtout retenu qu'il était important de s'occuper en priorité des données VITALES de l'entreprise. Mais que pour cela, il fallait être capable de déterminer quelles étaient REELLEMENT les données importantes de l'entreprise.

J'ai donc immédiatement établi la liste des applications VITALES de mon entreprise:
- la paie
- la comptabilité
- les applications métiers.

Tout le reste sert à maintenir un bon niveau de productivité, d'organisation, mais n'est finalement pas VITAL (c'est du confort).

Avant de mettre en place toutes les opérations de sauvegarde, j'ai soumis mon analyse aux secrétaires et assistantes des différents services.

Service paie: "si on perd toutes les données informatiques, je procède à la photocopie des bulletins de salaire du mois précédent en expliquant aux salariés et on régularise plus tard"

Service compta: "si on perd les données informatiques, on reviendra à l'âge de pierre dans le service, mais l'entreprise ne coulera pas (des explications ont suivies, mais je n'ai pas tout compris. Il y était question de déclarations fiscales, sociales, pariétales...)"

Les autre services: "la plupart des secrétaires utilisent des modèles de documents qu'elles ont mis au point individuellement et qui leur servent à générer des documents qui seront en général imprimés à un moment ou à un autre".

Conclusions:
1) A ma grande surprise, l'entreprise ne coulera pas (immédiatement) si l'informatique brule.
2) Les données importantes ne sont pas celles que je croyais et qui me paraissaient évidentes.
3) Il faut s'adresser aux secrétaires et assistantes des services en non pas aux chefs des services, car ceux-ci m'ont tous dit que nous étions morts si l'informatique tombait en panne plus de deux jours.
4) Rester discret sur cette enquête pour rester crédible à cause de l'investissement de l'automate de sauvegarde, alors que les données VITALES (les modèles Word) tiennent sur une clef USB...
5) Le confort, cela n'a pas de prix.
6) Dans mon cas (je suis un privilégié), si la salle serveurs brule, j'ai UN MOIS avant de mettre réellement en péril l'activité de l'entreprise.

Cela laisse le temps d'acheter et de remonter des serveurs avec les données extraites des cendres.

C'est cela aussi le savoir faire de l'expert judiciaire !

PS: Je parle bien ici de l'évaluation d'un arrêt "longue durée" de l'informatique. Tout le monde sait qu'un serveur arrêté entraine ex abrupto une paralysie d'au moins une demi-journée (c'est le temps nécessaire pour un utilisateur moyen pour arrêter de fixer son écran désespérément noir ET pour arriver à joindre le service informatique dont la ligne est bizarrement toujours occupée).

Service service

Je gère un service informatique où nous sommes trois.
En face de nous, de l'autre côté des tranchées, 900 utilisateurs.

Parmi les utilisateurs:
- les super-compétents:
"J'ai installé Vista en multiboot sur mon portable perso mais depuis, ma partition Windows XP et ma partition Windows 98 ne démarrent plus."
- les super-enthousiastes:
"Je viens d'installer Outlook 2007 et depuis, j'ai un message d'erreur sur mon serveur IMAP: Code de l'erreur: 0x800CCCDD"
- les super-normaux:
"Ma synchronisation PDA ne fonctionne plus"

Parmi nous (les membres du service info):
- le para normal:
"Est-ce que vous avez redémarré la machine?"
- le geek:
"Mais c'est normal que cela ne fonctionne pas, c'est à cause du windows update de ce matin que l'activesync avec votre palm est maintenant bugué. Fallait pas accepter le windows update"
- le chef (c'est moi):
"Cool les gars: politesse, diplomatie, traitement des tâches dans l'ordre: d'abord les tâches planifiées, tout en répondant au téléphone pour les tâches non planifiées. Et n'oubliez pas de dire bonjour. Bon si on m'appelle, je suis en salle serveur..."

Un service informatique,
- il faut que cela soit organisé:
gestion des tâches = logiciel opensource OTRS
- doit satisfaire ses clients:
politesse, diplomatie, le client doit sentir que son problème nous intéresse et que l'on va trouver rapidement une solution. Ne jamais lui dire qu'il est nul. Après tout, s'il appelle, c'est que l'informatique n'est pas si efficace que cela, mais que nous les êtres humains gourous à son service, nous allons dompter la bête et la domestiquer pour lui.
- doit trouver les solutions:
check lists, google et réinstallations-sans-comprendre sont les trois mamelles qui nourrissent l'âme du service informatique efficace (et rapide).

Un service informatique, cela doit être "au service de".

Mais parfois, c'est dur.