16 février 2009

Internet

Je suis plongé dans mes pensées. Personne n'interfère. Le silence règne autour de moi et je pense. Finalement, on est toujours seul avec ses pensées. On peut essayer de les exprimer, de mettre des mots dessus, des concepts, pour les partager. Mais si on ne dit rien, nos pensées, nos opinions ne regardent que nous.

Parfois le besoin de vivre avec ses semblables se fait pressant. Dans ce cas, le premier cercle est celui de la tribu. On joue, on parle, on échange avec ses enfants, on partage avec sa femme. On avance ensemble, côte à côte.

Puis vient le cercle de la famille. Les liens du sang. L'amour peut aussi y régner. La distance aussi parfois. La durée toujours.

Bien sur, il y a les amis. Proches, fidèles ou de circonstance. Confidents des difficultés ou attirés par les trop pleins de bonheur affichés. Certains ont parfois accès au plus profond de vos pensées. Si vous les exprimez.

Puis les voisins, les collègues, les connaissances. Ceux que vous croisez régulièrement et qui connaissent votre nom, ceux qui vous disent bonjour. On échange des banalités pour occuper le vide des conversations. Parfois plus, des potins, des éléments de vie qui nous lient parce que l'on vit au même endroit, ou parce que l'on travaille dans la même entreprise. Les conversations peuvent parfois être riches parce que l'on va échanger sur une passion commune.

Il y a les gens. Ceux que vous croisez par hasard. Dans la rue, dans le train, à la télévision, au café. Vous captez parfois une bribe de leur opinion.

Vous entrevoyez
leurs préoccupations,
leurs occupations,
leurs passions,
leurs Sions...
Les personnes en nombre indéterminé, le peuple, les gentis.
La cité, la nation et leurs règles.

Et au dessus, il y a le monde. Le jus gentium. Les milliards de pensées inconnues. Le vertige de la multitude.

Vous êtes seuls avec vos pensées. La folie vous guette à long terme. Sauf si:
- vous êtes entourés par le premier cercle
- vous discutez avec votre famille, vos amis
- vous échangez avec vos voisins, vos connaissances
- vous regardez les gens ou... vous surfez sur internet.

Seul dans un bureau, seul dans votre tête, vous écrivez vos pensées, vous décrivez des sensations à travers une petite lucarne sur le monde. Avec l'impression d'être en sécurité chez soi. Avec l'impression d'être libre.

Et puis, vous tombez sur ça... (faire code source de la page).

Mon moral baisse...
J'arrive à Houghton.

5 commentaires:

  1. Belle prose, billet emprunt de poésie et prêtant à réflexion. Merci Zythom pour la rédaction de tels billets.

    Quant à la mystérieuse page, j'avoue ma décontenance.
    Bonne semaine à vous.

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  2. Est-ce le gros homme ou le petit garçon ?

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  3. Je n'ai rien compris à ce site... Le code source de la page d'accueil évoque des plans de vaisseau spatial, mais après... ?

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  4. Bonsoir

    Pour répondre a dwan , je pense que c'est les 2. avec une description schematique de la réaction juste apres. Pour moi l'inconnu reste les 2 derniers dessins. Je n'ai pas trouvé ce que c'etait (mais j'ai pas beaucoup cherché).

    Sinon ce qui est un grand mistère c'est l'ensemble des pages auquelles on accede en cliquant sur le lien.

    Certaines pages remplies de chiffre me font penser a un texte codé, mais je n'ai pas le courrage de m'y attaquer ce soir.

    En même temps, c'est un site d'artiste connu http://en.wikipedia.org/wiki/Jodi

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  5. D'après le wikipédia anglophone (avec toutes les cautions que ça comporte donc), les dessins ASCII du code source sont des plans de bombes.

    Pour compléter votre pensée, Zythom, je pense que ce n'est pas vraiment nouveau. Internet a ouvert une porte, c'est vrai, mais l'écriture pouvait remplacer. Quand on voit des gens comme Lovecraft, je pense que lui a soit pris le parti de la misanthropie, soit sombré dans la folie. Et peut-être même les deux.

    Le canevas global de votre réflexion m'est déjà venu à l'esprit, sans que je tente d'y mettre de l'ordre, mais on dirait que vous l'avez fait pour moi.

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Lectrice, admiratrice, avocate, magistrate, programmeuse, dessinatrice, chère consœur, femmes de tous les pays, lecteur, j'ai toute confiance en vous pour prendre bien soin de vérifier que votre prose est compatible avec les normes orthographiques et grammaticales en vigueur. Et si vous pouviez éviter les propos insultants ou haineux, je vous en serais reconnaissant.
N'hésitez pas à respecter ces quelques règles qui peuvent même s'appliquer en dehors de ce blog.

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