30 septembre 2011

Je rame

Il y a quelques temps, j'ai rencontré mon moi d'il y a 25 ans: j'ai repris un sport que j'ai pratiqué pendant mes trois années d'école d'ingénieurs, l'aviron. Cela m'a fait tout drôle de refaire des gestes que je croyais perdu dans les limbes de ma mémoire. Et il faut croire que c'est comme le vélo, cela ne s'oublie pas vraiment.

Alors je ferme les yeux, et je me retrouve dans un huit d'aviron (huit rameurs, huit rames et un barreur). Nous sommes immobiles, bateau arrêté, pelles dans l'eau, jambes pliées, prêts à donner toute notre puissance.

Autour de nous des centaines de personnes nous observent. Il s'agit d'un spectacle-exhibition. La rivière est étroite à cet endroit là, les pontons et les quais sont remplis de curieux.

Nos yeux sont fixés sur le premier rameur qui va donner la cadence. Sur le quai, l'entraineur tient un drapeau et va nous donner le signal de départ. Nous sommes là pour montrer au public la technique du départ de course en aviron.

A l'arrière du bateau une corde est attachée et disparaît dans l'eau.

Le drapeau tombe, tous ensembles nous poussons sur nos jambes avec les bras tendus. Nos fesses sont posées sur des sièges coulissants. Le premier coup de rame s'effectue à 3/4 de coulisse. Les bras tirent ensuite pour sortir les pelles de l'eau et repousser l'aviron dans l'air.

Vite les jambes se replient, les pelles plongent ensemble dans l'eau. Les deux coups de rames suivants se font à 1/2 coulisse. Deux coups rapides donc: clac, clac. Le bateau prend de la vitesse.

Le quatrième coup de rame s'effectue à 3/4 de coulisse. Tous les coups de rame suivants se font à pleine coulisse, à pleine puissance. Le bateau atteint une vitesse incroyable: en quelques secondes, nous sommes passés d'une immobilité parfaite à un bolide qui fend l'eau.

Derrière nous la corde s'est tendue, et le skieur nautique est sorti de l'eau. Nous l'avons tracté sur cent mètres sous les applaudissements du public. La puissance développée au départ d'un huit d'aviron est telle qu'elle permet de sortir un skieur nautique de l'eau (le tracter ensuite est enfantin).

Souvenir.

Je rouvre les yeux, nous sommes en septembre 2011, et j'ai des ampoules plein les mains et les pieds. L'eau bouillonne autour de moi, nous ramons en soulevant des gerbes d'eau, à peine synchronisés les uns avec les autres.

On ne devrait pas vieillir...
Mais alors comment se remplir la tête de souvenirs?
;-)

5 commentaires:

  1. Ahahah, on y a cru, très beau moment et très bien raconté. J'aurais bien aimé assister à ça !

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  2. En plus c'est encore la meilleure saisons pour retourner une yolette si on aime pas le barreur :)

    (si-si c'est carrément faisable avec un complice)

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  3. Dans un autre genre de rame, j'ai pratiqué ça http://cettarames.over-blog.com/ il y a quelques années : de la bonne barque traditionnelle, sur les canaux en ville. Après deux heures d'efforts, le réconfort : une grosse macaronade ;)

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  4. tiens ? de mon temps, le départ se faisait sur 5 coups : 3/4 1/4 1/2 1/2 3/4

    Le 1/4 supplémentaire demande *beaucoup* de travail pour être efficace : mal fait, c'est particulièrement contre productif ;-)

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  5. Je ne suis pas surpris qu'un 8 arrive à tracter un skieur nautique... ayant aussi pratiqué ce beau sport hélas peu médiatisé en dehors des JO tous les 4 ans: Je me rappelle que lors des compétitions, les cyclistes sur les chemins de halage peinaient à suivre le rythme et de virages serrés, certains bras de rivière étant peu adaptés à cette vitesse, aidés de 8 plantages de pelles afin de ne pas taper la berge!

    Par contre, la solidité structurelle me parait limite à tracter... et l'accroche de la corde, même sur le (ou les si c'est un couple) portant(s) de nage du 1er rameur, problématique!

    Enfin, a mon époque, les bateaux étaient en bois... peut-être qu'en fibre c'est devenu plus solide?!

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