26 juillet 2007

Conseils à un jeune expert

En nettoyant les anciens liens de mon navigateur, je suis tombé sur cette page des carnets de JLK reproduisant la version complète des "Conseils à un jeune écrivain" de Danilo Kis.

Autant les conseils originaux méritent d'être lus avec attention, autant je me suis amusé à les transformer en "conseils à un jeune expert":
  1. Cultive le doute à l’égard des idéologies régnantes et des princes.
  2. Veille à ne pas souiller ton langage du parler des idéologies.
  3. N’écris pas de reportages sur des pays où tu as séjourné en touriste ; n’écris pas de reportages du tout, tu n’es pas journaliste.
  4. Sois conscient du fait que l’imagination est sœur du mensonge, et par là-même dangereuse.
  5. Ne t’associe avec personne : l’expert est seul.
  6. Ne sois pas prophète, car le doute est ton arme.
  7. Sois mécontent de ton destin, car seuls les imbéciles sont contents.
  8. Ne sois pas mécontent de ton destin, car tu es un élu.
  9. Sois persuadé que la langue dans laquelle tu écris est la meilleure de toutes, car tu n’en as pas d’autres.
  10. Sois persuadé que la langue dans laquelle tu écris est la pire de toutes, bien que tu ne l’échangerais contre aucune autre.
  11. Aie en toute chose ton avis propre.
  12. Ne donne pas en toute chose ton avis.
  13. Si tu ne peux pas dire la vérité – tais-toi.
  14. Garde-toi des demi-vérités.
  15. Ne te laisse pas persuader que nous avons tous également raison, et que les goûts ne se discutent pas. « Etre deux à avoir tort ne veut pas dire qu’on soit deux à avoir raison » (Karl Popper )
  16. « Admettre que l’autre puisse avoir raison ne nous protège pas contre un autre danger : celui de croire que tout le monde a peut-être raison ». (Popper)
  17. N’aie pas de Mission.
  18. Garde-toi de ceux qui ont une Mission.
Qui habet aures audiendi, audiat
(que celui qui a des oreilles pour entendre entende)
Légionnaire romain dans "Le cadeau de César".
S'emploie pour avertir qu'on doit faire son profit de ce qui a été dit.

24 juillet 2007

Harry Potter n'a qu'à bien se tenir...

Un court billet pour une annonce retentissante:
le livre "Zythom : Dans la peau d'un informaticien expert judiciaire" vient de paraitre aux éditions Lulu.com

Le livre fait 182 pages et contient les meilleurs billets issus de ce blog.

N'hésitez pas à en parler autour de vous et à transmettre le lien http://books.lulu.com/content/920925

Merci à tous.

22 juillet 2007

Pas de vacances

Cette année, pas de vacances... Pas le temps, pas d'argent.

Il faut faire une terrasse.
Il faut calfeutrer la cave.
Il faut mettre des plinthes dans toutes les chambres.
Il faut peindre toutes les portes.
Il faut tapisser les couloirs.

Je dois arriver à installer XEN sur mon PC.
J'ai deux expertises à terminer (mais je suis dans les temps).

Trois enfants, une femme et la vie à aimer.

Bogue suite

Je trouve particulièrement amusant que le mot "bug" soit entré dans le vocabulaire de base des jeunes adolescent(e)s. Ma fille utilise (trop) souvent l'expression "Papa, vient voir ya la télé qui bugue". Cela me fait toujours sourire, me fait fondre et m'oblige à courir donner un grand coup de poing sur le décodeur TNT (en fait, je le débranche et le rebranche, cela vous rappelle quelque chose?).

J'ai raconté il y a quelques temps une anecdote dans laquelle la discussion lors de la réunion d'expertise a porté sur la définition du terme "bug" ou "bogue".

En me promenant sur le réseau international de communication entre ordinateurs (c'est plus classe à mon âge que de dire "surfer sur Internet"), je suis tombé encore et toujours sur un article de wikipédia où il est question de "Mandelbug", "Schödinbug", "Heisenbug" et "Bohr bug".

Pour tous ceux que les billets truffés de liens agacent, je résume un peu les définitions:

Mandelbug: c'est un bogue dont les causes sont si complexes que son comportement apparaît chaotique ; il le reste tant que le testeur n'arrive pas à établir précisément un comportement déterministe d'apparition du bogue.

Schödinbug: c'est un bogue qui n'est pas découvert et non gênant pour les utilisateurs, mais qui apparaît après que quelqu'un a relu le code source ou utilise le logiciel d'une façon non habituelle.

Heisenbug: c'est un bogue basé sur le principe d'incertitude d'Heisenberg "observer une structure modifie son état" (ex: le programme tourne sous le débogueur, mais pas sur la ligne de commande).

Bohr bug: c'est un bogue qui, à la différence des heisenbugs, ne disparaît ni n'a ses caractéristiques modifiées lorsqu'il est recherché: il est persistant.

A cette liste, j'ajoute le:
Zythombug: c'est un bogue qui disparaît au moment où arrive l'informaticien que l'utilisateur a fait venir pour le dépanner.

Dans l'expertise citée en tête du présent billet, nous avions affaire à un "mandelbug". Je ne suis pas sur que les parties auraient appréciées mes explications...

Et pour ne pas mourir idiot, un extrait du dictionnaire de l'Académie française (neuvième édition):
I. BOGUE n. f. XVIe siècle. Mot de l'Ouest, probablement issu du breton bolc'h, «cosse de lin». BOT. Enveloppe de certains fruits, armée de piquants. La bogue de la châtaigne, du marron d'Inde, de la faine.
II. BOGUE n. f. XVIe siècle. Emprunté de l'ancien provençal boga. ZOOL. Poisson de la famille des Sparidés, commun en Méditerranée, à nageoire dorsale épineuse.
III. BOGUE n. f. XIXe siècle. Emprunté de l'italien du nord boga, «chaîne, anneau de fer», d'origine germanique. Anneau fixé au manche d'un gros marteau de forge.

Interro demain pour voir!

21 juillet 2007

Nouvelle rubrique

De plus en plus de personnes me contactent par email pour me demander des précisions sur tel ou tel aspect pratique de l'activité d'expert judiciaire: que mettre dans un dossier de candidature à l'inscription sur la liste de la Cour d'Appel, quelles sont les différentes parties d'un rapport d'expertise, comment rédiger les courriers de convocation des parties, etc.

Les questions posées constituent la base de l'activité d'expert judiciaire et il me semble intéressant d'y consacrer une rubrique (à publication aléatoire) afin de transmettre les petits "trucs" qui constituent mon expérience et qui m'ont été transmis par quelques experts qui furent mes "mentors".

N'oubliez pas néanmoins que rien ne vaut une saine lecture des ouvrages de référence que doit contenir toute bonne bibliothèque d'expert judiciaire.

Aujourd'hui ici sur ce blog, ouverture de la rubrique "Expert débutant". SGDZ(*)
En espérant qu'elle donnera la vocation aux meilleurs d'entre vous :)
Commencez déjà par acheter et lire ces livres à défaut de celui-ci...

(*) Sans Garantie De Zythom

19 juillet 2007

Car de bon matin je remarquais sa banalité

Tous les jours nous effectuons des milliers de petits gestes automatiques, fruits d'habitudes prises au fil du temps. Parmi ces gestes se trouvent de nombreux rituels dont la répétition quotidienne nous rassure. Des exemples? Réfléchissez aux gestes que vous effectuez tous les matins dès votre réveil. La succession des situations est toujours la même et vous est très personnelle. Certains poseront le bouchon du tube de dentifrice à la gauche du verre à dent, d'autres prennent leur café avant toute chose.
Bref, toute une succession de gestes quasi rituels.
Et tous les jours, toujours la même succession.

C'est d'ailleurs l'un des charmes des vacances que de casser un peu ces rituels, pour les remplacer par d'autres...

A bien y réfléchir, l'enchainement des opérations est bien souvent optimisé: l'ordre ne doit rien au hasard et correspond à une logique de productivité. Parfois néanmoins la décision tient du hasard, une autre fois elle émane plutôt d'une coutume familiale, et quelquefois les raisons sont difficiles à cerner avec certitude. Par exemple, le poignet sur lequel vous fixez votre montre, ou bien le choix de placer douze heures sur une montre mécanique (alors que les journées comptent 24h).

Et bien, je vous propose de faire voler en éclat toutes ces petites habitudes: changez votre montre de poignet, achetez en une de 24 heures, brossez vous les dents avant de vous doucher (ou l'inverse), allumez l'écran de votre ordinateur avant celui-ci, posez vos clefs de voiture ailleurs qu'à leur place habituelle...

Bref, chaque fois que c'est possible, sans mettre une vie en danger (ne passez pas au feu rouge, mais arrêtez-vous à l'orange!), modifiez ces milles gestes qui rassurent et qui confortent le cerveau dans sa quête de l'effort minimum. Faites ces micro révolutions et vous verrez que vous êtes parfois englués dans un certain conservatisme qui vous surprendra.

Pour ma part, j'ai décidé de dormir sur le dos. Après une première nuit de quelques heures, après quelques jours d'inconfort, et bien j'y suis arrivé.

J'ai décidé d'acheter une montre de 24 heures, plus logique à mes yeux (j'ai choisi celle avec midi en haut et minuit en bas). Après un mois d'utilisation, je suis capable de lire l'heure d'un coup d'oeil.

J'ai décidé de changer de route plusieurs fois par semaine pour aller au travail (c'est facile en velib!). Cela casse les mauvaises habitudes et rend plus vigilant.

Cela stimule le cerveau.
Cela rend plus intelligent.

Bon, mais où ai-je mis mes clefs?

PS: explication du titre: "Car de bon matin je remarquais sa banalité" (Quart / Demi / Bouteille / Magnum / Jéroboam / Réhoboam / Mathusalem / Salmanazar / Balthazar / Nabuchodonozor). Vous l'avez compris, rien à voir entre le contenu et l'étiquette du contenant, car tel est mon bon plaisir...

15 juillet 2007

LA première fois...

Pour une fois, dans la rubrique "Anecdotes expertises", un souvenir datant d'avant ma prestation de serment comme expert judiciaire.
Il s'agit d'un souvenir de jeunesse.

Parisien d'adoption pendant mes années d'études, il m'arrivait souvent de trainer sur le boulevard St Michel à la recherche de livres d'occasion pour compléter ma bibliothèque de science-fiction.

Ayant dépensé une somme assez rondelette en Asimov, Heinlein et Clarck, je décide de pousser plus avant vers la bibliothèque (gratuite) du centre Georges Pompidou. Il me faut pour cela traverser l'Ile de la Cité via le boulevard du Palais. J'ai plusieurs heures à tuer, il fait beau, autant sortir un peu des sentiers battus: je décide de faire le tour de l'île par le Quai des Orfèvres. A peine ai-je marché quelques mètres, j'aperçois une grande porte ouverte par laquelle entrent des personnes. Une idée saugrenue me vint alors: "Et si j'entrais moi aussi?".

C'était une époque ante-vigipirate. L'entrée dans le Palais de Justice de Paris pouvait se faire par les côtés, sans forcément faire la queue par l'entrée de la Sainte Chapelle, ni montrer patte blanche.

Pour la première fois, j'entrais dans un Palais de Justice.
Intimidé comme les gens qui vont voter, je suis entré dans la première salle que j'ai trouvée. Je me demande encore comment j'ai eu le courage de passer devant le garde en faction devant la salle.

Pour la première fois j'entrais dans un Tribunal.
Il s'agissait d'une chambre correctionnelle. La salle était vieillote patinée par les années, les micros en panne débranchés, aussi me glissais-je jusqu'au deuxième rang. En face de moi sur la droite se tenaient les accusés, encadrés par les forces de l'ordre. Parmi eux se tenait un jeune homme dans un beau costume, l'air hagard, la tête baissée.

Pour la première fois, je suivais une affaire.
Mr XXX a été pris après avoir volé un blouson de cuir. Les faits se sont produits il y a peu de temps (la veille?). Toute l'histoire est racontée, il suffit de fermer les yeux et les différentes scènes se déroulent comme si l'on y était. Je regarde autour de moi, des petits vieux sont là comme au spectacle et commentent entre eux à voix pas si basse "c'est pas dommage", "pourtant il a pas l'air de manquer". Devant moi se tiennent des personnes bien mises. Elles ont un air de famille avec le jeune accusé. Bingo, c'est sa famille. Papa et Maman sont là, bien raides sur les bancs en bois. Papa surtout, avec un air fermé et furieux. Papa est étranger d'un pays bordant le Nil et travaille à l'ambassade. Papa ne comprend pas comment son fils a pu commettre ce geste. Papa a condamné son fils à la peine de mort et le fusille du regard. Le jeune a honte d'être là. On dirait un petit garçon terrorisé. Le moins qu'on puisse dire est qu'il ne recommencera pas. Il sera broyé avant. Affaire suivante.

L'affaire suivante est une affaire de drogue. Je ne me souviens pas précisément des faits, mais je revois la réaction de l'accusé au moment du verdict en fin de journée: "... est condamné à DIX ans de prison". Je n'en revenais pas. Et lui non plus semble-t-il: raide comme un piquet, il est tombé en arrière de tout son long dans le box des accusés, faisant voler toutes les chaises. Les policiers l'ont récupéré et l'ont emmené. Dix ans! Les petits vieux semblaient apprécier le spectacle.

Pour information, le jeune a été relâché sans condamnation. Je suis sur qu'il ne recommencera jamais et que la leçon a porté.

Aujourd'hui j'entre avec un air blasé dans la 1er chambre de la Cour d'Appel de Paris pour y assister à une formation d'experts judiciaires, et je souris quand je vois un jeune confrère les yeux écarquillés prendre des photos de la salle.

A ma demande, il m'a d'ailleurs gentiment envoyé ses photos...
Mon grand âge a sa dignité.
Ah, ma jeunesse...

12 juillet 2007

Remise en état

J'avais fini mon rapport d'expertise et, pour une fois, je souhaitais le déposer en main propre. J'ai donc pris rendez-vous avec le juge d'instruction pour lui remettre mon travail et apporter des précisions sur l'affaire concernée.

Quand je suis arrivé, j'ai trouvé sa porte close et la greffière m'a informé qu'une urgence avait décalé à l'improviste notre rendez-vous d'une heure.

Une heure à tuer dans un tribunal: je me promène dans les couloirs à la recherche d'une salle d'audience pour me glisser dans le public. Chic, comme à la télé!

Par une porte entrouverte, gardée par un policier, j'aperçois une certaine animation: des avocats, des magistrats et du public... Je me glisse au fond de la salle et écarquille les yeux tout en ouvrant bien grandes les oreilles.

Tant d'avocats et tant de monde dans la salle, quelle affaire pouvait donc bien se jouer ici dont je n'avais pas entendu parler, enfermé que j'étais dans mon bureau pendant mon expertise? L'affaire ELF? L'affaire des frégates de Taïwan?

Non, une simple "mise en état".

Si j'ai bien compris le concept, il s'agit pour les magistrats de faire convoquer à la même heure toutes les parties de toutes les affaires du jour et de voir si les affaires sont "en état" d'être traîtées correctement le jour même. Le magistrat présent s'informe par exemple de la régularité de la procédure suivie dans chaque dossier, il règle les incidents liés à l'échange des conclusions et à la communication des pièces, etc. Accessoirement, il règle aussi l'ordre de passage des affaires. Priorité semble-t-il à l'avocat dont l'inscription au Barreau est la plus ancienne, mais aussi aux avocats venant de loin, ou aux affaires complexes nécessitant la présence de nombreuses personnes... Autant dire que si votre affaire est simple, que votre avocat est inscrit depuis peu au barreau local, ainsi que l'avocat de votre adversaire, vous n'êtes pas sorti du Palais...

Si je parle de cela aujourd'hui, c'est qu'il me reste de ce souvenir un sentiment de malaise: j'étais assis dans un public essentiellement constitué des personnes concernées par les affaires du jour. Ces personnes avaient la mine sombre et visiblement rêvaient d'être ailleurs.

En face de nous, un joyeux ballet se déroulait sous nos yeux: les avocats se tutoyaient tous, des plaisanteries fusaient entre eux, avec le magistrat et le greffe. Bref, nous assistions à une réunion de travail "entre collègues" plutôt rigolote.

Sauf que je sentais que les personnes présentes n'étaient pas du tout d'accord. Leur affaire représentait à leur yeux un éléments très important de leur vie. Leur temps est précieux (ils ont pris un jour de congé au travail),leurs attentes immenses, leurs angoisses extrêmes. Comment mon avocat peut-il plaisanter avec l'avocat de mon adversaire qui m'a tant fait souffrir? Pourquoi ce climat de plaisanterie dans ce lieu? Autant d'interrogations que je lisais sur les visages.

Maintenant je sais que deux amis avocats peuvent plaider l'un contre l'autre en défendant au mieux les intérêts de leurs clients respectifs. Leurs intelligences s'affrontent à travers le développement de leurs arguments, leur persuasion. Ils n'en restent pas moins amis "en dehors du travail".

Mais sur leur lieu de travail, sachant que leurs clients les imaginent sur un ring, eux qui sont sur le grill, ils n'auraient pas du faire preuve de cette familiarité.

D'où le malaise autour de moi.

J'ai retenu la leçon. Lorsque je connais bien un avocat apparaissant dans un dossier, lors de la réunion avec les parties je fais comme si je ne l'avais jamais vu, et ne lui réserve aucun traitement de faveur. Et je ne mange pas avec les avocats des parties. Et si je connais bien l'une des parties (le monde est petit), comme cliente ou fournisseur, je refuse le dossier.

Et je ne rigole pas souvent en fait.

Un réseau d'experts

Trouvé sur wikipédia:
Les 19 et 20 octobre 2007, l’association Wikimédia France organise le premier colloque francophone sur Wikipédia, à la Cité des sciences et de l’industrie sur le thème "Développer - Valider - Ouvrir".

Le séminaire 1 concerne les réseaux d’experts:
Valider les contenus ou sélectionner des articles en fonction de leur qualité (par exemple pour une édition papier) nécessite de disposer d’experts capables de le faire. Mais comment sélectionner ou reconnaître un expert? S’il n’est pas un contributeur mais une personnalité étrangère à WP, comment le faire le solliciter? Qui se charge de l’entretien du réseau d’experts (dans le cadre d’un projet peut être)? Comment concilier (si c’est possible) avis d’expert et avis de la communauté ? En cas de conflit entre experts, comment intervenir? Comment rendre visible le travail des experts? Ne va-t-on pas faire une citadelle élitiste non ouverte?
N'hésitez pas à bloquer déjà ces deux dates.
On pourra y discuter ensemble de choses intéressantes!

10 juillet 2007

Je suis un imposteur

En relisant quelques anciens billets, je m'aperçois que je prends un malin plaisir à y glisser quelques citations, le plus souvent en latin.

J'ai fait du latin jusqu'en classe de terminale, mais une malheureuse impasse sur cette matière m'a logiquement et inéluctablement condamné à une piteuse à l'examen final.

Et malgré tant d'année d'études, de traductions et de versions, j'ai oublié jusqu'à la déclinaison de la rose et les significations de "datif" ou "ablatif". J'ai pu le constater quand ma fille aînée a commencé cette langue en cinquième (à son grand désespoir...)

Alors, pourquoi cette imposture? Pourquoi truffer ce blog de citations dans la langue de Caesar? La réponse est toute simple: j'aime le latin. Pas la langue, que je ne maitrise plus, mais les sensations que je ressens devant l'utilisation de cette langue.

La maîtrise du latin, pour moi, est synonyme de culture. Cela me renvoie à ma jeunesse et aux professeurs que j'ai connus. Cela me renvoie aussi à l'étude de la civilisation romaine antique. Cela me renvoie également à Astérix, mais cela il ne faut pas l'écrire...

La première fois que j'ai visité Rome, je suis resté sans voix devant la "via sacra" dans le Forum, et devant le Colosseum. Je voyais presque passer les triomphes...
Rome enfin se découvre à ses regards cruels;
Rome, jadis son temple, et l'effroi des mortels;
Rome, dont le destin dans la paix, dans la guerre,
Est d'être en tous les temps maîtresse de la terre.
Et pourquoi le latin et pas le grec alors?
Tout simplement parce qu'il n'y pas de police Symbol sur blogspot... Cela donnerait:
O kronoV didaskei touV anqropouV
Le temps enseigne les hommes

Je n'ai pas de culture, mais j'aime me cultiver.
J'aime faire semblant aussi. Et Google is my friend.
Je suis un imposteur.

Je sors de Rome, Arsace, et j’en sors pour jamais.

09 juillet 2007

Allez vous coucher plus tôt

Je faisais il y a quelques années auprès de mes étudiants un cours de programmation en langage C. J'avais compilé dans ce cours l'ensemble des erreurs communément faites par leurs prédécesseurs lors des séances de travaux pratiques que j'encadrais (ce qui n'empêchait pas malheureusement les étudiants de retomber dans les mêmes ornières...).

En relisant avec nostalgie ce cours, je suis tombé sur une recommandation que je faisais aux étudiants et qui me semble toujours valable aujourd'hui:
Lorsque vous travaillez tard sur un projet important, la fatigue vous entrainera à faire la "petite" erreur qui va anéantir en quelques secondes des heures de travail. Allez donc vous coucher avant que cette erreur n'arrive.
Voici ce qu'écrivait David .J. Way dans un manuel de construction de clavecin (20e siècle):
'Penser' est la cause de toute erreur. La preuve en est que chaque personne qui commet une erreur dit toujours "Oh, mais je pensais...". Ne faites pas attention à ce genre de pensées - avant d'assembler des éléments, vous devez être conscient de ce que vous faites. Assemblez les morceaux sans colle, étudiez si ça va et contrôlez le résultat en le comparant avec votre dessin qui montre comment les morceaux s'emboîtent.
Et après avoir collé quelques morceaux, contrôlez le résultat une fois de plus. J'ai entendu tant de fois la triste anecdote: "Hier soir, j'ai fait ça et ça, mais ce matin j'ai regardé ce que j'ai fait..."
Cher constructeur, si vous aviez regardé hier soir, vous auriez pu encore séparer et corriger votre assemblage. Beaucoup d'entre vous construisent pendant leur temps de loisir, par conséquent vous êtes tentés de travailler tard dans la nuit. Mais, à en croire les plaintes qui me parviennent, la plupart des erreurs concernent la dernière chose que vous faites avant d'aller vous coucher. Cessez donc votre travail un peu plus tôt.
Je pense toujours que tout informaticien devrait tenir compte de cet avertissement.

La salle derrière au fond

Un jeune lecteur anonyme me gratifie d'un compliment additionné d'une petite critique: je n'ai pas écris d'anecdotes d'expertises depuis longtemps. S'il savait...

Il n'est pas facile d'écrire des anecdotes d'expertises car il faut prendre garde de ne rien révéler qui puisse trahir le secret dans lequel baigne tout expert dans son activité.

Respect du secret bien sur, mais rien n'empêche de travestir suffisamment la réalité et de ne garder que la partie anecdotique intéressante, surtout lorsque celle-ci se répète à l'envie sur de nombreuses expertises. Plusieurs des experts qui m'ont écrit se sont amusés de situations qu'ils avaient vécues et qu'ils voyaient dépeintes dans un billet de ce blog "comme si c'était leur histoire".

Lors d'une expertise, la première de mes missions était de venir prendre au Tribunal de Grande Instance deux ordinateurs mis sous scellés.
Une fois sur place, la greffière me dit: "Ah oui, mais le responsable des scellés est en vacances. Il va falloir que vous m'accompagniez pour aller les chercher. Et comme je ne sais pas trop ni où, ni comment ils sont rangés, cela peut nous demander un petit moment..."

J'avais fait 40 kms sur des routes de montagne pour arriver au tribunal, je n'allais pas faire la fine bouche et repartir les mains vides. Et puis, comme je suis plutôt galant...

Nous voici donc partis à travers le dédale du tribunal, passant de couloir en couloir, montant d'un étage pour en redescendre deux, pour finir enfin par sortir par l'arrière et nous retrouver face à une gigantesque porte en bois.

La greffière sort de son sac une clef comme on n'en voit que dans les films (vous savez, LA clef de la ville), la place dans la serrure et la tourne à deux mains. Nous entrons dans une salle sombre. Une fois les yeux habitués à la faible lumière issue de la seule lampe pendant du plafond, je regarde autour de moi: je venais d'entrer dans le saint des saints, Le Lieu Interdit Au Public. Je venais aussi de faire un bon d'un de deux siècles en arrière!

Des dizaines de fusils emballés dans des plastiques transparents tous évidemment munis de l'étiquette habituelle que l'on trouve sur tous les scellés (l'Etat doit avoir fabriqué au 19e siècle une quantité incroyable de ces étiquettes pour qu'elles aient toutes cet air suranné...)

Des couteaux, dont certains semblaient encore couverts de tâches sombres... Des épées, des cannes, des lampes, des manteaux, des postes de radio, des paquets, beaucoup de paquets ficelés (vous savez, cette ficelle grossière qui ressemble à de la paille)... Partout, du sol au plafond, serrés sur des étagères en bois d'un autre âge. J'avais l'impression d'être dans un Simenon. Je m'attendais à voir surgir le commissaire Maigret de derrière une étagère.

J'étais en train de vérifier si je ne détectais pas l'odeur de pipe quand la greffière me sortit de ma fascination: "Bon, Monsieur l'expert, il faut trouver dans ce bazar, deux ordinateurs sous scellés numéro XZ65... Je commence par la gauche et vous par la droite."

Mon rêve de gamin devenait réalité: fouiller la caverne d'Ali Baba!!!

Pendant une demi heure nous avons exploré (sans déranger) ce chaos ordonné, ce bazar étiqueté. J'ai touché du doigt des affaires criminelles terribles (terribles dans ma tête bien sur), des objets chargés d'histoires horribles. Des ombres terrifiantes régnaient sur ce lieu et visiblement je n'étais pas le bienvenu. J'ai encore l'odeur de poussière et de vieux papiers dans les narines.

C'est la greffière qui a trouvé les ordinateurs.
Ils faisaient un peu tâches dans ce lieu d'un autre âge.
J'aurais du les trouver tout de suite...

Depuis, je suis retourné souvent dans cette salle, mais jamais plus je n'ai retrouvé les sensations de cette première fois.

06 juillet 2007

Archéoinformatique

« L’informatique des entreprises (...) est à l’image d’un site archéologique. (...) Tout au fond, on tombe sur de vrais fossiles, calcifiés : la carte perforée n’est plus physiquement là, mais on peut trouver son "empreinte" sur des disques durs dernier cri, jusqu'à des traces d’organisation en quatre-vingt "colonnes" ».
Pierre Vandevingste, La Recherche.

Cette remarque est tellement vraie...

05 juillet 2007

Un expert judiciaire peut-il tenir un blog?

La question m'a été plusieurs fois posée depuis l'ouverture de ce blog, par des experts m'écrivant directement à mon adresse zythom chez gmail.com (sans passer par des commentaires), aussi vais-je tenter d'y répondre dans ce billet.

L'humour peut-il être utilisé en la matière?
Le sujet est grave et les enjeux sont importants lors d'un procès. Mais ne dit-on pas que l'on peut rire de tout? Monsieur Desproges précisait même: "On peut rire de tout, oui, mais pas avec n’importe qui". Si quelqu'un n'aime pas le ton de ce blog, ni la manière dont je traite des sujets parfois graves, qu'il cesse de venir alimenter mes statistiques de consultation.

La liberté d'expression est-elle compatible avec la confidentialité des dossiers d'expertise?
Alors là, clairement: non. Toutes les anecdotes citées sur ce blog sont "atemporelles", "universelles" et vous ne verrez jamais aucun nom cité ni aucune ressemblance avec des affaires existantes ou ayant existées. Les personnages et les situations étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite.

Puis-je dénigrer des experts sur ce blog?
D'abord, pourquoi le ferais-je? Et puis, j'ai déjà expliqué dans ce billet que la politesse élémentaire est de respecter un certain nombre de règles qui forment ce que l'on appelle une déontologie. Ces règles ne s'imposent pas à moi légalement, mais forment un ensemble qui relève du bon sens. Elles sont accessibles sur le site du Conseil National des Compagnies d'Experts de Justice. Je citerai ici:
II - 14) - L’expert observe une attitude déférente envers les magistrats et courtoise à l’égard des auxiliaires de justice.

Dois-je pour autant faire preuve de corporatisme?
Alors là aussi clairement, non. Un expert judiciaire n'est pas obligatoirement inscrit à une compagnie d'expert. Il peut exercer son sacerdoce seul. Pour ma part, je ne suis membre que d'une seule compagnie et encore, pour bénéficier de l'assurance responsabilité... De plus:
II - 15) - [L'Expert] conserve toujours son entière indépendance et donne son opinion en toute conscience, sans se préoccuper des appréciations qui pourraient s’en suivre.
Cette règle s'applique au rapport que rédige l'expert pour le magistrat. Je la fais mienne pour ce blog.

Ce blog représente-t-il tous les experts judiciaires?
Non. Mais comme il y a peu de blogs d'experts judiciaires, certains pensent que ce blog fait du tord à "l'activité". Qu'ils reçoivent mes plus sincères excuses. Je remarque néanmoins pour ma défense que j'ai été l'un des seuls experts à défendre sur internet un confrère qui s'est rendu malencontreusement célèbre par une phrase maladroite sortie de son contexte. Pour plus d'informations, lire ce billet. Bon, je n'ai pas beaucoup mouillé ma chemise, mais je ne suis pas son avocat ni président de compagnie.

Ce blog donne-t-il une mauvaise image des experts judiciaires?
Là, je ne sais pas. J'avoue que je ne me suis pas souvent posé la question. Est-ce que dire que l'on ne peut pas tout savoir sur tout implique nécessairement être incompétent?

Ce blog devait-il faire l'objet d'un livre?
J'ai expliqué ici la raison principale qui m'a animé sur ce projet. Est-ce ma faute si le livre s'est vendu en 10005 exemplaires? Vous pouvez d'ailleurs passer commande ICI... Et bientôt, la suite!

Un expert peut-il être excentrique?
Non. D'ailleurs on lui demande de remplir sa mission avec le plus grand sérieux. Mais dès son rapport déposé, il cesse d'être expert! Par ailleurs, je dois avouer que je mets trois glaçons dans mon café le matin et qu'il m'est arrivé d'aller à mon travail en chaussons. C'est fou non?

Ai-je le droit de profiter de l'audience de ce blog pour obtenir des expertises?
I - 13) - L’expert s’interdit toute publicité en relation avec sa qualité d’expert judiciaire. Il peut porter sur son papier à lettre et ses cartes de visite la mention de son inscription sur une liste [...] S’il appartient à une Compagnie membre de la Fédération, il peut le mentionner.
Je n'ai pas de cartes de visites (ni à mon nom, ni à celui de Zythom), mais j'ai effectivement un papier à entête sur lequel j'indique mon activité d'expert judiciaire, et que j'utilise pour celle-ci. Je refuse toutes les affaires qui me sont adressées par le biais de ce blog. Lire ce billet pour le vérifier.

Oui, un expert judiciaire peut tenir un blog, dès lors qu'il respecte la loi.

04 juillet 2007

Un nouvel oracle

De tout temps, l’homme s’est entouré d’un certain rituel pour l’aider à prendre une décision. Il a sacrifié des animaux, lu les étoiles, observé le vol des oiseaux, mis sa foi dans des proverbes... Aujourd’hui, il fait appel à un nouveau rite, moins poétique, mais peut-être plus rationnel, l’utilisation de l’ordinateur. Et avec l’ère de l’ordinateur est né un nouvel oracle: Internet.

L'ordinateur, c'est la Pythie chargée d’apporter aux internautes la réponse de l'oracle à leurs questions. La Pythie entre en transes et les prêtres interprètent ses gestes et les sons qu’elle produit sous l’influence du dieu.

Mes étudiants-prêtres interrogent Internet avec tous types de questions: horaires de cinéma, corrigés de TD, orthographe d'un mot, etc. Et quelles que soient les sources des réponses qu'ils obtiennent, ils justifient haut et fort leur nouveau savoir: "si c'est écrit sur Internet, c'est que c'est vrai".

Et c'est là que semble apparaitre la plus grande différence entre l'époque actuelle et l'antiquité: auparavant, l'oracle ne devait pas se tromper, et donc les réponses étaient souvent ambiguës. Aujourd'hui l'oracle est très précis dans ses réponses, mais il en fournit un million pour chaque question.

Finalement, est-ce vraiment différent?

PS: Samedi nous sommes le 07/07/07, n'oubliez pas de mettre vos réveils à 07:07.
Dans l'antiquité, le chiffre sept étant considéré comme celui de la sagesse, de la connaissance. Les grands sages de l'antiquité devaient être au nombre de sept. La liste de ces sept personnes avait été arrêtée par les prêtres de Delphes (selon l'oracle).

Tiens, je remâcherais bien quelques feuilles de lauriers moi...

03 juillet 2007

Rôle d'équipage

Au fil de l'eau du temps qui passe, mon agrégateur de liens RSS prend de l'embonpoint. Ce programme se charge d'adresses comme jadis de trésors les cales des navires. Plus je lis de blogs intéressants, plus ceux-ci me renvoie vers d'autres blogs tout aussi intéressants et plus je passe de temps le soir à lire les nouveaux billets.

Comme il n'y a pas de raisons pour que je sois le seul à profiter de ce plaisir et à me coucher tard, voici la liste actuelle de toutes les personnes embarquées à titre de trésors:

Dans la catégorie "Informatique":
- 01net. Actualités
- C'est bien fait quand même
- Gizmodo FR
- Ma petite parcelle d'Internet...
- Pascal Charest
- Ratiatum.com - Actualités
- Roycod Blog
- Standblog
- Forensic Computing
- Forensic Incident Response
- IT security and more
- DEFT Linux
- Security distro

Dans la catégorie "Justice":
- Ca'Paxatagore
- Chroniques judiciaires
- legalis.net
- Journal d'un avocat
- Justice au singulier
- Un blog pour l'information juridique

Dans la catégorie "Politique":
- Diner's room
- Commentaires & vaticinations

Dans la catégorie "Sciences":
- New Scientist Space - Mars Rovers
- Planetary Society Daily Almanac
- Planetary Society Weblog
- Futura-Sciences Actualités

Dans la catégorie "Bandes dessinées":
- bouletcorp
- Chez Lenono
- Dessins au jour le jour
- Le blog des cybériens
- Le journal de Camille
- Les petits riens
- Les toujours ouvrables
- Luciole en Cases
- Melakarnets
- Mes cartoons
- Ob / Grmb
- Paprika
- Pfelelep
- Rue89 - SOPH'S STRIP
- Trentenaire, marié, 2 enfants

Dans la catégorie "Inclassables":
- Carnet de Pikipoki
- Curiosity
- Le blog du globe
- Le Petit Champignacien illustré
- Comment écrire un roman
- Pour ce que j'en dis...
- Un blog par jour
- Un mot par jour

J'en ai profité pour mettre à jour la liste de liens située à droite de ce blog.

Bonnes lectures :)

La bête du petit écran

L'année dernière, à la même époque, nous souffrions de fortes chaleurs.

Nous, oui, mais pas tous les êtres vivants: je cite ici l'animal dénommé par le vulgum pecus "la bête de chaleur". J'ai bien écrit "la bête DE chaleur".

Cette fois google is not my friend, car impossible de trouver en moins d'une minute le vrai nom de ce tout petit animal noir d'un millimètre de long qui surgit de nulle part pour nous tomber sur la tête, sur les bras et entre le plastique et notre nom de la boite aux lettres.

Et bien, il y a un an, une petite "bête de chaleur" s'est glissée derrière la vitre de l'écran plat de mon PC professionnel et a commencé à se déplacer lentement à travers tout l'écran sous mes yeux agacés.

Elle est venu mourir AU MILIEU de l'écran (juste au croisement des deux diagonales et des deux médianes). L'endroit où les yeux se posent le plus souvent...

Depuis un an, elle ajoute parfois une cédille ou un accent là où il ne faut pas, elle égaie un graphisme d'une virgule déplacée.

Depuis un an, tous mes efforts pour la faire partir sans massacrer l'écran se sont avérés infructueux.

Depuis un an, elle me montre qu'un docteur expert judiciaire en informatique est parfois singulièrement démuni face à une petite bête qui lui a dit: "Morituri te salutant".

Ce à quoi je répondrai, comme Fercorus dans Astérix en Hispanie, ou Anglaigus dans Le domaine des dieux: Beati pauperes spiritu...

Bon anniversaire la bête du petit écran.

02 juillet 2007

Le scandale du fichier élèves de l'éducation nationale

Jusqu'à la semaine dernière le fichier "base élèves" de l'Education Nationale, un document dont l'accès est en théorie réservé aux seuls directeurs d'école, aux maires et à l'administration centrale, était consultable avec comme nom d'utilisateur le numéro de l'établissement (un renseignement public) et comme mot de passe le même numéro (source 01net.com)
Aussi étrange que cela puisse paraître "la consigne avait été donnée aux chefs d'établissement de se simplifier la vie, en évitant de mémoriser un mot de passe compliqué", révèle Le Canard Enchaîné dans son édition du mercredi 27 juin...

Ce qui m'attriste le plus dans cette histoire, ce n'est pas l'accès en lui même (une erreur humaine est toujours possible et pardonnable). Non: c'est la consigne donnée par l'administration et l'insouciance des directeurs d'école que cela n'a pas particulièrement troublé.

L'accès à des données privées NE CHOQUE PAS en France.
De ce fait, la CNIL semble avoir de moins en moins de poids et de soutiens.
En bref, tout le monde s'en fout.

Bientôt donc, comme aux youessa vous pourrez consulter librement le détail des gains de vos voisins, amis et ennemis, leurs condamnations, etc.

Les banques et assurances auront accès à vos différentes maladies et traitements médicaux.

Et tout cela dans une relative indifférence générale.
Consternant.

Qui a volé l'Orange du marchand ?

J'ai acheté un téléphone portable à ma fille ainée. Et oui, c'était l'une des dernières parmi ces copines à ne pas en avoir (enfin c'est elle qui le dit).
Et puis, il faut être de son temps.

Première étape: choisir l'opérateur et l'offre. Après une première tentative pour chercher à comparer et comprendre les différentes offres des opérateurs, j'ai fait comme beaucoup: j'ai demandé conseil à un copain qui venait de passer commande pour sa fille. Résultat du conseil: un forfait bloqué chez Orange, dit "forfait ZAP", adapté aux adolescents et à mon portefeuille. OK.

Deuxième étape: la commande. Après quelques vérifications des conditions sur le site orange.fr, je trouve avec ma fille un téléphone à un euro qui lui plait et je passe commande de l'ensemble téléphone + forfait ZAP. La commande se passe bien, un message m'indique que je serai livré dans quelques jours.

Quelques jours plus tard (avec un jour d'avance sur le pronostic, youpi), je reçois le joli téléphone avec son mode d'emploi et une carte SIM. Par contre, impossible de savoir quel est le numéro de téléphone associé à cette carte SIM. De plus, après avoir placé la carte SIM dans le téléphone et démarré celui-ci, j'ai un beau message "erreur d'écriture sur carte SIM".

Appel au numéro de téléphone indiqué sur le bon de livraison:
[Orange]: "C'est normal, Monsieur, la ligne n'est pas ouverte"
[Moi]: "Ah bon? Mais pouvez-vous me dire quand elle sera ouverte?"
[Orange]: "Ah ben non, mais en ce moment c'est un peu long. Dans quelques jours peut-être... Mais veillez bien à éteindre le téléphone pour que la création de ligne soit prise en compte.".

Bon. Donc tous les jours qui ont suivi, ma fille ou moi avons allumé le téléphone portable une ou plusieurs fois pour vérifier si la ligne avait été créée.

Cela a duré quinze jours...

Excédé, je rappelle le numéro indiqué sur le bon de livraison:
[Orange]: "Oui Monsieur, c'est normal. Nous avons eu un gros problème informatique. Mais votre ligne va bientôt être créée et à titre de geste commercial, votre premier mois de forfait ZAP vous sera offert. Vous recevrez cette information par SMS."

Incroyable! Ils me font le coup du fameux "problème informatique"!!!
C'est pas nous, c'est à cause de l'informatique...
Restons calme. Après tout, on a "gagné" un mois d'abonnement gratuit. Enfin, moi, car ma fille, elle, elle a gagné le droit d'attendre...

Quelques jours plus tard: miracle, la ligne est ouverte!
Ma fille utilise un peu son nouveau jouet, pendant que JE lis la documentation. Je lui montre ensuite comment maîtriser sa consommation en appelant le 555.

[Moi]: "Quoi! Il te reste 3 minutes sur ton total de 40 minutes!!!
Mais qu'est-ce que tu as fait? Tu as appelé Pfelelep à Hong Kong ou quoi??"
[Ma fifille]: "Mais non Papa, j'ai passé deux ou trois coups de fils à des copines et une quinzaine de SMS..."

Je fonce sur l'interface web orange.fr "Espace client". Je vais directement sur "Mes dernières communications". Tiens, il faut entrer un code client de 10 chiffres.
"Vous trouverez ce code client sur votre facture"
Pas de chance, je n'ai pas encore reçu de facture...

Recoup de fil à Orange:
[Orange]: "Vous trouverez ce code client également sur votre contrat".
[Moi]: "Je n'ai pas reçu de contrat. Tout a été fait via internet".
[Orange]: "Ce n'est pas normal. Je vais demander à ce qu'un contrat vous soit envoyé."
[Moi]: "Merci. Mais pouvez-vous me donner mon numéro de client?"
[Orange]: "Ah non. Ce n'est pas possible par téléphone. Par contre, je peux vous donner une adresse postale à laquelle vous allez pouvoir écrire pour leur demander de vous adresser votre numéro de client"
[Moi]: "Vous vous moquez de moi, là?"
[Orange]: "Non Monsieur, c'est sécurisé."
[Moi]: "Bon, je résume: mon forfait est vidé le jour de l'ouverture de la ligne. Je cherche à vérifier les communications passées. Il me faut un numéro de client que je n'ai pas alors que je devrais l'avoir et vous ne voulez pas me le donner par téléphone"
[Orange]: "Heu... Oui."
[Moi]: "Bien. Bon, maintenant, parlez moi un peu de votre geste commercial concernant la gratuité du premier mois qui m'a été promis la dernière fois que j'ai appelé ce numéro."
[Orange]: "Ah, pour ça, je peux vous répondre: ce n'est pas possible qu'on vous ai dit cela, car je ne peux pas faire ce type de geste commercial..."
[Moi]: "QUOI!! NON MAIS VOUS VOUS FICHEZ DE MOI! Bon, écoutez, je vous remercie de votre aide et de votre patience. Je vous souhaite une bonne journée. [je raccroche]"

Vous admirerez la parfaite maîtrise de mes nerfs acquise après une expérience douloureuse.

Dans ces cas là, il faut utiliser l'un des atouts des centres d'appel: la quasi certitude de tomber sur quelqu'un d'autre quand on rappelle.
Je rappelle donc:
[Orange]: "Mais oui Monsieur, pas de problème, votre numéro de client est 1234567890. Votre forfait n'a été crédité que de 5 euros au prorata temporis avec la date de la prochaine facture. Votre contrat va vous être envoyé sous peu et je vois ce que je peux faire pour le geste commercial qui vous a été promis..."
[Moi]: "Merci merci merci merci merci bonne journée bonnes vacances longue vie à vous"

J'annonce les bonnes nouvelles à ma fille.

Restait un dernier mystère à éclaircir. A chaque fois que j'appelle le 555 pour suivre la consommation, le crédit restant diminuait, sans que j'ai passé le moindre appel ni SMS... La ligne était-elle piratée?

Avant de rappeler le service client, je me connecte sur mon interface web avec mon numéro client à 10 chiffres qui me permet de créer un code secret à 4 chiffres afin d'accéder à mon espace privatif...

L'appel au 555 est payant...
Il faut faire #123# à la place.

Merci Orange.
Qui a volé a volé a volé l'Oraaaannnge du marchand?

01 juillet 2007

Semper Fidelis

- Voici mon ordinateur. Il y en a bien d'autres comme lui, mais celui-ci c'est le mien.
- Mon ordinateur est mon meilleur ami. Il est ma vie. Je dois en être le maître comme je le suis de ma propre vie.
- Mon ordinateur, sans moi, ne sert à rien. Et sans lui, moi non plus je ne sers à rien. Je dois bien programmer, mieux que le virus qui cherche à me tuer. Il faut que je le tue avant que lui ne me tue. Et c'est ce que je ferai.
- Mon ordinateur et moi-même nous savons que ce qui compte dans cette guerre, ce ne sont pas les coups que nous tirons, ni le bruit de nos rafales ni la fumée que nous dégageons. Nous savons que ce qui compte ce sont les coups au but... LUI ET MOI, ON FERA MOUCHE...
- Mon ordinateur est humain, tout comme moi, puisqu'il est ma vie même. C'est pour ça que je veux apprendre à le connaître comme un frère. Je connaîtrai ses faiblesses, sa puissance, ses pièces, ses accessoires, son système de pointage et son clavier. Je le garderai toujours propre et prêt à servir comme moi-même je suis propre et prêt à servir. Nous ne ferons plus qu'un. C'EST COMME ÇA QU'ON FERA...
- Devant Turing, j'affirme ce serment. Mon ordinateur et moi nous sommes là pour défendre nos valeurs. Nous sommes maîtres de l'ennemi. NOUS SOMMES LES GARANTS DE MON EXISTENCE.
- Ainsi soit-il jusqu'à ce que Linux remporte la victoire, et qu'il n'y ait plus d'ennemi mais seulement la paix !

C'est fou comme le remplacement d'un mot ou deux par ci par là peut changer l'âme d'un texte...