07 août 2016

Les jeux olympiques d'été

J'ai toujours aimé les jeux olympiques d'été. Enfant, j'essayais de ne rater aucune compétition, enfin, aucune des compétitions retransmises à la télévision. J'ai admiré de nombreux athlètes dans des sports que je ne regardais nulle part ailleurs : haltérophilie, gymnastique, concours de saut d'obstacle, etc. Tous les sports me fascinaient et j'aimais beaucoup "l'esprit olympique", l'idée que je me faisais de la célèbre phrase de Pierre de Coubertin "l'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat ; l'essentiel n'est pas d'avoir vaincu mais de s'être bien battu".

Je me souviens bien sûr de certains grands champions et grandes championnes, en particulier Nadia Comaneci aux jeux de Montreal de 1976, Jappeloup et Pierre Durand aux jeux de Séoul en 1988, et bien d'autres qui m'ont fait rêver. Mais je me souviens surtout de certaines images d'athlètes qui sont allés au bout d'eux-mêmes.

Je me souviens surtout de deux athlètes qui m'ont fait pleurer d'émotion. La première est une marathonienne qui est arrivée 20mn après la médaille d'or. Son courage et la force de sa volonté ont fait chavirer l'ensemble des spectateurs du stade. Elle s'appelle Gabriela Andersen-Schiess et participait à la première édition du marathon féminin, lors des jeux olympiques de Los Angeles en 1984. A l'époque, les marathoniens qui entraient dans le stade devaient faire un tour complet de piste pour finir la distance. Elle était tellement fatiguée qu'il lui a fallu 5mn et 44s pour faire le tour du stade sous les acclamations et encouragements du public. Des médecins la suivaient pas à pas et ne sont pas intervenus avant la ligne d'arrivée car ils avaient remarqué qu'elle transpirait encore, et donc que sa vie n'était pas en danger.

Voici la fin de son tour de piste en vidéo (à chaque fois, j'en ai les larmes aux yeux) :




Le deuxième athlète qui m'a marqué est originaire de Guinée équatoriale. Il a représenté son pays lors des jeux olympiques d'été de Sydney de 2000, lors de la compétition de natation en 100m nage libre. Il s'agit d'Eric Moussambani. Il avait obtenu son billet pour les jeux grâce à une dérogation pour les pays en voie de développement. Huit mois auparavant, il ne savait pas nager... Il n'avait jamais encore nagé 100m d'affilé et n'avait jamais vu de piscine de 50m, son entraînement ayant eu lieu dans une piscine d'hôtel de 20m. Son maillot et ses lunettes lui seront prêtés une heure avant l'épreuve par deux athlètes compatissants (source Wikipédia).

Sa course, magnifique de courage et d'honneur, a de plus la particularité d'avoir été effectuée seule dans la piscine olympique, les deux adversaires de sa série ayant été éliminés par un faux départ.

Voici sa course (merci de couper le son, les commentateurs français de l'époque ayant fait honte à leur profession) :




Le public dans les gradins n'a pas cessé d'encourager ce nageur inexpérimenté au style peu académique. Au terme de sa course, il est sorti sous des tonnerres d'applaudissements. "Les premiers 50m n'ont pas été très difficiles, mais pendant les 50 derniers j'étais vraiment inquiet et je pensais que je n'allais pas finir la course" avait-il alors expliqué à la presse. "Quelque chose est arrivé. Je pense que c'était le public qui m'encourageait. J'étais vraiment fier. Cela restera un moment inoubliable et j'ai vraiment apprécié les applaudissements du public. J'avais l'impression d'avoir remporté la médaille d'or" (source gentside.com).

Alors, faîtes comme moi : coupez le son des commentateurs, oubliez les bilans de médailles franchouillardes, et admirez les performances des athlètes pour ce qu'elles sont : un dépassement de soi.

3 commentaires:

  1. Salute,

    Merci pour ce super article.

    Tcho !

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  2. La démonstration de la volonté.
    Un seul objectif, finir et lutter contre sa faiblesse.

    Un beau message pour l'humanité.

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  3. Bonjour Zythom et merci pour ces deux beaux moments.
    Je voudrais juste donner mon avis sur les commentateurs de l'épreuve de natation et leur trouver quelques circonstances atténuantes.

    Déjà savaient ils exactement dans quelles conditions cet athlète s'était entraîné, connaissaient t'ils tout les détails de son histoire personnelle ? Pas sûr (même si une partie de leur travail est d'en savoir le plus possible sur les participants on peut supposer que les informations sur cet athlète ne devaient pas être légion vu son origine et l’absence de structure officielle bien organisée dans son Pays. Si j'avais vu la vidéo sans avoir lu votre introduction j'aurais sans doute rit aussi.

    Et pourquoi aurais-je ri ? Parce-que "ha ha regarde le noir qui ne sait pas nager" ? Je ne pense pas, il aurait été suédois au teint d’albâtre il faut reconnaître le côté grotesque de la situation, rien que le double faux-départ est déjà une bonne mise en jambe, ensuite il nage tout seul, plutôt inhabituel (source d’étonnement et donc si pas de rire au moins de bonne humeur) et puis évidemment sa technique qui laisse fortement à désirer (et c'est bien normal et compréhensible SI on connait son histoire)

    Ensuite vous n'êtes certainement pas sans savoir qu'un des commentateurs, Stéphane Caron, était détenteur d'un record de 49:18 sur la même épreuve, record qu'il a du lui aussi obtenir à grands coups de sacrifices et d'entraînements rigoureux, ce qui me parait expliquer et justifier son fou rire, quand on est spécialiste d'une tâche quelconque et qu'on voit un amateur s'y prendre de travers (encore une fois sans connotation négative, c'est juste un fait) on a tendance à au moins sourire intérieurement.

    Et pour finir la vidéo se termine sur une reconnaissance du bel esprit olympique de l'athlète et par un "c'est formidable, vraiment c'est formidable" qui est je pense sincère et pas ironique.

    Voilà mon avis pour nuancer un peu le jugement qu'on peut porter sur les commentaires de sa performance.

    J'espère n'avoir pas fait trop de fautes dans mon texte, je sais que vous êtes très sensible au respect de la langue Française et par respect j'ai essayé d'éviter les anglicismes et j'ai même été revoir le tableau de conjugaison de certains verbes afin d'être sûr de ne pas commettre d'impair.

    Cordialement,

    François

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