30 août 2007

De la spéléo sur Mars bis

Je suis un adepte de la spéléologie (et en plus je suis artificier pour le spéléo-secours).

Je rêve d'aller sur Mars.

Pour faire suite à ce billet, j'apprends aujourd'hui sur planetary.org que la tâche sombre découverte sur Mars est bien un gouffre de belle catégorie.

Pour les anglophobes, il suffit de regarder la deuxième image ICI.

Arrrg.

Enfants de la connaissance

Un très court billet pour saluer les visiteurs en provenance du blog "Journal d'un Avocat" qui m'a fait l'honneur de me référencer dans sa blogroll.

Bonjour à vous tous, en espérant que la lecture de ce modeste blog vous procurera satisfaction.

Le rapport avec le titre de ce billet?
Et bien, il semblerait qu'Eolas soit un prénom irlandais dont la signification se trouve ICI.

Mais c'est peut-être simplement un Korrigan à l'air sérieux, mais d'un grand cœur...

En tout cas, merci à lui.

28 août 2007

Conditions Générales d'Utilisation

Je ne suis pas juriste.
J'ai découvert que ce domaine pouvait être passionnant quand j'ai rencontré ma fem lorsque j'ai commencé mes expertises judiciaires.
Il m'arrive donc de plus en plus souvent de me pencher sur des textes juridiques pour en comprendre les tenants et les aboutissants.
J'aime bien.

Je suis informaticien.
C'est un domaine passionnant dans lequel je baigne depuis tout petit.
Il m'arrive très souvent d'installer des logiciels et de créer des comptes sur internet pour accéder à des services.

Conclusion: je lis maintenant avec attention le contenu des licences logicielles et des conditions générales d'utilisation des services. Vous savez, ces textes qu'il faut lire en entier et que [presque] personne ne lit juste avant de pouvoir accéder au service/logiciel.

Et pourtant vous avez dit que vous avez lu les conditions...
Si, si, vous avez cliqué sur OK après avoir coché une case jurant sur vos enfants, parents et amis que vous les avez bien lu, et que vous vous engagez à les respecter "les présentes conditions d'utilisation modifiables à tout moment".

Et bien vous devriez les lire pour savoir ce à quoi vous vous êtes engagé. Parfois, d'autres le font pour vous:

Un petit exemple, les Conditions Générales d'Utilisation d'AOL (extrait, les gras sont de moi):
Si vous diffusez un contenu [NDZ: sur les sites Internet qui sont proposés par AOL France], vous garantissez automatiquement être titulaire des droits sur ce contenu ou être autorisé à le diffuser. Par l’effet des présentes, vous accordez expressément à AOL et aux Sociétés AOL pour le monde entier, une licence et un droit gratuits, irrévocables, cessibles, transférables et non exclusifs d’accéder, d’utiliser, reproduire, représenter, diffuser, distribuer, publier, éditer, modifier, adapter, traduire, corriger, numériser, intégrer, transcrire, créer des œuvres dérivées, et/ou inclure le contenu (tout ou partie) dans d’autres oeuvres sous quelque forme, moyen de communication ou technologie que ce soit, pendant la durée des droits dont vous êtes titulaire sur ce contenu, cette durée ne pouvant en toute hypothèse être inférieure à la durée de la mise en ligne du contenu ; en outre, vous garantissez disposer des droits nécessaires à l’octroi à AOL et aux Sociétés AOL de ces droit et licence.

Autre exemple, Microsoft FrontPage 2003 (extrait):
Vous n’êtes pas autorisé à utiliser les Composants Web en rapport avec tout site qui dénigre Microsoft, MSN, MSNBC, Expedia ou leurs produits ou services [...]
Sources: Adullact


Un dernier pour la route, CGU de l'Option Anti-virus Firewall PC 1 poste d'Orange (extrait, les gras sont de moi):
Le Logiciel n’a pas d’effet sur les éventuels virus ayant infecté le système du Client avant son installation. Si un virus est déjà présent sur le micro-ordinateur du Client avant l’installation du Logiciel, il est possible que notamment:
- le Logiciel ne détecte pas et/ou n’élimine pas ce virus, ce qui laissera perdurer les dysfonctionnements réels ou potentiels liés au virus;
- et/ou l’installation du Logiciel ne soit pas possible;
- et/ou le Logiciel ne fonctionne pas correctement.
Etonnant, non ? (™ Desproges)

(edit du 05/09/2007) Bruno Kerouanton m'indique en commentaire un lien très intéressant: www.eulahallofshame.com. Mdr comme disent les jeunes...

27 août 2007

Cent pour cent

L'un des avantages de travailler dans une école d'ingénieurs est de rester au contact avec les domaines d'études auxquels j'ai été confronté dans mes propres études, il y a de nombreuses années.

J'agace parfois mes amis quand je leur rappelle quelques uns des mots qui firent les beaux jours de leur jeunesse ou les cauchemars de certaines de leurs nuits: wronskien, Points d'Young-Weierstrass, approximation de l'inverse du hessien, etc. qui sont pourtant très loin de mes préoccupations professionnelles quotidiennes.

Je m'amuse pourtant à leur poser quelques unes des questions simples que j'utilise lors des oraux des concours de recrutement auxquels je participe:
-1- Quelle est l'inclinaison (en degrés) d'une pente de 100%?
-2- Quelle est la température d'évaporation de l'eau?
-3- Pouvez-vous m'expliquer comment une flaque d'eau sur le sol s'évapore?
-4- Pourquoi les nuages restent-t-il en l'air?
-5- Pourquoi un fouet claque-t-il dans l'air?
-6- une bille tourne sans frottement dans un tuyau d'arrosage lové par terre. Quelle est la forme de la trajectoire de la bille à la sortie du tuyau?

J'attends du candidat des réponses claires, ou des demandes de précisions lorsque la question n'est pas complète. Je suis souvent déçu. Il vaut mieux parfois dire "je ne sais pas".

Vous trouverez quelques questions (et leurs réponses) de cet acabit sur ce site.

Vous verrez, c'est assez amusant (enfin, je trouve).

24 août 2007

Transport de route

Après une anecdote d'expertise, une petite anecdote personnelle sans rapport avec l'informatique.

Dans ma jeunesse, comme beaucoup, j'ai participé à des échanges culturels avec les pays voisins. Mes parents avaient un faible pour l'Angleterre, pensant ainsi booster mes résultats linguistiques (ce qui n'est pas complètement faux, mais pas complètement vrai non plus).

Une fois, après quelques jours passés dans une famille d'accueil située en pleine nature anglaise, j'eus l'idée saugrenue de demander s'il m'était possible de faire une petite promenade solitaire en vélo. Je souhaitais tester par moi-même l'étrange sensation que l'on ressent quand on roule du mauvais côté de la route.

Après moultes conseils de la maîtresse de maison (inconsciente), me voici donc à vélo errant dans le bocage de la belle Albion. C'était un bel après-midi, un peu frais, et une légère brume planait sur la verdure. La route faisait des tours et détours dans les petites collines, et on ne voyait pas bien loin devant soit à cause des pentes, des virages et de l'étroitesse de la route entourée de haies.

Soudain le bruit des oiseaux est couvert par un vacarme métallique.
Un grondement sourd accompagné de cliquetis monte crescendo.
Mon inquiétude grandit lorsque je ressens des vibrations dans le sol.

Je descends de vélo.
Plusieurs minutes s'écoulent pendant que le bruit augmente encore.

C'est alors que j'aperçois, sur cette petite route anglaise, venant dans ma direction, un char d'assaut!

Spectacle improbable que ce petit de France tenant son vélo à la main sur le bas côté et se faisant dépasser dans ce cadre féérique digne du Roi Arthur par un monstre d'acier meurtrier anachronique à la peine pour rester sur la chaussée.

Je me souviens avoir gardé la bouche ouverte pendant plusieurs minutes.

Il a bien fallu que je me reprenne et retrouve le chemin du retour.
Tout excité par cette rencontre incroyable, je décidais d'en parler à ma famille d'accueil. Comme je ne savais pas dire "char" en anglais, j'ai utilisé la paraphrase suivante: "un véhicule qui transporte sa propre route".

Personne ne m'a compris avant que je ne trouve une photo dans un livre sur la seconde guerre mondiale.

23 août 2007

On peut pleurer en lisant un blog

Peut-être est-ce parce que je suis papa de trois enfants, peut-être est-ce la fatigue de fin de journée, toujours est-il que vous êtes prévenu: la lecture de ce billet va vous faire mal: http://www.nichevo.org/article-6805111.html
A lire quand même.
Vérifiez vos halogènes et ne laissez pas vos enfants seuls.

[Edit du 18/01/2011] Le blog n'existe plus, je remplace le lien vers web.archive.org et recopie ci-dessous le texte du billet pour un temps d'accès plus rapide: texte de Nichevo
Sur appel SP , incendie au rez de chaussée d’un immeuble ; locataire absent.
J’ai juste eu le temps d’entendre le message à la radio que mon téléphone se met à sonner ; je devine le standardiste qui cherche l’Officier de Police de permanence pour le traditionnel « avis OPJ », indispensable dans le protocole judiciaire.
Je prends mes affaires ; une collègue, mère de famille, m’accompagne. Nous nous dirigeons vers le sinistre.
Les pompiers ont déplacé force matériel ; deux véhicules et la grande Échelle ; pour une intervention au rez de chaussée, on aurait pu éviter. Le capitaine des pompiers est présent, il m’indique que le feu est parti du salon ; les fumées toxiques se sont répandues dans l’ensemble de l’appartement puis dans la cage d’escalier de l’immeuble.
Une trace noire est visible au dessus des fenêtres de cet appartement. Le feu est sur le point d'être maitrisé .Impossible de pénétrer à l’intérieur ; Il y a encore trop de fumée et la chaleur est trop intense.
Les voisins ne savent pas ; nous avons juste un nom de locataire. ; une famille turque ; Je connais ce nom.; de gros ventilateurs brassent la fumée. Il faut l’évacuer, c’est elle qui tue et non les flammes. Ce nom me dit vraiment quelque chose.
Il faudra attendre une demie heure avant de pouvoir accéder dans les lieux..
Les pompiers fouillent les trois chambres, le salon ; tout est noirci ; les murs irradient une chaleur insupportable ; le sol n’est qu’une flaque d’eau noire; il faut faire attention aux tuyaux; il n'y a plus de lumière, ; le faisceau de la ma lampe éclaire les murs dégoulinants ; je me sens un peu comme Job dans le ventre de la baleine ; on dirait que l'appartement est un organisme vivant; je franchis le couloir principal et j’arrive dans une chambre d’adulte ; elle est là , sous la couette, allongée sur le dos, dans son petit pyjama ;
Ses bras sont lancés en avant ; ses doigts ont cherché à attraper un dernier souffle d’air frais ; elle s’est cachée sous la couette pour échapper à la fumée. Une petite fille de deux ans environ; La seule occupante des lieux.
Le sergent des pompiers est un grand gaillard avec une moustache blonde et des yeux bleus ; il a le visage noir de fumée ; ses yeux sont humides ; il s’excuse et quitte les lieux ; c’est un père de famille.
Ma collègue tente de rester mais son petit dernier a le même age que cette petite poupée grise, pétrifiée à jamais sur ce lit Elle quitte la pièce en pleurant.
Je vais donc rester avec cette petite chose morte ; les fenêtres sont ouvertes et l’on entend un cri ; le cri d’un père qui vient d’arriver et qui devine que tout va mal.
Ce cri me permet de reprendre pied et je commence mes constatations ; la salle de commandement me demande force détail sur l’age, et l’identité de la petite victime ; je n’en ai encore aucune idée. L’équipage des collègues en tenue va prendre ces renseignements Je demande l’intervention du médecin légiste et je fais un tour de l’appartement ; le feu a pris dans le salon ; les murs sont nettement plus chauds à cet endroit et les matières sont carbonisées, tout particulièrement à proximité d’un pied métallique, un lampadaire halogène qui a du tomber ; la chaleur a du enflammer un tissu ou du papier à proximité, je demande aussi l’intervention du laboratoire central pour effectuer des prélèvements ; l’image de la petite fille est imprimée dans ma tête ; il va falloir retourner dans la chambre car le médecin légiste est déjà là.
C’est une petite bonne femme en blouse blanche avec un accent espagnol et une longue chevelure brune; elle a déjà derrière elle une longue carrière à l’étranger; les cadavres ne lui font pas peur.
Elle examine à présent l’enfant ; cette petite fille est agée approximativement de deux ans ; elle n’a aucun lien, aucune entrave, aucune autre blessure apparente . La mort est due à une asphyxie. Rapide et pratiquement indolore.
Le légiste retourne alors ce petit cadavre sans aucune retenue . Elle scrute méthodiquement les parties génitales de l’enfant. ; il faut vérifier si cette petite fille n’a pas été violée.
Les deux pompiers qui étaient encore avec nous sortent sous des prétextes divers.
Il n’y a plus que moi, le médecin légiste et la petite victime dans cette chambre.
Un prélèvement est effectué et puis on recouvre la petite avec cette couette , son linceul de fortune.
J’ai juste le temps de voir une moitié de nounours sous le lit. Je regarde cette peluche, blanche à l’origine. Elle est grise maintenant . Un cadre photo apparaît sur une table de nuit ; j’enlève un peu la suie et et la petite est là , souriante dans sa robe à fleurs, derrière un fond bleu. ; les larmes me montent aux yeux.
Il faut que je sorte.
Je suis sur le seuil de l’immeuble. Ma collègue est allé soutenir un vieux chêne, une main posée sur son écorce; c'est un des rares chênes qui a survécu à cet urbanisation. Les pompiers boivent silencieusement un pack d’eau. Le laboratoire de police arrive avec l'ingénieur qui procède aux prélèvements.
Un autre cri. Le père m’a vu et il sait qui je suis ; Je l’avais déjà eu dans une petite affaire de fermeture tardive de son restaurant. C’est donc lui.
Il mesure un mètre quatre vingt quinze et pèse au moins cent vingt kilos. Il vient vers moi et me tombe dans les bras en pleurant.
Le commissaire de permanence vient d’arriver ; il constate la scène et attendra son tour avant de me demander un compte rendu pour les autorités.
Le père ne veut plus me lâcher ; je suis à la fois un visage connu, un membre de la famille, une autorité qui lui dira ce qui s’est passé, Je le prends à part et je lui explique les faits ; l’incendie, la fumée ; le fait que la petite n’a pas souffert. Je n’en sais foutre rien en fait.. Je demande pourquoi la petite était seule à la maison.
Il ne sait pas. Sa femme aurait du être là. . Je lui demande de ne rien faire contre sa femme tant que nous ne lui avons pas parlé.
Nous la voyons alors arriver avec ses cabas remplis à raz bord ; elle lâche tout en nous voyant. Il n’y a pas besoin de parler. Elle sait tout en deux secondes. Nous sommes en pleine tragédie. Les voisins parlent à voix basse. Un enfant vient de mourir. Chacun reprend son môme ; Ils ne traîneront pas dans la cité ce soir..
Il faut aller au service pour prendre les dépositions des uns et des autres. Le père ne pourra pas s’y rendre ; il fait maintenant une crise de nerfs et il est pris en charge par les pompiers.
Sa femme est prise en charge par des amis de la communauté turque.
J’ai peur pour elle et je demande à un membre de la famille que rien ne lui arrive sinon nous pourrions nous intéresser de plus prêt à leurs affaires.
Le message est passé ; le travail , c’est sacré dans cette communauté. Il n’arrivera rien à cette femme mais son mari ne lui pardonnera jamais.
Je n’ai pas assisté à l’autopsie de ce petit corps ; Un autre collègue y est allé. Un père de famille lui aussi qui n’a pas dit un mot à son retour.
C’était une petite poupée, une petite fille adorable. Un petit fantôme qui m’accompagne encore aujourd’hui avec son sourire et sa petite robe fleurie.

Le sens caché des choses

Il est 16h et j'attends avec impatience l'arrivée des OPJ qui doivent m'apporter mon premier scellé. Ah, ça y est, ils arrivent! Deux policiers descendent de leur voiture et viennent sonner à la porte. Les voisins soulèvent leurs voilages. J'ai déjà ouvert la porte et je discute avec les deux officiers. Ils me confirment ma mission principale: la recherche d'images pédopornographiques. Ils me remettent un PC dans un grand sac noir qui ressemble à un sac poubelle sauf que celui-ci est cacheté (c'est en fait bien un sac poubelle). Je serre la main des policiers, autant par politesse que pour les voisins...

Me voici dans mon bureau. J'ouvre le scellé. Je démonte le PC et en extrait le disque dur. Je tremble un peu. C'est ma première analyse.

Je n'ai pas encore de bloqueur de lecture, mais par chance, ce modèle de disque dur possède un cavalier permettant d'empêcher l'écriture (et donc de modifier le contenu du disque dur). Je procède à la prise d'empreinte numérique, replace le disque d'origine dans le scellé et place sa copie dans mon ordinateur de travail. L'analyse peut commencer.

Je ne dispose pas (encore) de logiciel spécialisé dans l'analyse de disque et la recherche de preuve. Je débute en informatique légale et je suis seul. Aucune aide à attendre de l'extérieur: je ne connais aucun autre expert judiciaire, ni en informatique ni dans une autre spécialité. J'ai pour seul bagage mes connaissances, des livres et internet. Il faut que j'y arrive.

J'explore le disque dur d'une façon informelle, à l'aide de l'explorateur de fichiers. Rien ne semble anormal.
J'entreprends l'exploration complète et systématique de l'arborescence de fichiers. Rien. Le contenu du disque est parfaitement banal.

Je dégote sur internet un programme de récupération des fichiers effacés. Je le teste sur mon poste avant de l'employer sur le disque cible. Bingo, sur le disque cible se trouvent un petit millier de fichiers effacés dont plusieurs images à caractère pornographiques.

Je continue la recherche en dressant la liste de tous les programmes installés. Certains me sont inconnus. Internet n'étant accessible qu'au travail (nous sommes à la fin du 20e siècle, à une période où le web n'existe pas encore, internet est en mode texte et est réservé aux seuls chercheurs), j'emmène cette liste au travail et en discute avec mon équipe technique. Après identification de la plupart des programmes, il en reste deux qui sont inconnus au bataillon.

Après une rapide recherche de deux heures sur les sites gopher, je découvre qu'il s'agit de deux programmes de stéganographie.

Le mot même me fait peur, nous sommes en pleine période Jurassic Park.

Je me rappelle alors que lors de mon analyse informelle préalable, j'avais aperçu de nombreuses images haute définition (pour l'époque) de type "fond d'écran pour station de travail" (certains se rappelleront d'une image de guépard à couper le souffle).

Il se trouve que j'avais dans ma propre collection de fonds d'écran certaines des images en question. Je procède alors à une comparaison des tailles de fichiers, puis des contenus binaires. Bingo.

Le logiciel demandait un mot de passe pour chaque image. L'imagination humaine étant ce qu'elle est, je tentais tous les mots de passe "habituels". Niet. J'essaye alors une adaptation du logiciel "crack", père des logiciels de cassage moderne. Et là, quelques heures plus tard, LE mot de passe.

Sésame ouvre toi, et toutes les images "fond d'écran" se sont avérées être réceptacles d'images cachées par stéganographie. D'images abominables bien entendu... C'est une des raisons du fond noir de ce blog.

J'ai appris beaucoup de choses sur la technique ce jour là, mais aussi beaucoup sur l'espèce humaine. Et à plusieurs niveaux, sur le sens caché des choses.

22 août 2007

Musique légale gratuite en ligne

Je voudrais saluer l'ouverture d'un site français de musique légale gratuite en ligne: deezer.com

Il ne s'agit pas de téléchargement, mais d'écoute en ligne à partir d'un simple navigateur. Le catalogue est bluffant car on y trouve un nombre incroyable de morceaux de musique (200 000 d'après le créateur du site).

Le système est agréé par la SACEM et est financé par la publicité.

Bon, personnellement je ne risque pas de rapporter beaucoup en clic publicitaire grâce à l'extension Firefox "adblock plus" qui a transformé ma navigation (et ma vie!). Je tiens pour ma défense à dire que j'avais déjà développé une cécité naturelle aux publicités quand je naviguais sous IE. Une évolution darwinienne sans doute.

Pour me faire pardonner, je continuerai à aller acheter quelques cédéroms pour mes compilations de voiture.

Bonnes vibes.

PS: interview du créateur.

21 août 2007

De l'utilisation des commentaires dans un document informatique

Trouvé sur le blog de precisement.org un exemple de commentaire de président de chambre sur le travail des avocats:
http://www.precisement.org/blog/breve.php3?id_breve=338

Personnellement, je me suis déjà beaucoup amusé à la lecture de commentaires trouvés dans un document word ayant été distribué via une liste de diffusion...

Parfois, l'historique des modifications d'un tel document est également très instructive.

Attention donc.

Le principe de l'échange de Locard

Edmond Locard est le médecin français créateur du premier laboratoire de police scientifique à Lyon en 1910. Son ambition était de substituer la preuve matérielle au seul témoignage humain par l'analyse systématique des traces laissées par le coupable.

Parmi ses innombrables travaux, le principe dit "d'échange de Locard" reste le plus célèbre:
on ne peut aller et revenir d'un endroit, entrer et sortir d'une pièce sans apporter et déposer quelque chose de soi, sans emporter et prendre quelque chose qui se trouvait auparavant dans l'endroit ou la pièce.
Je pense que ce principe s'applique également lors de la recherche de preuves informatiques. Pour paraphraser Locard,
on ne peut chiffrer ou déchiffrer une donnée, l'inscrire ou la supprimer d'une mémoire sans apporter et déposer une trace sur l'ordinateur, sans modifier et prendre quelque chose qui s'y trouvait auparavant.
C'est la base même de l'informatique légale (forensic) pratiquée par un expert judiciaire.

Et bien entendu, comme toujours, se déroule une course permanente entre gendarmes et voleurs pour savoir qui disposera des meilleurs outils techniques. Lire pour cela le très instructif site forensicwiki.org et en particulier cette page.

Cette surenchère se faisant pour le plus grand bonheur des administrateurs informatiques qui disposent ainsi d'outils leur permettant de sécuriser leurs réseaux, ou des utilisateurs qui peuvent ainsi protéger les données des regards indiscrets ou récupérer un mot de passe perdu.

C'est de ce point de vue un débat continuel entre protection de la vie privée et accès à des données permettant de confondre un dangereux criminel.
Débat d'actualité.

19 août 2007

Portable internet

L'une de mes nièces veut entrer dans la Gendarmerie.

Non seulement, je l'encourage car j'ai toujours apprécié de travailler avec des gendarmes, mais nous nous sommes cotisés dans la famille pour lui offrir un ordinateur portable.

Et bien sur, je me suis proposé pour dénicher la perle rare: petit prix pour qualité supérieure.

Me voilà parti à la quête du Graal, cherchant sur internet les meilleures offres actuelles: google, dell, cdiscount, rueducommerce, kelkoo sont mes amis du moment. Après moultes recherches, mon choix se porte sur un dell cousu main par mes soins pour un vaillant montant de 663 euros (livraison incluse).

N'étant pas seul bailleur de cet achat, je lance la nouvelle par email à mes différents cofinanceurs. En ces périodes de vacances, je prends patience pour les réponses...

C'est donc avec l'esprit serein que je vaque à mes vitales occupations estivales: j'étais en train de pousser le caddie faire les courses dans la grande distribution du coin quand soudain je me retrouve par pur hasard dans le rayon informatique.

Regardant d'un oeil distrait les prix des différents ordinateurs, je tombe en arrêt tel un chien de chasse compagnie devant un Compaq à 499 euros... Je regarde les caractéristiques: parfait pour l'usage bureautique auquel il est destiné.

Petit prix, bonnes caractéristiques, je saisis un carton quand un vendeur m'aperçoit:
"Vous avez besoin d'aide?"

Moi: [Non, je sais mettre un carton dans mon caddie] Oui, l'antivol est enlevé à la caisse normale?

Le vendeur: "Ah non Monsieur, vous devez passer par notre hôtesse informatique. Quel sera l'usage de ce portable?"

Moi: [Mais ça te regarde pas!] C'est pour faire de la bureautique.

Le vendeur: "Si vous souhaitez utiliser Internet, j'ai un très beau modèle pour 150 euros de plus"

Moi: [Ah parce qu'un portable Celeron Wifi avec 1Go de RAM ça peut pas accéder à Internet?] Non merci, ce modèle me convient très bien.

Le vendeur: "Vous ne souhaitez pas accéder à Internet?"

Moi (glacial): Non

Je vous passe les détails suivants relatifs à la garantie trois ans indispensable et l'assurance casse quasi obligatoire. J'ai payé les 499 euros sous le regard désapprobateur du vendeur navré devant tant d'incompétence.

J'ai ouvert le carton, démarré le portable, chargé la batterie, désinstallé tous les programmes inutiles, installé OpenOffice, Ccleaner, Firefox, Thunderbird, media player classic et toutes les mises à jours de sécurité.

J'ai une machine agréable (écran 15") et légère.

Ma seule hésitation a été de retirer Vista pour y mettre Windows XP... Mais dans ce cas, j'aurai du payer une licence supplémentaire. Dès que ma nièce sera dans la gendarmerie, je lui demanderai quelle est la politique de licence pour les OS.

Avec un peu de chance, je lui installerai un petit Debian de derrière les fagots.

En tout cas, le portable fonctionne très bien sur Internet.
N'importe quoi!

14 août 2007

Menaces sur ce blog...

Quelques experts judiciaires ont à coeur de faire fermer ce blog!

En résumé, les griefs semblent être de nature déontologique. Je n'en suis pas bien sur car aucune de ces personnes n'a souhaité m'écrire directement (mon adresse email est pourtant bien en évidence à la droite de ce blog), préférant menacer de saisir la commission de déontologie du conseil national des compagnies d'experts de justice.

Pourtant, toutes ces personnes qui profèrent des insultes et des menaces par email savent qu'elles ne sont jamais à l'abri d'un phénomène à la David Hirschmann...

Drôle de conception de l'activité d'expert judiciaire.
Drôle de conception de la liberté d'expression.

Avant d'entrer dans une polémique stérile qui mettrait en avant certains archaïsmes de pensée, je tiens à rappeler quelques points.

Ce blog, comme beaucoup de weblogs, sert à narrer quelques anecdotes de ma vie privée, de ma vie professionnelle et de mon activité d'expert judiciaire. Sur ce dernier point, je tiens à préciser que mes billets ont été relus par DEUX avocats parfaitement compétents. Ceux-ci n'ont rien trouvé à redire, ni du point de vue du Droit, ni de celui de la déontologie des experts judiciaires. Ce blog est également lu par plusieurs magistrats qui ne m'ont jamais fait part de leur désaprobation.

Mais ai-je besoin d'un haut patronage pour tenir ce blog?
Ce blog ne donne pas une mauvaise image du monde judiciaire, ni de l'expertise en général. Contrairement à la plupart des films policiers où les experts sont souvent malheureusement caricaturés (Marie Besnard, série "Les Experts"...). Les avis et opinions que je donne n'engagent que moi et en aucun cas ne reflètent l'avis de l'ensemble des experts judiciaires.

Le pseudonyme derrière lequel certains me reprochent de me cacher me permet de raconter des situations imaginaires basées sur mon expérience d'expert judiciaire. Les sociétés citées dans ces deux billets, ICI et LA, sont purement imaginaires, mais sont le fruit de mon expérience passée. Que se passerait-il si j'écrivais cette histoire sous mon vrai nom d'expert judiciaire? Toutes les entreprises auxquelles j'ai eu à faire dans mes dossiers d'expertise pourraient se croire visées ou caricaturées. Le secret professionnel auquel je suis astreint serait mis à mal.

Je vais vous dire ce qu'il se passerait: je serais obligé alors de modifier ce blog pour n'en garder que les anecdotes professionnelles ou privées, beaucoup plus politiquement correctes dans la mesure où elles n'intéressent que mon cercle familial et mes amis. Comme disait Monsieur Desproges: "j'ai un petit talent d'imitateur. Enfin, je n'imite que les gens de ma famille, et quand on ne connaît pas les gens de ma famille, c'est pas tellement drôle."

Qu'est-ce qui fait que ce blog peut autant gêner quelques personnes?
Franchement, je n'en sais rien. Nous sommes désignés par les magistrats pour les éclairer sur certains aspects techniques de leur dossier. Pour nous désigner, les magistrats peuvent choisir notre nom sur une liste. Il y a une liste par Cour d'Appel et pour avoir l'honneur d'y figurer, il faut déposer un dossier qui sera étudié par la Cour d'Appel. Je décris cette procédure ici dans l'un des billets les plus lus de ce blog.

Il est assez difficile d'être expert judiciaire. Non pas "de le devenir", car nul ne sait vraiment les critères retenus pas la Cour d'Appel lors de son choix, mais d'exercer cette activité. Pourquoi? Parce que, outre la bonne maîtrise de son domaine technique, il faut connaître le Droit (une petite partie au moins), et il faut "une certaine expérience" professionnelle. C'est pourquoi il y a très peu d'experts judiciaires de moins de 40 ans.

C'est un honneur d'être expert judiciaire. Oui, il y a une certaine fierté à ce qu'une assemblée de magistrats considère que vous êtes dignes d'aider la justice. C'est un honneur, mais cela ne fait pas de moi un être d'exception. Je reste un simple citoyen dont le nom apparaît sur une liste. Je n'en tire pas gloire et fortune. Je suis fier d'aider les magistrats à mieux appréhender les aspects techniques de leurs dossiers. J'essaye de faire des rapports clairs, bien segmentés, sans les noyer sous une tonne de "technique-pour-montrer-comme-c'est-bien-difficile".

Que se passerait-il si la commission de déontologie du conseil national des experts de justice est saisie et rend une décision d'un autre âge en demandant la fermeture de ce blog? Rien: le blog resterait ouvert.

Que se passerait-il si on lève mon anonymat? Je retirerais les billets de la catégorie "Anecdotes d'expertise" et continuerais mon blog pour mes amis. Les livres issus de ce blog seraient révisés pour rester fidèle au contenu du blog.

Que se passerait-il si je suis radié de ma compagnie d'experts judiciaires? Rien: je souscrirais une assurance individuelle (beaucoup plus chère) et continuerais à être expert judiciaire. Ma liberté de parole en serait accrue car je ne serais plus alors lié aux règles déontologiques des experts judiciaires (qui ne s'appliquent que lorsque l'on est adhérent à une compagnie).

Que se passerait-il si je suis radié de la liste de ma Cour d'Appel ou n'y suis pas réinscrit à la fin de ma période quinquennale? Rien: j'arrêterais mes activités d'expert judiciaire et ne pourrais plus aider les magistrats dans leur dossier, car telle serait leur décision. Je ne me ridiculiserais pas comme certains experts avec un recours. Le blog s'intitulerait "blog d'un informaticien ancien expert judiciaire". J'ai tellement de projets pour lesquels le temps me manque. Ecrire un livre sur le monde de l'expertise judiciaire par exemple.

Pour finir, je voudrais rassurer mes fidèles lecteurs: aucune menace ne m'a été adressée directement pour l'instant. Il ne s'agit que de bruits de couloirs. En attendant, ce blog restera fidèle à lui même: liberté de parole et de ton, et fidélité à ses trente six commandements.

Asinus asinorum in sæcula sæculorum
L'âne des ânes dans les siècles des siècles

PS: le proverbe final ne s'adresse qu'à moi. Qu'aucun n'en prenne ombrage.

08 août 2007

La part des anges

Quand un vin est mis en fût pour vieillir, son degré alcoolique diminue progressivement par évaporation de l'alcool. Le volume du vin diminue et la partie disparue s'appelle "la part des Anges".

En informatique, il a du vous arriver de commencer à taper un texte sur le clavier, et pour une raison qui vous échappe une fenêtre d'avertissement apparait, ou une bulle d'aide vient vous prévenir que votre bureau contient des icones inutilisées et qu'il faudrait faire un peu de ménage, ou tout simplement votre curseur ne s'est pas positionné où il fallait... Bref, vous êtes le nez sur le clavier en train de taper avec vos quatre doigts depuis une minute quand vous relevez le nez et accommodez vos yeux sur l'écran pour vous rendre compte que rien de ce que vous avez tapé n'apparait nulle part.

Pourtant, le clavier de l'ordinateur a nécessairement réagi à la frappe de chaque touche! Où est donc passé tout le texte saisi?

C'est la part des anges en informatique.

Vous penserez à moi la prochaine fois que cela vous arrivera.
Bienvenu au club.