24 janvier 2018

Quand on tire sur un faible

La petite anecdote que je vais vous raconter n'a d'intérêt que parce qu'elle est parfaitement authentique, et illustre bien les frictions du monde ancien avec le nouveau monde du numérique.

J'assistais à une formation réservée aux experts judiciaires et aux avocats, formation organisée par une compagnie d'experts de justice. Organisation impeccable, objet de la formation intéressant, programme alléchant, 4G disponible, lieu agréable. Bref, la journée s'annonçait bien.

Le premier conférencier est un magistrat de haut niveau, intervenant sans note sur un sujet pointu passionnant. Je suis concentré sur les concepts difficiles avec lesquels il jongle et qui échappent pour beaucoup à mon entendement. L'auditoire est captivé. Les avocats approuvent ou désapprouvent certains passages ou certaines subtilités juridiques. La conférence est passionnante.

Je publie discrètement sur Twitter quelques impressions admiratives à mes followers.

Au bout d'un quart d'heure, le conférencier est brutalement interrompu par l'un des organisateurs de la formation. Ce dernier crie littéralement dans la salle : "Quelqu'un dans cette pièce est en train de publier sur des RÉSEAUX SOCIAUX le contenu de cette formation. C'EST UN SCANDALE. La prochaine fois, dans nos programmes sera CLAIREMENT ÉCRIT L'INTERDICTION de dévoiler nos échanges !"

Stupéfaction dans la salle.
L'organisateur me fixe d'un regard noir.
Mon cœur s'est arrêté.
Je me recroqueville sur mon siège.
Je me fais tout petit.

Quand tout à coup, depuis la scène où se trouvent installés plusieurs des conférenciers qui doivent intervenir à la table ronde à venir, tonne une voix de Stentor : "QUOI, QU'EST-CE QUE C'EST QUE CETTE FAÇON D'APOSTROPHER LES GENS ! OUI, JE TWEETE, OUI JE SUIS OUVERT SUR LE MONDE, SANS POUR AUTANT DÉVOILER OU ÊTRE DÉSOBLIGEANT AVEC LES ORGANISATEURS OU LES INTERVENANTS !"

L'un des avocats qui devait intervenir pendant la formation, prenait pour lui les remontrances (humiliantes) qui m'étaient destinées... Comme moi, il avait posté quelques tweets à sa communauté (dont je fais parti) pour le plus grand plaisir de celle-ci.

Les organisateurs, plutôt gênés des effets collatéraux non prévus de leur attaque, venaient de découvrir la puissance de feu d'un avocat habitué aux assauts et aux joutes verbales.

J'ai assisté silencieux à leur retraite piteuse en rase campagne, "non, mais ce n'est pas vous, Maître, heu, bon on reprend".

J'ai respecté poliment leur interdiction de tweeter pendant la formation.

Je trouve dommage que dans le milieux des experts judiciaires en informatique, il y ait encore des gens qui méconnaissent l'intérêt des réseaux sociaux, des gens qui soient encore enfermés dans leur univers clos du millénaire précédent, qui refusent l'ouverture vers le monde, le partage avec des "mékeskidis", la communication non contrôlée.

J'admets et je me soumets aux règles lorsqu'elles sont connues. Comme Lord Walder qui affirmait lors des Noces Rouges : "sous mon toit, ma loi", les organisateurs d'une formation peuvent imposer leurs règles.

Mais j'ai pris un certain plaisir (coupable) à voir une brillante éloquence remettre en place un sot. Étant moi-même un sot qu'on a tant de fois remis en place...

03 janvier 2018

Wishlist 2018

Vous le savez, mon père ne va pas bien (lire "le miracle du cerveau") et je suis auprès de lui le plus souvent possible. Il a une maladie neurodégénérative qui le fait décliner par à-coup, et c'est très dur, surtout pour ma mère qui est auprès de lui tous les jours, mais aussi pour ma sœur et moi. Nous découvrons la misère des EHPAD, nous subissons les incohérences des décisions des soignants, nous nageons dans les méandres administratives d'un univers étranger.

Côté boulot, la numérisation de toutes les activités de l'entreprise m'amène à basculer d'un mode "best effort" à un mode "obligation de résultats", mais sans que les moyens humains ne suivent en conséquence. Cela rend la pression très difficile à supporter, avec en plus le sentiment que tout le monde tire sur l'ambulancier. Je lance et je m'implique à fond dans beaucoup de projets informatiques importants, mais la situation est telle que je cherche également un autre poste. Si vous entendez parler d'un besoin de DSI dans une PME qui cherche un homme à tout faire, n'hésitez pas à m'en parler via ma page contact. Je suis mobile sur toute la France, y compris Paris. Je suis un service informatique et un service technique à moi tout seul...

Concernant les expertises, c'est de plus en plus difficile. Techniquement les défis sont de plus en plus ardus, et l'institution de plus en plus exigeante. Je pense qu'il va bientôt être temps de rendre le tablier. Surtout que je ne souhaite pas devenir un expert "carte de visite", comme j'en rencontre tant.

La vie municipale se déroule plutôt bien, les différents projets numériques ayant été menés en début de mandat. Je m'en sors avec les honneurs, surtout depuis que j'ai annoncé que je ne pouvais plus m'investir autant qu'auparavant. J'arrive encore à dire ce que je peux faire et à faire ce que je dis, ce qui est pour moi l'essentiel.

Quelle est donc ma wishlist 2018 dans ces conditions ?

1) Que mon père ait une fin de vie paisible
2) Que ma mère puisse l'accompagner sereinement tout au long de cette épreuve
3) Que les points 1 et 2 se réalisent, cela suffira à mon bonheur
4) Professionnellement, je souhaite retrouver l'implication de mes 20 ans et voir briller les yeux de mes collègues. Peut-être dans une nouvelle entreprise, avec un nouveau projet.
5) Publier le tome 7 des billets du blog
6) Publier à nouveau des bêtises sur ce blog
7) Renouer avec le bonheur

Chère lectrice et cher lecteur, je vous souhaite le meilleur pour 2018.

Merci également à tous ceux qui m'envoient des petits mots d'encouragements, que 1000 pétales de roses soient déposés autour de vos claviers.

2018 sera meilleure que 2017 et moins bonne que 2019.
Plus qu'hier et moins que demain.
💖

Johnny Rockfort - Zythom (NA 2018)