19 août 2009

Pandémie

Etre responsable informatique ET technique dans une école d'ingénieurs n'est pas une sinécure. Surtout quand les médias nous alertent sur la pandémie de grippe A/H1N1.

Mais quand je m'inquiète en tant que simple citoyen, ou comme papa de trois enfants, je suis encore plus inquiet en tant que "responsable technique".

J'ai donc organisé une veille sur le sujet et commence à savoir ce que je vais devoir faire à la rentrée: prévenir les étudiants que je remplace les serviettes tissus des toilettes par des serviettes jetables en papier, les avertir de ne plus s'embrasser et qu'il faut dorénavant éternuer dans son coude, et bien d'autres choses...

Puis, j'ai établi un plan de continuité de l'activité pédagogique de l'établissement.

J'ai même organisé une réunion avec le CHSCT pour les sensibiliser au sujet, et les préparer à des décisions d'exception, comme par exemple la fermeture de l'établissement aux étudiants...

Voici un petit vademecum des questions les plus fréquemment posées par les établissements (extraits):

Qui décide de la fermeture des établissements?
Le ministre chargé de la santé et les préfets sont compétents pour décider la fermeture et la réouverture des établissements d'enseignement supérieur.

Y-a-t-il présence effective des personnels durant la phase pandémique?
Les fonctions indispensables à la continuité du service doivent être répertoriées au sein du plan de continuité de l'établissement. Le directeur doit disposer d'une liste des fonctions et activités qui devront être maintenues en période pandémique, même en cas de fermeture de l'établissement.

Les établissements d'enseignement sont-ils réquisitionnables?
L ’article L. 3131-8 du code de la santé publique prévoit que «si l’afflux de patients ou de victimes ou la situation sanitaire le justifient, le représentant de l’État dans le département peut procéder aux réquisitions nécessaires de tous biens et services, […]».
Il est donc possible d’envisager la réquisition, par le préfet, d’établissements d’enseignement supérieur.

Concernant les étudiants partant à l'étranger:
L’école devra s’assurer que l’étudiant a fait le nécessaire en lui demandant de fournir une attestation d’assurance complémentaire avant son départ couvrant les risques responsabilité civile, accidents vie privée et rapatriement.

Qu’entend-on par continuité pédagogique?
Il convient de maintenir au minimum une possibilité de contact avec les équipes pédagogiques et les étudiants pour leur permettre de réaliser des travaux personnels. Ce contact sera mis en œuvre à travers les modalités d’enseignement à distance. Il est donc impératif de recenser les ressources pédagogiques disponibles notamment en ligne et d’informer largement les étudiants et tous les personnels sur les modalités d’accès à distance. Il s’agit de veiller à ce que tous aient bien actionné leurs droits d’accès aux adresses électroniques mis à disposition par l’établissement afin de s’assurer d’une capacité de communication collective optimale et fiabilisée.

Quelles précautions convient-il de respecter avant la diffusion des cours en ligne?
Il convient de prendre en compte à la fois le caractère dérogatoire de la législation relative au droit d’auteur des enseignants-chercheurs découlant de l’indépendance que leur reconnait l’article L. 952 2 du code de l’éducation et leurs obligations de service statutairement définies. A cet égard, l’article 7 du décret du 6 juin 1984 (dans sa version qui entrera en vigueur le 1er septembre 2009) précise que les obligations d’enseignement des enseignants-chercheurs comprennent l’enseignement à distance. Toutefois la diffusion, sans l’autorisation de leur auteur, des cours des enseignants-chercheurs, par le biais des espaces numériques de travail (ENT), pourrait constituer une contrefaçon, sauf à avoir été prévue par le tableau de service individuel visé à l’article 7 du décret du 6 juin 1984. Afin d’éviter un tel risque, il pourrait être envisagé, soit de demander l’autorisation aux enseignants pour une telle diffusion, soit de la prévoir dans le tableau de service individuel. Un rappel sur l’interdiction de copier tout ou partie des cours mis en ligne, à moins d’y être autorisé par l’enseignant auteur et de respecter le droit au nom, pourrait utilement être effectué en direction des étudiants si des cours en ligne étaient dispensés.

Il est amusant que le point des droits d'auteur apparaisse dans un document consacré à une pandémie où l'on craint une forte mortalité.

En résumé: en cas de pandémie, je serai d'astreinte sur mon lieu de travail pour faire fonctionner les serveurs, les accès internet et filmer les professeurs qui feront cours seuls dans les amphis.

Comme d'habitude...


Bibliographie partielle:
www.pandemie-grippale.gouv.fr
Le site de l'OMS (WHO en anglais)
L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé: INPES.

9 commentaires:

  1. Naaaaan, c'est pas vrai.
    Ou alors on peut juste continuer à vivre normalement, et considérer que la grippe hivernale est un peu en avance cette année...

    Parce que sérieusement, la mortalité du virus hivernal (3/1000) n'est pas beaucoup moins élevée que celle du mexicain (5/1000)...

    Il est clair que les pouvoirs publics se doivent d'ouvrir le parapluie (plutôt que de se voir reprocher un désastre caniculaire), mais on peut sans doute relativiser...

    De toute façon, et c'est pas vous qui me contredirez, l'important reste d'avoir un anti-virus à jour.

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  2. Seule vrai question essentielle:
    Allez-vous vacciner vos enfants si on vous en donne la passibilité?

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  3. @Guillaume: Avec l'accord de mon médecin traitant: oui.

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  4. les médias nous alerte !
    Qui alerte ?

    Salutations à Zythom
    Le lecture de votre blog est toujours un plaisir.

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  5. Bon bon, il faut rassurer ce petit monde. En Australie (où je vis), sur la période hivernale qui s'achève, il y a eu pour le moment un total de 121 décès sur l'ensemble du territoire. Pour le Victoria, y'a plus d'infos ici : http://humanswineflu.health.vic.gov.au/

    Globalement, c'est juste plus contaminant, mais pas necessairement plus dangereux.

    Et puis, bonne nouvelle, un vaccin est en passe d'etre commercialise d'ici quelques jours. Donc, j'imagine que tout cela va sortir en France avant la saison critique.

    Prévoir est une bonne chose Zythom, mais il ne faut pas nécessairement entrer dans le jeu des médias qui en rajoute un peu trop.

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  6. @BobCaTT: Prévoir est non seulement une bonne chose, mais c'est une obligation quand on occupe un poste de responsable (qui a des comptes à rendre, mais aussi une conscience de la confiance placé en lui).

    De plus, j'aurais l'air de quoi si je réponds au préfet qui me demande mon plan de continuité d'activité: "oh vous savez, les médias en rajoutent toujours..."

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  7. les médias nous alerte !
    Qui alerte ? les médias non ?

    Donc pluriel !

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  8. "Voici un petit vademecum des questions les plus fréquemment posées par les établissements (extraits):"

    Houlala Zythom, vous avez oublié la question la plus importante qui vous concerne tout spécialement :

    Le virus A/H1N1 peut-il infecter les réseaux informatiques et que faire dans cette situation ?

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