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16 septembre 2018

Mise en conformité du blog concernant le RGPD

J'ai légèrement modifié les mentions légales du blog et procédé à une analyse des informations que je collecte sur ce blog.

En effet, je suis le responsable du traitement des données personnelles collectées ici, et en tant que tel, je m'engage à respecter le cadre des dispositions légales en vigueur (et c'est bien normal).

Je suis un simple blogueur, qui tient un journal extime pour son plaisir, éventuellement pour celui de ses lecteurs, et, en particulier, je ne cherche pas à commercialiser vos données personnelles qui sont uniquement utilisées à des fins statistiques et d'analyses.

J'utilise Google Analytics pour établir les statistiques de consultation de ce blog, en plus des outils intégrés à la plateforme Blogger. Les options de monétisation du blog ne sont pas activées, et je recommande à tous les internautes d'installer un bloqueur de publicités (par exemple uBlock Origin), même si je crois qu'il n'y en a pas trop qui s'affichent par ici.

Par ailleurs, depuis septembre 2012, j'utilise les services de Feedburner pour proposer aux internautes qui le souhaitent, l'envoi par email des billets de ce blog. Je trouve cela pratique et il y a plus d'une centaine de personnes qui ont fait ce choix.

Mais cela me pose un problème : il s'agit d'une collecte de données personnelles. Or, en tant que délégué à la protection des données de ce blog, je m'engage à prendre toutes les précautions nécessaires afin de préserver la sécurité des informations et notamment qu’elles ne soient pas communiquées à des personnes non autorisées.

Malheureusement, je ne souhaite pas endosser cette responsabilité, dans la mesure où je ne vais pas pouvoir surveiller les conditions d'utilisation de vos données personnelles par Feedburner, ni leurs évolutions. J'ai également déjà fait l'objet d'un piratage ciblé de ce blog (lire ce billet) dont j'assume parfaitement les conséquences pour moi-même, mais pas pour les autres.

J'ai donc décidé de supprimer ce widget et de résilier les abonnements aux envois par email des billets du blog pris volontairement par la centaine d'internautes qui avaient souhaité profiter de cette facilité. Une fois que ce billet sera dans leur boite aux lettres, je supprimerai définitivement toutes les données personnelles que j'ai en ma possession (ie leurs emails). Je leur présente mes excuses les plus sincères pour l'arrêt de cette fonctionnalité. Je leur recommande l'utilisation d'un agrégateur de flux RSS et de s'abonner au blog par ce biais.

Il me restera ensuite à franchir le dernier pas, celui de l'auto-hébergement, pour essayer de me sortir de la googlisation de mon environnement de blogueur fainéant. Pour cela, j'attends avec impatience d'être relié à la fibre, ce qui est normalement prévu dans les mois qui viennent. Je mettrai alors en place un serveur web chez moi, avec toute l'administration informatique qui va avec... J'en profiterai aussi pour héberger enfin un nœud Tor un peu plus sérieux que celui que je fais tourner aujourd'hui.

Attendez-vous à quelques changements sur ce blog, qui reste pour moi un lieu d'expression formidable, mais qui est aussi un champ d'expérimentation technique. Je suis en train de tester Cloudflare, WordPress, et d'autres joyeusetés.

Mais si vous connaissez un hébergeur européen qui accepterait de prendre en charge gratuitement mon blog, complètement et sans publicité, je suis preneur !

A bientôt ;-)


05 septembre 2016

10 ans

Et bien voilà, cela fait dix ans que ce blog est ouvert.

Il y a dix ans, mes trois enfants avaient 4 ans, 8 ans et 12 ans, chacun muni de leur ordinateur, et l'aînée me demandait si elle pouvait ouvrir un blog... J'en avais entendu parler, je suivais déjà quelques blogs qui m'intéressaient, alors j'ai dis oui (avec des conditions). Puis, j'ai ouvert ce blog.

Il me fallait un pseudo, alors j'ai pris le dernier mot de mon dictionnaire papier de l'époque, et je me suis trompé dans sa transcription. J'ai écrit "Zythom" au lieu de "Zythum". Je n'ai jamais corrigé (je me suis rendu compte de l'erreur plusieurs années après !) et ce pseudonyme est resté.

J'avais une vision très "chercheur" de l'univers d'internet que j'ai connu pendant mes années de thèse à Paris à la fin des années 1980. C'était un gigantesque lieu de partage de fichiers, d'idées, de programmes, de codes, d'articles scientifiques, de jeux, de discussions... entre chercheurs. Mais j'étais plutôt content de l'arrivée des entreprises privées dans MON réseau réservé à la recherche, entreprises dont le but était de proposer à tout le monde un accès à ce réseau numérique mondial. Vous connaissez la suite et le résultat magnifique qu'est internet. Parmi toutes les révolutions qui ont été permises par internet, j'ai finalement accroché à celle des sites consacrés aux carnets personnels, que l'on a appelé des weblogs, puis par aphérèse, des blogs.

Fainéant par nature, j'ai cherché une plate-forme proposant un système clef en main, gratuit et si possible stable dans le temps. J'ai choisi Blogger et je n'ai pour l'instant jamais regretté ce choix.

Enthousiasmé par le concept, j'ai publié à un rythme d'environ 10 à 20 billets par mois la première année, pour progressivement diminuer au fil des années à 4 ou 5 billets par mois. Je supprime régulièrement des billets devenus inutiles mais le volume global continue de monter inexorablement et atteint aujourd'hui environ 900 billets.

Vous le savez, je publie sur ce blog plusieurs types de billets :
- des retours d'expériences sur ma modeste participation au monde particulier des experts judiciaires. Ces billets sont regroupés dans la catégorie "Expert" qui regroupe des remarques, des anecdotes (romancées), des partages ou des états d'âme que j'éprouve au fil du temps ;
- des histoires personnelles, parce que j'aime beaucoup parler de moi (et que mes proches saturent un peu, d'où mon refuge dans l'écriture...), que je regroupe dans la rubrique "Privée". Vous êtes un peu mes thérapeutes ;-)
- des partages d'expériences issues de mon travail de responsable informatique et technique dans une grande école d'ingénieurs (rubrique "Professionnel") ;
- et enfin des retours (discrets) sur mon activité de conseiller municipal (rubrique "Vie publique").

Ce blog a eu des impacts très importants sur ma vie. Il m'a permis de réfléchir sur moi-même, sur mes comportements, sur mon mode de pensée. Il m'a forcé à remettre en cause beaucoup de choses. Lire les commentaires, les réactions des lecteurs m'a obligé à me confronter à d'autres visions, d'autres avis, d'autres sensibilités. Les échanges lors des conférences ont aussi été très enrichissants.

Écrire a également été une thérapie pour des moments sombres de ma vie, en particulier lors de certaines expertises judiciaires sordides. Je pense vraiment que cela m'a permis de franchir ces étapes sans dommage. Écrire est également un plaisir, un jeu, et l'exploration d'un nouvel univers.

Tenir un blog, c'est aussi s'exposer publiquement. J'ai payé durement cette exposition plusieurs fois, en particulier lors du procès intenté par un confrère expert judiciaire (lire les billets de l'affaire Zythom) et lors du piratage du blog par un pseudo confrère haineux. Mais en faisant le bilan, j'ai connu beaucoup, beaucoup de bonheur à tenir ce blog. Tout d'abord, cela m'a permis de rencontrer beaucoup de personnes très bien (connues et inconnues), même si ma vie sociale est un peu particulière. Tous ces échanges m'ont fait grandir, sur un grand nombre de sujets, comme par exemple sur le sexisme.

10 années ont passé, une bonne tranche de vie.
Mes enfants ont maintenant 14, 18 et 22 ans.
Et moi 53 ans. Seule mon épouse a toujours 20 ans.

Parfois je me demande s'il n'est pas temps d'arrêter et de partir sur la pointe des pieds. Ai-je encore quelque chose à dire ? Mais je reçois encore des emails d'encouragements, ou des emails d'enseignants qui m'indiquent utiliser certains billets pour les faire lire à leurs élèves ("Manon 13 ans" a semble-t-il un certain succès). Cela me fait plaisir et je me sens un peu utile.

Alors je maintiens ouvert mon petit bout d'internet, je continue à partager ce que je fais, et à donner mon avis sans me préoccuper des rageux.

Merci pour tous les petits mots d'encouragement que vous avez pu m'adresser tout au long de ces années.

A bientôt.


29 mars 2016

Le chiffrement des smartphones

Cliquez pour agrandir l'image
J'ai été contacté par l'étudiant journaliste Olivier Levrault qui souhaitait une interview pour son article de la Tribune du Palais de mars 2016 de l’École de Journalisme de Toulouse. Je publie ici, avec son aimable autorisation, la version complète de l'interview.

Olivier Levrault : Tout d'abord, pouvez-vous expliquer rapidement votre rôle dans une enquête en tant qu'informaticien expert judiciaire ?

Zythom : Chaque enquête est effectuée sous la direction d'un magistrat (du moins en temps normal, c'est-à-dire hors état d'urgence). S'il l'estime nécessaire, ce magistrat peut demander un avis technique à une personne qu'il va choisir sur une liste d'experts pré-sélectionnés. Les personnes inscrites sur cette liste portent le titre d'expert judiciaire. Le magistrat va alors lui donner des missions et poser des questions précises auxquelles l'expert judiciaire répondra dans un rapport dans lequel il donne son avis « en son honneur et en sa conscience » (c'est le serment de l'expert judiciaire). En dehors de ces missions pour la Justice, je reste un citoyen comme les autres, avec un métier, une conscience politique et une liberté d'expression. Ce qui me permet de répondre à vos questions.

Olivier Levrault : Entrons dans le vif du sujet. L'Assemblée nationale a voté, début mars, un amendement visant à condamner les constructeurs de smartphones qui refuseraient de coopérer avec la justice dans les enquêtes terroristes. Trouvez-vous cet amendement fondé ?

Zythom : Je suppose que vous parlez de l'amendement n°90 (rect) porté par M. Goujon etc. et que l'on peut trouver ici : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/3515/AN/90.asp De quoi parle-t-on ? Cet amendement modifie trois articles du code de procédure pénale de la manière suivante (j'ai mis les modifications en gras) :
  • Article 60-1 du code de procédure pénale :
Le procureur de la République ou l'officier de police judiciaire peut, par tout moyen, requérir de toute personne, de tout établissement ou organisme privé ou public ou de toute administration publique qui sont susceptibles de détenir des informations intéressant l'enquête, y compris celles issues d'un système informatique ou d'un traitement de données nominatives, de lui remettre ces informations, notamment sous forme numérique, sans que puisse lui être opposée, sans motif légitime, l'obligation au secret professionnel. Lorsque les réquisitions concernent des personnes mentionnées aux articles 56-1 à 56-3, la remise des informations ne peut intervenir qu'avec leur accord.

A l'exception des personnes mentionnées aux articles 56-1 à 56-3, le fait de s'abstenir de répondre dans les meilleurs délais à cette réquisition est puni d'une amende de 3 750 euros. Cette peine est portée à deux ans d'emprisonnement et 15 000 € d’amende lorsque la réquisition est effectuée dans le cadre d’une enquête portant sur des crimes ou délits terroristes définis au chapitre 1er du titre II du livre IV du code pénal.

A peine de nullité, ne peuvent être versés au dossier les éléments obtenus par une réquisition prise en violation de l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

  • Article 60-2 du code de procédure pénale
Sur demande de l'officier de police judiciaire, intervenant par voie télématique ou informatique, les organismes publics ou les personnes morales de droit privé, à l'exception de ceux visés au deuxième alinéa du 3° du II de l'article 8 et au 2° de l'article 67 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, mettent à sa disposition les informations utiles à la manifestation de la vérité, à l'exception de celles protégées par un secret prévu par la loi, contenues dans le ou les systèmes informatiques ou traitements de données nominatives qu'ils administrent.

L'officier de police judiciaire, intervenant sur réquisition du procureur de la République préalablement autorisé par ordonnance du juge des libertés et de la détention, peut requérir des opérateurs de télécommunications, et notamment de ceux mentionnés au 1 du I de l'article 6 de la loi 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, de prendre, sans délai, toutes mesures propres à assurer la préservation, pour une durée ne pouvant excéder un an, du contenu des informations consultées par les personnes utilisatrices des services fournis par les opérateurs.

Les organismes ou personnes visés au présent article mettent à disposition les informations requises par voie télématique ou informatique dans les meilleurs délais.

Le fait de refuser de répondre sans motif légitime à ces réquisitions est puni d'une amende de 3 750 euros. Cette peine est portée à deux ans d'emprisonnement et 15 000 € d’amende lorsque les réquisitions sont effectuées dans le cadre d’une enquête portant sur des crimes ou délits terroristes définis au chapitre 1er du titre II du livre IV du code pénal. 

Le fait, pour un organisme privé, de refuser de communiquer à l’autorité judiciaire requérante enquêtant sur des crimes ou délits terroristes définis au chapitre Ier du titre II du livre IV du code pénal des données protégées par un moyen de cryptologie dont il est le constructeur, est puni de cinq ans d’emprisonnement et 350 000 € d’amende.


Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, détermine les catégories d'organismes visés au premier alinéa ainsi que les modalités d'interrogation, de transmission et de traitement des informations requises.

  • Article 230-1 du code de procédure pénale
Sans préjudice des dispositions des articles 60, 77-1 et 156, lorsqu'il apparaît que des données saisies ou obtenues au cours de l'enquête ou de l'instruction ont fait l'objet d'opérations de transformation empêchant d'accéder aux informations en clair qu'elles contiennent ou de les comprendre, ou que ces données sont protégées par un mécanisme d'authentification, le procureur de la République, la juridiction d'instruction, l'officier de police judiciaire, sur autorisation du procureur de la République ou du juge d'instruction, ou la juridiction de jugement saisie de l'affaire peut désigner toute personne physique ou morale qualifiée, en vue d'effectuer les opérations techniques permettant d'obtenir l'accès à ces informations, leur version en clair ainsi que, dans le cas où un moyen de cryptologie a été utilisé, la convention secrète de déchiffrement, si cela apparaît nécessaire.

Si la personne ainsi désignée est une personne morale, son représentant légal soumet à l'agrément du procureur de la République, de l'officier de police judiciaire ou de la juridiction saisie de l'affaire le nom de la ou des personnes physiques qui, au sein de celle-ci et en son nom, effectueront les opérations techniques mentionnées au premier alinéa. Sauf si elles sont inscrites sur une liste prévue à l'article 157, les personnes ainsi désignées prêtent, par écrit, le serment prévu au deuxième alinéa de l'article 60 et à l'article 160.

Si la peine encourue est égale ou supérieure à deux ans d'emprisonnement et que les nécessités de l'enquête ou de l'instruction l'exigent, le procureur de la République, la juridiction d'instruction, l'officier de police judiciaire, sur autorisation du procureur de la République ou du juge d'instruction, ou la juridiction de jugement saisie de l'affaire peut prescrire le recours aux moyens de l’État soumis au secret de la défense nationale selon les formes prévues au présent chapitre.

Le fait, pour un organisme privé, de refuser de communiquer à l’autorité judiciaire requérante enquêtant sur des crimes ou délits terroristes définis au chapitre 1er du titre II du livre IV du code pénal des données protégées par un moyen de cryptologie dont il est le constructeur, est puni de cinq ans d’emprisonnement et 350 000 € d’amende.

Pour répondre à votre question (« Trouvez-vous cet amendement fondé ? »), je trouve que ce durcissement de notre législation correspond plutôt à un effet d'annonce permettant de montrer que certains députés suivent avec intérêt le débat américain qui oppose Apple et le FBI, mais à mon avis, ils se trompent de cible et surtout ils montrent encore une fois une incompréhension des concepts techniques mis en jeu. En effet, Apple souhaite mettre en place un système de chiffrement où elle-même n'aurait aucun moyen de pouvoir déchiffrer les données, afin de protéger ses utilisateurs de la curiosité étatique. Apple ne pourra pas techniquement fournir à l'autorité judiciaire les données en clair, et ne pourra pas être condamnée pour cela (sauf à rendre le chiffrement illégal).

Olivier Levrault : Le phénomène de chiffrement des données lors d'enquêtes criminelles et/ou terroristes est-il important ?

Zythom : Depuis les révélations d'Edward Snowden, beaucoup de gens commencent à chiffrer leurs données (à commencer par les journalistes), ce qui gêne les grandes oreilles de l’État. Le phénomène va évidemment augmenter, et rendre moins aisée la surveillance généralisée.

Olivier Levrault : À quel point le chiffrement d'un smartphone freine-t-il l'enquête ?

Zythom : Cela va dépendre du rôle du smartphone dans l'enquête. Si la seule preuve dont vous disposez se trouve chiffrée dans le smartphone (ou dans l'ordinateur), votre enquête est définitivement bloquée. Heureusement, l'activité criminelle se limite rarement au simple usage d'un smartphone, fut-il chiffré. Une enquête s'appuie sur beaucoup d'éléments plus classiques comme des filatures, des fadettes, des éléments financiers, etc. Je n'ai jamais rencontré de dossiers reposant sur un seul élément technologique même si je ne nie pas qu'il soit possible que cela arrive. Faut-il pour autant interdire le chiffrement à tous ? Faut-il demander à tous les citoyens de vivre dans des maisons de verre pour pouvoir faciliter la surveillance des faits et gestes de tout le monde, pour détecter les comportements suspects ?

Olivier Levrault : Le FBI vient d'annoncer qu'ils n'avaient plus besoin d'Apple pour déchiffrer les données du smartphone appartenant à l'auteur de la tuerie. Comment est-ce possible ? Aucun téléphone n'est donc inviolable ?

Zythom : Je ne peux pas prétendre connaître le procédé proposé au FBI par une tierce entreprise, alors même qu'Apple ne le connaît pas. Ce qui semble probable, c'est qu'une entreprise spécialisée dans la recherche de failles de sécurité a (peut-être) trouvé une faille à exploiter pour passer outre le système de blocage d'Apple (qui efface définitivement les données après 10 tentatives infructueuses) ce qui pourrait permettre une attaque par force brute qui est assez facile et rapide sur un code de quelques chiffres. N'oubliez pas qu'au stade des informations disponibles, certains font même l'hypothèse que le FBI fait simplement marche arrière pour éviter une décision de justice qui lui serait défavorable.

Olivier Levrault : Le fait de donner au gouvernement la clé pour accéder au contenu d'un téléphone lors d'une enquête terroriste fragilise-t-il la sécurité de l'ensemble des smartphones ?

Zythom : Oui. Imaginez un fabricant de serrures (coffres forts, portes de maisons, etc.) qui serait obligé de créer une clé permettant d'ouvrir toutes les serrures qu'il fabrique. Vous comprenez bien que cette fameuse clé devrait être protégé de la manière la plus extrême. Car il suffirait qu'une seule personne fasse discrètement une copie de cette clé pour que la sécurité des serrures soit définitivement compromise. Et si vous ne pouvez pas assurer vous-même la protection de cette clé, par exemple parce que l’État vous impose de lui en confier une copie, cela revient à confier toute la sécurité de vos clients à l’État. C'est ce qui a amené Ladar Levison à fermer son service Lavabit plutôt que de donner l'accès aux messages d'Edward Snowden comme la loi américaine le lui obligeait. Le suicide commercial plutôt que la trahison de ses clients...

Olivier Levrault : Est-ce que cela créé les fameuses portes dérobées ? Si oui, quel est le risque ?

Zythom : Lorsque vous proposez à vos clients un système protégeant votre vie privée, mais que vous mettez en place d'un accès réservé, c'est ce que l'on appelle une porte dérobée. On parle également de cheval de Troie. Le risque est l'utilisation de cette porte dérobée de manière abusive, soit par l’État, soit par un criminel. Vous pensez être seul dans l'intimité de votre chambre, alors qu'en fait un œilleton permet de vous observer, de vous photographier, de vous filmer, etc. Allez-vous accepter cela parce qu'on vous affirme que vous serez plus en sécurité ?

Olivier Levrault : Quelle conséquence pour la population dans son ensemble ? La protection des données personnelles ne risque-t-elle pas d'en prendre un coup ?

Zythom : Les défenseurs de la vie privée tirent la sonnette d'alarme depuis longtemps (CNIL, Quadrature du Net, etc.). L’État calme le jeu en prétendant exclure certaines professions de son radar : les avocats, les politiques et les journalistes. Pour le reste, circulez, nous nous occupons de votre sécurité, pour votre bien. Le discours est de dire que de toutes manières, une grande partie de la population a déjà offert une partie de ses données personnelles aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) en échange de services gratuits et de publicités ciblées. Nous parlons ici de l'abandon à la demande de l’État par le grand public de l'ensemble de ses données personnelles, ce qui est très différent. Personnellement, j'accepte de donner certaines de mes données privées à Google. J'accepte aussi de dévoiler beaucoup d'éléments de ma vie sur mon blog personnel. C'est ma liberté. Pour autant, je chiffre certains messages, j'utilise parfois un VPN, je protège certaines parties de ma vie privée. Parce que j'ai une réticence à tout montrer. Je refuse de faire installer une caméra dans ma chambre à coucher.

Olivier Levrault : Alors que les constructeurs se posent en défenseur des utilisateurs (pour redorer leur image depuis l'affaire Snowden), les données personnelles continuent d'être commercialisées. Les constructeurs de smartphones ne jouent-ils pas à un double jeu ?

Zythom : Il est relativement fascinant de constater qu'aujourd'hui le combat de la protection de nos données personnelles soit mené par une multinationale, contre la curiosité des États. Surtout que je suis assez âgé pour avoir connu la création de la CNIL (j'avais 15 ans en 1978) après les débats autour du projet SAFARI. Les constructeurs jouent double jeu, mais au moins, le consommateur peut décider d'arrêter d'acheter tel ou tel produit. Il a un certain pouvoir. Apple peut se ringardiser en quelques années et disparaître. Qu'en est-il du poids de la voix du citoyen dans le processus démocratique d'aujourd'hui ? Dans quel état sont les contre-pouvoirs traditionnels, tels que la justice et les médias ?

Olivier Levrault : Au final, dans ce débat 2.0 liberté vs sécurité, pensez-vous que le citoyen est perdant ? Cet épisode ne risque-t-il pas de limiter encore davantage la vie privée des citoyens ?

Zythom : Je vois se mettre en place deux catégories de citoyens : ceux qui sauront protéger une partie de leur vie privée et les autres. Et dans chacune de ces deux catégories, vous trouverez toutes les couches de la population : des riches, des pauvres, des criminels, des terroristes, des activistes, des journalistes, des avocats, des informaticiens, des politiques, etc. A chaque fois que nos libertés seront réduites, avec toujours les mêmes faux prétextes (lutte contre le terrorisme, contre la pédophilie, contre le grand banditisme, etc.), vous pouvez être sûr que le citoyen sera perdant. Mais tant qu'il ne s'en rend pas compte… Le grand changement d'aujourd'hui est le monde hyperconnecté dans lequel baigne une partie des citoyens : l'information circule très vite. J'ai l'espoir que si le bon côté de la Force l'emporte, une intelligence collective positive émergera de cette hyperconnection (attention, je ne parle pas d'IA). Le partage des connaissances peut aboutir à une meilleure information de chaque citoyen, et par là même à un meilleur contrôle sur nos représentants. Si le côté obscur l'emporte (il suffit de lire les commentaires haineux postés sous certains articles de journaux en ligne), alors notre comportement moutonnier sera exacerbé pour la plus grande joie des bergers et des loups. L'avenir est entre nos mains, et comme je suis optimiste, je suis persuadé que l'âge d'or est devant nous.
Merci à vous pour cet échange.

11 mars 2016

Mais putain y va bouger son gros cul ce con

Quand j'ai vu que la HADOPI continuait son travail de traque au profit des ayants-trop-de-droits,

Quand j'ai vu que la France refusait d'accueillir Édouard Snowden et de le protéger,

Quand j'ai vu la frayeur de nos dirigeants devant l'arrivée des réfugiés irakiens, libyens ou syriens, poussés par des guerres auxquelles nous avons largement contribué,

Quand j'ai vu le budget de la justice rester anémique,

Quand j'ai vu le cumul des mandats perdurer, y compris chez les ministres,

Quand j'ai vu les seuls médias indépendants poursuivis par le fisc,

Quand j'ai vu des lois de plus en plus liberticides être votées, un état d'urgence permanent se mettre en place,

Je me suis recroquevillé sur moi-même, incrédule.

Moi qui rêvais d'une France accueillante, montrant l'exemple, où le partage non marchand de la culture ferait la joie des cours de récréation, où les lanceurs d'alertes pourraient trouver refuge, où les réfugiés pourraient créer de la richesse et de l'emploi, où la justice pourrait faire son travail, où les cumulards seraient montrés du doigt, où la Liberté serait défendue avec des décisions politiques historiques ("A la terreur, nous répondrons par plus de démocratie")...

Je me suis dit, devant mon écran d'ordinateur, du fond de ma petite vie pénarde : MAIS PUTAIN Y VA BOUGER SON GROS CUL CE CON !

Je ne sais plus si je pensais à moi-même, au Président de la République, au Premier Ministre, ou au contraire au caporal encore sournoisement caché dans une caserne. 

Je suis désespéré par ce ratage historique.
Que vais-je dire à mes enfants ?

23 décembre 2015

Les populations légales

Je parle assez peu sur ce blog de mon activité de conseiller municipal. Pourtant, ce qu'elle me permet de découvrir ne lasse pas de me surprendre, tant du point de vue humain que du point de vue technique.

Aujourd'hui, en préparant le prochain conseil municipal, j'ai découvert la notion de populations légales. Je vous propose, sans rire, de devenir expert en calcul de populations légales.

Qu'est-ce que cela peut bien être que cette notion et à quoi sert-elle ?

Je ne suis pas juriste, mais j'ai cru comprendre que le nombre d'habitants d'une commune a son importance dans un grand nombre de domaines, comme par exemple la détermination de l'assiette de certains impôts, ou l'organisation des listes électorales.

Et naïvement, je pensais que le nombre d'habitants d'une commune, et bien c'est le nombre de personnes qui habitent la commune. FAUX.

Le terme générique de « populations légales » regroupe pour chaque commune :
1) sa population municipale
2) sa population comptée à part
3) sa population totale, qui est la somme des deux précédentes.
(j'aime bien ce genre de présentation ;-)

C'est comme en algorithmique : nous avons décomposé le problème en sous-problèmes supposés plus simples à résoudre : la population totale d'une commune est la somme de sa population municipale et de sa population comptée à part.

Bien.
Accrochez vous.

La population municipale :

Voyons maintenant comment se compte la population municipale.

La population municipale est la somme de 4 catégories de personnes :
1) Celles ayant leur résidence habituelle sur la commune
2) Celles détenues dans les prisons situées sur la commune
3) Celles sans abri recensées sur la commune
4) Celles résidant habituellement dans des habitations mobiles, recensées sur la commune.

Attention, il y a un piège : la "résidence habituelle" indiquée au point n°1 est à préciser ainsi :
a) si la personne est mineure et réside ailleurs du fait de ses études, la résidence habituelle est la résidence de sa famille.
b) si la personne réside dans l'une des communautés suivantes : établissement de santé, maison de retraite, foyer social ou assimilé, communauté religieuse, caserne, quartier, base ou camp militaire, la résidence habituelle est la communauté.
c) si la personne est majeure et réside dans une communauté appartenant à la catégorie "établissement hébergeant des élèves ou des étudiants", la résidence habituelle est la communauté.
d) si la personne est majeure MAIS que du fait de ses études elle réside hors de la résidence familiale ET hors communauté, la résidence habituelle est son logement.
e) si la personne est mariée (ou en concubinage ou PACSé) et réside pour des raisons professionnelles hors de la résidence familiale ET hors communauté, la résidence habituelle est sa résidence familiale.
f) si la personne ne se trouve dans aucun des cas précédent, la résidence habituelle est la résidence dans laquelle elle réside le plus souvent.

Vous l'avez remarqué, dans les cas a) et e) la résidence habituelle n'est pas celle où la personne réside le plus souvent...

Attention, il y a encore un piège : dans le cas a), les élèves internes mineurs recensés dans un établissement scolaire sont comptés dans la population municipale de la commune de leur résidence familiale ET dans la population comptée à part (voir plus loin) de la commune de leur établissement scolaire. Ils seront donc comptés DEUX fois...

J'adore.

Je prends un cachet d'aspirine, naïf que j'étais à vouloir compter les gens de ma commune...

L'INSEE m'explique que la population des ménages est calculée en ramenant les résultats de la collecte en 2013. Il est bien écrit "en 2013", pas "de 2013". Pour ramener les résultats de la collecte "en 2013", on utilise la tendance observée sur la commune entre la dernière population légale au 1er janvier 2012 et l'enquête de recensement de 2014.

Et, je ne plaisante pas, le paragraphe se termine par : "et on ajoute ensuite la population recensée dans les hôtels".

Concernant la population des habitations mobiles terrestres (pourquoi "terrestres", vous allez le comprendre au paragraphe qui suit) et les personnes sans abri, le chiffre est maintenu constant entre deux enquêtes de recensement, pendant cinq ans (pour les communes de moins de 10 000 habitants, le recensement se fait tous les cinq ans).

Enfin, ne pas oublier de prendre en compte les mariniers et les personnes vivant sur les bateaux de ces derniers (qui ont, eux, été recensés en 2011) : ils sont comptabilisés dans la commune dans laquelle ils ont déclaré avoir une résidence.

La population comptée à part :

La population comptée à part de la commune comprend les personnes recensées sur d'autres communes et qui ont conservé une résidence sur la commune.

Pour être plus clair, elle comprend :
1) Les personnes se trouvant dans la situation décrite au a), qui résident du fait de leurs études sur le territoire de la commune et qui ont leur résidence habituelle située dans une autre commune.
2) Les personnes se trouvant dans la situation décrite au b), dont la résidence familiale est située sur le territoire de la commune et qui ont leur résidence habituelle située dans une autre commune.
3) Les personnes majeures âgées de moins de 25 ans qui se trouvent dans la situation décrite au c), dont la résidence familiale se trouve sur le territoire de la commune et qui ont leur résidence habituelle située dans une autre commune.
4) Les personnes majeures âgées de moins de 25 ans qui se trouvent dans la situation décrite au d), dont la résidence de la famille se trouve sur le territoire de la commune et qui ont leur résidence habituelle située dans une autre commune.
5) Les personnes sans domicile fixe rattachées à la commune et non recensées sur le territoire de la commune.

Pour ce dernier point, il semble qu'il soit fait usage des listes des préfectures.

Calcul de la population totale de ma commune :

Si vous êtes encore avec moi, voici ce que tout cela donne dans ma commune :

En 2014, le recensement (qui se fait une fois tous les cinq ans car ma commune a moins de 10 000 habitants) nous dit :
- ménages : 5412
- communautés : 380
- sans abri ou résidant dans une habitation mobile terrestre : 9
Total = 5801

Population municipale ramenée au 1er janvier 2013 :
- ménages : 5282 (normal, la population de la commune augmente)
- communautés : 380
- sans abri ou résidant dans une habitation mobile terrestre : 9
- mariniers : 0 (pas de cours d'eau à l'horizon)
Total = 5671

Population comptée à part au 1er janvier 2013 : 142

Population totale au 1er janvier 2013
(chiffre qui sera pris en compte à partir du 1er janvier 2016) :
5671 + 142 =
5813

Le premier qui me dit en conseil municipal que nous sommes 6000, je lui explique gentiment : NON, NOUS SOMMES 5813, RESPECTEZ UN PEU LE TRAVAIL DE CEUX QUI SE DÉCARCASSENT A COMPTER.

Désolé.

Je voudrais adresser tous mes remerciements et encouragements à l'Insee dont la devise est "mesurer pour comprendre".

Note pour les juristes : ce billet contient toutes les approximations et erreurs habituellement rencontrées chez les novices du droit. Je conjure les étudiants en droit révisant ce type de problème de se référer directement aux textes originaux, et en particulier au décret n°2003-485 du 5 juin 2003 relatif au recensement de la population, publié au Journal Officiel n°132 du 8 juin 2003 et certainement révisé depuis.

Le prochain billet de la rubrique "vie publique" sera consacré à la préparation budgétaire et à ses différentes rubriques. /o\





12 octobre 2015

Tome 6

Oyez, oyez, oyez braves gens, le tome 6 de la série "Dans la peau d'un informaticien expert judiciaire" vient de sortir ! Il s'intitule "Yéléna" en référence à la petite fille qui revient souvent dans certaines de mes expertises.
Vous pouvez le commander au format papier chez mon éditeur, et parce que j'aime l'esprit de partage qui règne sur internet, il est également disponible gratuitement sans DRM au format PDF (cliquez sur les liens) :

- Papier (238 pages chez mon éditeur lulu.com)
- Pdf (2967 Ko)

Bien sûr, les tomes précédents sont encore disponibles, en format papier ou électronique sur la page publications.


Avertissements :

Les habitués du blog le savent, mais cela va mieux en l'écrivant: la publication des billets de mon blog, sous la forme de livres, est surtout destinée à ma famille et à mes proches. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi la démarche d'une autopublication. J'ai endossé tous les métiers amenant à la publication d'un livre, et croyez moi, ces personnes méritent amplement leurs salaires! Mise en page, corrections, choix des titres, choix des couvertures, choix du format, choix des polices de caractère, marketing, numérisation, etc., sont un aperçu des activités qui amènent à la réalisation d'un livre. Je ne suis pas un professionnel de ces questions, je vous prie donc de m'excuser si le résultat n'est pas à la hauteur de la qualité que vous pouviez attendre. Le fait d'avoir travaillé seul (avec Mme Zythom-mère pour la relecture, merci à elle), explique aussi le faible prix de la version papier pour un livre de 238 pages.

Je me dois également, par honnêteté envers les acheteurs du livre, de dire que les billets en question sont encore en ligne et le resteront. Les billets publiés dans le livre sont identiques, à part l'insertion des liens en clair, la correction des fautes de frappe et la mise en page.

J’espère que ce tome 6 vous plaira. N'hésitez pas à le faire découvrir autour de vous et à le partager.

En tout cas, je vous en souhaite une bonne lecture.

18 septembre 2015

Echanges autour du chiffrement, de la vie privée, de la police, de la justice et de l'Etat

L'interview est un exercice délicat, tant pour le journaliste que pour la personne interrogée. Et, on l'oublie souvent, l'interview est également protégée par le droit d'auteur. En effet, si on la considère comme une œuvre de collaboration, les droits du journaliste sont les mêmes que ceux de la personne interviewée.

C'est donc avec plaisir que j'ai demandé à Amaelle Guiton, journaliste au pôle Futurs du journal Libération, l'autorisation de reproduire ici l'intégralité de l'échange que nous avons eu lors de la préparation de son article paru dans Libération le 13 septembre 2015 : "Cryptographie, la justice cherche la clé", que je vous invite à lire à titre liminaire. Amaelle m'ayant donné son autorisation (avec la complicité de sa hiérarchie ;-), je vous livre donc l'intégralité de notre échange.

--oOo--

Bonjour Amaelle,
Je reprends vos questions dans l’ordre, mais gardez à l’esprit que je ne suis qu’un petit expert judiciaire de province, et que je ne dispose pas nécessairement de l’estime de mes confrères (et réciproquement). Je parle donc en mon nom propre.

AG: Le procureur de Paris François Molins a cosigné une tribune dans le NY Times pour protester à son tour contre le chiffrement des données sur les smartphones équipés d'iOS et Android. Est-ce que, dans votre activité d'expert judiciaire, vous avez le sentiment que la cryptographie préoccupe de plus en plus la police et la justice? Ce sont des discours que vous entendez ?

C’est un sujet qui préoccupe de plus en plus de monde, car la cryptographie « pour tous » va potentiellement gêner de nombreux dossiers où les enquêteurs avaient pris l’habitude d’accéder facilement à toutes les données. Sur les listes de diffusion sur lesquelles je suis inscrit, réservées aux enquêteurs et aux experts judiciaires, je vois passer pas mal de messages sur la cryptographie, sur l’impact qu’elle a sur les réponses qu’il est possible d’apporter aux magistrats. Mais ce phénomène est ancien. Les policiers se plaignaient de ne pas avoir assez de voitures puissantes pour poursuivre les malfaiteurs. Jusqu’au moment où ils se sont mis à les attendre aux péages d’autoroute. C’est toujours une course entre le chat et la souris, et les malfaiteurs utilisent depuis longtemps les outils technologiques, et en particulier la cryptographie. Certains sont en avance sur la police, beaucoup non.

AG: Que pensez-vous de l'argument selon lequel le chiffrement freine ou bloque les enquêtes? Est-il légitime (ou jusqu'à quel point est-il légitime) ?

Lorsqu’un enquêteur, ou un expert judiciaire, doit analyser un ordinateur ou un téléphone et que les données sont correctement chiffrées, il est bien évidemment bloqué. Si son enquête ne repose que sur cet élément, il est définitivement bloqué, ce qui est regrettable. Mais dans les dossiers que j’ai eu à traiter, ce cas de figure n’est jamais arrivé : un dossier ne repose jamais uniquement sur le contenu chiffré d’un ordinateur ou d’un téléphone. Il y a toujours d’autres éléments dans le dossier, et il s’agit d’ajouter encore des éléments de preuve (à charge ou à décharge) pour le compléter. L’argument ne me semble pas légitime, sauf dans le sens où le chiffrement complique la recherche de preuve et donc alourdit la facture de l’enquête, ce qui est déjà un problème dans notre pays où le budget de la justice est anormalement bas. Il ne faut pas oublier aussi que si les données sont chiffrées, il faut aussi qu’à un moment elles soient déchiffrées pour être utilisées par leur destinataire. L’enquêteur peut intervenir à ce moment-là.

AG: De quels moyens disposent les enquêteurs et les experts confrontés à des contenus chiffrés ?

Nous disposons des mêmes outils que les cambrioleurs de données : si le système de chiffrement possède une faiblesse (bug, porte dérobée, etc.), elle peut être exploitée. Par exemple, le système de gestion des mots de passe sous Windows 7 peut facilement être cracké avec l’outil Ophcrack en téléchargement libre. Je donne plusieurs exemples dans le billet de mon blog intitulé « Cracker les mots de passe ». De tout temps, les administrateurs informatiques ont développé des outils qui leur permettent de tester la viabilité des protections qu’ils mettent en place sur leurs réseaux. Il existe même un métier pour cela : pentester. Tous ces outils peuvent être utilisés par les enquêteurs pour essayer d’accéder légalement à des données (mal) protégées. Si les données sont bien protégées (par exemple des emails chiffrés correctement avec GPG, ou des données stockées dans des containers TrueCrypt), il n’est pas possible de les déchiffrer sans connaître la clef privée du destinataire. Mais si vous avez accès à l’ordinateur où est stockée la clef privée, tout redevient possible. J’aborde ces sujets dans le billet de mon blog intitulé « Fâce à TrueCrypt ». Je précise que je n’ai jamais eu accès aux moyens de l’État en matière de cryptologie. Je ne connais pas leurs possibilités, et je doute fort qu’ils puissent déchiffrer GPG ou TrueCrypt. Mais je me souviens de mon service militaire au service technique de l’électronique et de l’informatique des armées (je vous parle du millénaire précédent ;-) où certains ordinateurs étaient protégés par des cages de Faraday pour éviter l’interception à distance des données s’affichant sur les écrans. Je suppose que les techniques ont dû évoluer, mais je pense que l’État dispose encore d’outils permettant l’accès distant aux données (et de s’en protéger) par des voies non conventionnelles. Dans le même esprit, je pense que le plus simple pour écouter une conversation utilisant un téléphone chiffré (tel que Teorem de Thales) est encore de placer (légalement) un micro dans la pièce ou dans la voiture… On peut donc toujours surveiller quelqu’un de manière ciblée sans mettre toute la population sur écoute.

AG: Et enfin, comment vous positionnez-vous dans ce débat : en tant qu'informaticien, en tant qu'expert judiciaire, en tant que citoyen (ou les trois à la fois!).

Il m’est difficile de dissocier les trois : je suis un citoyen informaticien expert judiciaire. J’ai l’expérience de ces trois casquettes, expérience dont je fais part sur mon blog (ce qui m’est assez reproché). Ma position personnelle est de placer au-dessus de tout la protection de la vie privée individuelle. Tous les échanges et tous les stockages de données devraient être chiffrés de manière à ce que chacun puisse protéger ses données. Je préférerais d’ailleurs que l’on parle de « vie intime » plutôt que de « vie privée », car ce dernier terme prête à confusion dans un monde où beaucoup de citoyens échangent l’accès à une partie de leur vie privée avec un droit d’usage gratuit à certains services (proposés par les GAFAM). Tous les citoyens doivent pouvoir utiliser des outils garantissant leurs données contre les oreilles de l’État. Les malfaiteurs les utilisent depuis longtemps, sans que cela ne gêne trop l’État, il est temps que les honnêtes citoyens puissent les utiliser en masse. Les enquêteurs disposent d’autres moyens de poursuivre les malfaiteurs sans que l’État n’oblige tous ses citoyens à se mettre à nu. Je refuse d’être obligé de mettre une caméra dans ma chambre à coucher sous le prétexte d’une meilleure sécurité, par exemple pour une lutte soit disant plus efficace contre le terrorisme ou contre les pédophiles. Je ne crois pas en la réalité d’un État bienveillant qui surveille en masse ces citoyens pour le bien de tous. L’Histoire a plutôt démontré que ce type d’État dérive toujours très vite vers des abus en tout genre.
Quis custodiet ipsos custodes ?


05 mai 2015

La loi de la honte

Pour mémoire, voici les votes des députés sur le projet de loi relatif au renseignement, en première lecture, ce mardi 5 mai 2015 (source) :

Ils ont votés CONTRE :

    Pouria Amirshahi
    Fanélie Carrey-Conte
    Aurélie Filippetti
    Jean-Patrick Gille
    Linda Gourjade
    Philippe Noguès
    Michel Pouzol
    Barbara Romagnan
    Gérard Sebaoun
    Suzanne Tallard
    Yves Albarello
    Patrick Balkany
    Étienne Blanc
    Xavier Breton
    Philippe Cochet
    Bernard Debré
    Jean-Pierre Decool
    Patrick Devedjian
    Nicolas Dhuicq
    Sophie Dion
    Virginie Duby-Muller
    Hervé Gaymard
    Claude Goasguen
    Jean-Pierre Gorges
    Henri Guaino
    Jean-Jacques Guillet
    Patrick Hetzel
    Laure de La Raudière
    Pierre Lellouche
    Dominique Le Mèner
    Laurent Marcangeli
    Hervé Mariton
    Franck Marlin
    Philippe Meunier
    Jean-Claude Mignon
    Yannick Moreau
    Édouard Philippe
    Jean-Frédéric Poisson
    Bérengère Poletti
    Franck Riester
    Thierry Solère
    Alain Suguenot
    Lionel Tardy
    Jean-Charles Taugourdeau
    Michel Voisin
    Charles de Courson
    Yannick Favennec
    Jean-Christophe Fromantin
    Philippe Gomès
    Yves Jégo
    Maurice Leroy
    Hervé Morin
    Bertrand Pancher
    Arnaud Richard
    Jonas Tahuaitu
    Francis Vercamer
    Laurence Abeille
    Brigitte Allain
    Isabelle Attard
    Danielle Auroi
    Michèle Bonneton
    Sergio Coronado
    Cécile Duflot
    Noël Mamère
    Paul Molac
    Jean-Louis Roumégas
    Eva Sas
    François Asensi
    Huguette Bello
    Alain Bocquet
    Marie-George Buffet
    Jean-Jacques Candelier
    Patrice Carvalho
    Gaby Charroux
    André Chassaigne
    Jacqueline Fraysse
    Alfred Marie-Jeanne
    Jean-Philippe Nilor
    Nicolas Sansu
    Véronique Besse
    Jacques Bompard
    Gilbert Collard
    Nicolas Dupont-Aignan
    Jean Lassalle
    Marion Maréchal-Le Pen
    Thomas Thévenoud
    Laurent Grandguillaume (a fait savoir qu'il avait voulu voté contre)


Ils ont voté POUR :

    Ibrahim Aboubacar
    Patricia Adam
    Sylviane Alaux
    Jean-Pierre Allossery
    François André
    Nathalie Appéré
    Kader Arif
    Christian Assaf
    Joël Aviragnet
    Pierre Aylagas
    Jean-Marc Ayrault
    Alexis Bachelay
    Guillaume Bachelay
    Jean-Paul Bacquet
    Dominique Baert
    Gérard Bapt
    Frédéric Barbier
    Serge Bardy
    Ericka Bareigts
    Christian Bataille
    Delphine Batho
    Marie-Noëlle Battistel
    Philippe Baumel
    Catherine Beaubatie
    Marie-Françoise Bechtel
    Jean-Marie Beffara
    Luc Belot
    Karine Berger
    Chantal Berthelot
    Gisèle Biémouret
    Philippe Bies
    Erwann Binet
    Yves Blein
    Daniel Boisserie
    Christophe Borgel
    Florent Boudié
    Marie-Odile Bouillé
    Christophe Bouillon
    Brigitte Bourguignon
    Malek Boutih
    Émeric Bréhier
    Jean-Louis Bricout
    Jean-Jacques Bridey
    François Brottes
    Isabelle Bruneau
    Gwenegan Bui
    Sabine Buis
    Jean-Claude Buisine
    Sylviane Bulteau
    Vincent Burroni
    Alain Calmette
    Jean-Christophe Cambadélis
    Colette Capdevielle
    Yann Capet
    Christophe Caresche
    Marie-Arlette Carlotti
    Martine Carrillon-Couvreur
    Christophe Castaner
    Laurent Cathala
    Jean-Yves Caullet
    Guy Chambefort
    Jean-Paul Chanteguet
    Marie-Anne Chapdelaine
    Guy-Michel Chauveau
    Jean-David Ciot
    Alain Claeys
    Jean-Michel Clément
    Marie-Françoise Clergeau
    Romain Colas
    Philip Cordery
    Valérie Corre
    Jean-Jacques Cottel
    Catherine Coutelle
    Jacques Cresta
    Pascale Crozon
    Frédéric Cuvillier
    Seybah Dagoma
    Yves Daniel
    Carlos Da Silva
    Pascal Deguilhem
    Florence Delaunay
    Michèle Delaunay
    Guy Delcourt
    Pascal Demarthe
    Sébastien Denaja
    Françoise Descamps-Crosnier
    Sophie Dessus
    Jean-Louis Destans
    Michel Destot
    Fanny Dombre-Coste
    René Dosière
    Sandrine Doucet
    Philippe Doucet
    Françoise Dubois
    Jean-Pierre Dufau
    Anne-Lise Dufour-Tonini
    Françoise Dumas
    William Dumas
    Jean-Louis Dumont
    Jean-Paul Dupré
    Yves Durand
    Philippe Duron
    Olivier Dussopt
    Henri Emmanuelli
    Corinne Erhel
    Sophie Errante
    Marie-Hélène Fabre
    Olivier Faure
    Alain Fauré
    Hervé Féron
    Richard Ferrand
    Geneviève Fioraso
    Hugues Fourage
    Jean-Marc Fournel
    Valérie Fourneyron
    Michèle Fournier-Armand
    Michel Françaix
    Christian Franqueville
    Jean-Claude Fruteau
    Jean-Louis Gagnaire
    Yann Galut
    Guillaume Garot
    Hélène Geoffroy
    Jean-Marc Germain
    Jean Glavany
    Yves Goasdoué
    Geneviève Gosselin-Fleury
    Pascale Got
    Marc Goua
    Estelle Grelier
    Jean Grellier
    Edith Gueugneau
    Élisabeth Guigou
    Chantal Guittet
    David Habib
    Razzy Hammadi
    Benoît Hamon
    Joëlle Huillier
    Sandrine Hurel
    Christian Hutin
    Monique Iborra
    Françoise Imbert
    Michel Issindou
    Éric Jalton
    Serge Janquin
    Henri Jibrayel
    Régis Juanico
    Armand Jung
    Laurent Kalinowski
    Marietta Karamanli
    Philippe Kemel
    Chaynesse Khirouni
    Bernadette Laclais
    Conchita Lacuey
    François Lamy
    Anne-Christine Lang
    Colette Langlade
    Jean Launay
    Jean-Luc Laurent
    Jean-Yves Le Bouillonnec
    Gilbert Le Bris
    Anne-Yvonne Le Dain
    Jean-Yves Le Déaut
    Viviane Le Dissez
    Michel Lefait
    Dominique Lefebvre
    Annie Le Houerou
    Annick Le Loch
    Patrick Lemasle
    Catherine Lemorton
    Christophe Léonard
    Annick Lepetit
    Jean-Pierre Le Roch
    Bruno Le Roux
    Arnaud Leroy
    Michel Lesage
    Bernard Lesterlin
    Serge Letchimy
    Michel Liebgott
    Martine Lignières-Cassou
    Audrey Linkenheld
    François Loncle
    Gabrielle Louis-Carabin
    Lucette Lousteau
    Victorin Lurel
    Jacqueline Maquet
    Marie-Lou Marcel
    Jean-René Marsac
    Philippe Martin
    Frédérique Massat
    Sandrine Mazetier
    Michel Ménard
    Patrick Mennucci
    Kléber Mesquida
    Philippe Nauche
    Nathalie Nieson
    Robert Olive
    Maud Olivier
    Monique Orphé
    Michel Pajon
    Luce Pane
    Rémi Pauvros
    Germinal Peiro
    Hervé Pellois
    Jean-Claude Perez
    Sébastien Pietrasanta
    Martine Pinville
    Christine Pires Beaune
    Philippe Plisson
    Élisabeth Pochon
    Napole Polutélé
    Pascal Popelin
    Dominique Potier
    Régine Povéda
    Christophe Premat
    Joaquim Pueyo
    François Pupponi
    Catherine Quéré
    Valérie Rabault
    Monique Rabin
    Dominique Raimbourg
    Marie Récalde
    Eduardo Rihan Cypel
    Alain Rodet
    Frédéric Roig
    Bernard Roman
    Gwendal Rouillard
    René Rouquet
    Alain Rousset
    Boinali Said
    Béatrice Santais
    Odile Saugues
    Gilbert Sauvan
    Christophe Sirugue
    Julie Sommaruga
    Pascal Terrasse
    Sylvie Tolmont
    Jean-Louis Touraine
    Stéphane Travert
    Catherine Troallic
    Cécile Untermaier
    Jean-Jacques Urvoas
    Daniel Vaillant
    Jacques Valax
    Clotilde Valter
    Michel Vauzelle
    Fabrice Verdier
    Michel Vergnier
    Patrick Vignal
    Jean-Michel Villaumé
    Jean Jacques Vlody
    Paola Zanetti
    Damien Abad
    Elie Aboud
    Bernard Accoyer
    Nicole Ameline
    Benoist Apparu
    Laurence Arribagé
    Julien Aubert
    Olivier Audibert-Troin
    Jean-Pierre Barbier
    Jacques Alain Bénisti
    Xavier Bertrand
    Marcel Bonnot
    Jean-Claude Bouchet
    Valérie Boyer
    Philippe Briand
    Bernard Brochand
    Dominique Bussereau
    Olivier Carré
    Gilles Carrez
    Yves Censi
    Jérôme Chartier
    Luc Chatel
    Gérard Cherpion
    Guillaume Chevrollier
    Alain Chrétien
    Jean-Louis Christ
    Dino Cinieri
    Éric Ciotti
    Jean-François Copé
    François Cornut-Gentille
    Jean-Louis Costes
    Édouard Courtial
    Jean-Michel Couve
    Marie-Christine Dalloz
    Gérald Darmanin
    Olivier Dassault
    Bernard Deflesselles
    Lucien Degauchy
    Rémi Delatte
    Jean-Pierre Door
    Dominique Dord
    David Douillet
    Marianne Dubois
    Christian Estrosi
    Daniel Fasquelle
    Georges Fenech
    François Fillon
    Marie-Louise Fort
    Yves Foulon
    Marc Francina
    Yves Fromion
    Laurent Furst
    Sauveur Gandolfi-Scheit
    Annie Genevard
    Guy Geoffroy
    Bernard Gérard
    Alain Gest
    Daniel Gibbes
    Franck Gilard
    Georges Ginesta
    Charles-Ange Ginesy
    Jean-Pierre Giran
    Philippe Gosselin
    Philippe Goujon
    Claude Greff
    Arlette Grosskost
    Serge Grouard
    Jean-Claude Guibal
    Christophe Guilloteau
    Michel Heinrich
    Michel Herbillon
    Antoine Herth
    Guénhaël Huet
    Sébastien Huyghe
    Christian Jacob
    Denis Jacquat
    Christian Kert
    Nathalie Kosciusko-Morizet
    Jacques Kossowski
    Patrick Labaune
    Valérie Lacroute
    Marc Laffineur
    Jacques Lamblin
    Jean-François Lamour
    Guillaume Larrivé
    Charles de La Verpillière
    Thierry Lazaro
    Alain Leboeuf
    Isabelle Le Callennec
    Marc Le Fur
    Bruno Le Maire
    Jean Leonetti
    Pierre Lequiller
    Philippe Le Ray
    Geneviève Levy
    Gilles Lurton
    Jean-François Mancel
    Alain Marleix
    Philippe Armand Martin
    Patrice Martin-Lalande
    Alain Marty
    Jean-Claude Mathis
    François de Mazières
    Gérard Menuel
    Damien Meslot
    Pierre Morange
    Alain Moyne-Bressand
    Jacques Myard
    Dominique Nachury
    Yves Nicolin
    Patrick Ollier
    Valérie Pécresse
    Jacques Pélissard
    Axel Poniatowski
    Josette Pons
    Didier Quentin
    Frédéric Reiss
    Jean-Luc Reitzer
    Bernard Reynès
    Camille de Rocca Serra
    Sophie Rohfritsch
    Martial Saddier
    Paul Salen
    François Scellier
    Claudine Schmid
    André Schneider
    Jean-Marie Sermier
    Michel Sordi
    Éric Straumann
    Claude Sturni
    Michèle Tabarot
    Guy Teissier
    Michel Terrot
    Jean-Marie Tetart
    Dominique Tian
    François Vannson
    Catherine Vautrin
    Patrice Verchère
    Jean-Pierre Vigier
    Philippe Vitel
    Laurent Wauquiez
    Éric Woerth
    Marie-Jo Zimmermann
    Stéphane Demilly
    Philippe Folliot
    Meyer Habib
    Francis Hillmeyer
    Sonia Lagarde
    Jean-Christophe Lagarde
    Michel Piron
    Franck Reynier
    François Rochebloine
    Maina Sage
    Rudy Salles
    André Santini
    François Sauvadet
    Jean-Paul Tuaiva
    Philippe Vigier
    François-Xavier Villain
    Michel Zumkeller
    Éric Alauzet
    Denis Baupin
    Christophe Cavard
    François-Michel Lambert
    François de Rugy
    Jean-Noël Carpentier
    Ary Chalus
    Gérard Charasse
    Jeanine Dubié
    Olivier Falorni
    Paul Giacobbi
    Joël Giraud
    Gilda Hobert
    Jacques Krabal
    Jérôme Lambert
    Jean-Pierre Maggi
    Jacques Moignard
    Dominique Orliac
    Thierry Robert
    Stéphane Saint-André
    Roger-Gérard Schwartzenberg
    Alain Tourret
    Bruno Nestor Azérot
    Marc Dolez
    Gabriel Serville
    Sylvie Andrieux
    Gilles Savary (a fait savoir qu'il avait voulu voté pour)


Ils se sont ABSTENUS :

    Laurent Baumel
    Nicolas Bays
    Jean-Luc Bleunven
    Kheira Bouziane-Laroussi
    Nathalie Chabanne
    Dominique Chauvel
    Pascal Cherki
    Laurence Dumont
    Geneviève Gaillard
    Daniel Goldberg
    Mathieu Hanotin
    Pierre-Yves Le Borgn'
    Pierre-Alain Muet
    Christian Paul
    Patrice Prat
    Marie-Line Reynaud
    Denys Robiliard
    Sylvain Berrios
    Marc-Philippe Daubresse
    Claude de Ganay
    Anne Grommerch
    Françoise Guégot
    Philippe Houillon
    Frédéric Lefebvre
    Céleste Lett
    Véronique Louwagie
    Lionnel Luca
    Thierry Mariani
    Olivier Marleix
    Alain Marsaud
    Pierre Morel-A-L'Huissier
    Bernard Perrut
    Christophe Priou
    Arnaud Robinet
    Fernand Siré
    Jean-Sébastien Vialatte
    Jean-Luc Warsmann
    Thierry Benoit
    Laurent Degallaix
    Véronique Massonneau
    Barbara Pompili
    Gilles Bourdouleix


Il n'a PAS VOTE :

    M. Claude Bartolone (Président de l'Assemblée nationale).

07 avril 2015

Scam parlementaire

Attention, il est possible que ce message circule sur certaines boites aux lettres, restez vigilant...

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Monsieur le Député,

Je vous écris dans le but d’obtenir votre coopération et votre confiance en vue d’effectuer une affaire urgente avec vous, c’est une proposition sincère et noble que je vous fais. Je souhaite solliciter votre aide dans la migration technique et l'investissement dans votre pays l’héritage qu’a pu me léguer mon Père.

Brièvement, je suis une libyenne âgée de 51 ans et  fille unique du défunt Dr Serge Alexandre Stavisky. Jusqu'à sa mort, mon père était le Directeur général d'une société informatique dans la région de Tajoura en Libye. Le 6 Avril 2002 les forces militaires fidèles au gouvernement ont envahi la société et ont assassiné mon père, le confondant avec son demi frère Helg de la Brache qui est le député du révolutionnaire FODAY BRACHE. Quand ma mère, absente car venue me voir en Chine où j'étudie dans une grande école a appris la nouvelle, elle est retournée au pays malgré tous les risques et a récupéré certaines des affaires qu'elle jugeait sacrées pour mon père dans notre villa familiale. Parmi les objets récupérés figurait un dossier contenant des détails d'un dépôt que mon père a fait dans une société de compagnie de sécurité à Tajoura. Il y a déposé une quantité importante de boites noires contenues dans une caisse métallique en son nom.

Il n'a pas révélé le vrai contenu de la boîte à cette société. Néanmoins il  a déclaré le dépôt comme biens de famille pour des raisons de sécurité. C'est l’épargne qu’a pu constituer mon Père à l’issue de la vente des brevets pendant son temps comme Directeur général. Compte tenu du climat politique instable en Libye, j'ai décidé de chercher un partenaire afin d'investir cette technologie hors de la Libye dans des domaines rentables,  c'est donc la raison pour laquelle je viens vers vous pour solliciter votre assistance et nous aider à introduire cette technologie dans votre pays. La meilleure méthode pour conclure cette transaction vue la tension politique en Libye, serait d'expédier la caisse contenant les boites noires dans votre pays.

La compagnie  de sécurité a la possibilité de nous faciliter les choses en expédiant cette caisse dans votre pays par la voie diplomatique que j'apprécie beaucoup. Dès l'arrivée de ces outils dans votre pays, vous allez les récupérer et les sauvegarder et engager les démarches pour nous aider à venir s'établir dans votre pays. Ici en raison de sa proximité à notre pays et de la guerre, notre statut de réfugié ici ne peut pas faciliter les affaires pour nous. Nous vous demandons également de rechercher des affaires fiables et lucratives, de sorte que nous puissions investir sagement. Nous avons à l'esprit de vous donner 15 % de toute la somme et la part de 25% dans n'importe quel investissement que nous ferons au moment venu si vous acceptez de nous aider. Cette fortune que nous vous avons indiquée devrait demeurer confidentielle.

Cher partenaire restant à votre entière disposition pour d'amples informations fiables, recevez l'assurance de mes sincères salutations.

Bien à vous, et votez bien,

Victoria Lustig

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Pourvu que personne ne se fasse avoir...
Pour éviter ce genre de piège, surtout quand on est député, toujours relire la notice.

13 mars 2015

Implication politique

Comme la justice, la politique est une notion polysémique. D'après Wikipédia, les différents sens du mot peuvent être :
- le cadre général d'une société organisée et développée (Politikos)
- la structure et le fonctionnement d'une communauté, d'une société, d'un groupe social (Politeia)
- la pratique du pouvoir, les luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir (Politikè).

Quand j'ai pris conscience de cette polysémie, j'ai mieux compris les quiproquos de mes différentes conversations. Car, quand on prononce le mot de "politique", beaucoup des personnes de mon entourage ont plutôt le poil qui se hérisse et des images en tête de magouilles, de vestes qui se retournent, d'opportunistes individualistes et d'animaux politiques plus ou moins sauvages.

Mais l'engagement politique, cela peut être autre chose.

Prenons un groupe d'une dizaine de personnes, des bons copains par exemple. Il y a toujours un leader qui sort un peu de groupe, et les copains le suivent avec enthousiasme et un peu d'ironie. Cela se passe plutôt bien.

Prenons un autre groupe d'une dizaine de personnes, des voisins par exemple. L'entente naturelle est moins évidente. Les intérêts sont parfois différents, voire opposés. Ceux qui ont assisté à une assemblée de copropriétaires peuvent témoigner de la dureté des interactions humaines. Celui ou celle qui se propose de représenter le groupe prend beaucoup plus de risques et devient souvent le point de convergence des critiques.

Prenons maintenant une petite ville, par exemple de 5500 habitants. Chacun vaque à ses occupations. Personne ne souhaite voir les impôts augmenter, tout le monde veut une voirie impeccable, que le bus ne s'arrête pas trop loin et toutes les 5 mn, pas trop de voitures devant chez soi, mais une place de parking pour chacune de ses voitures (et celles de ses amis lorsqu'ils sont invités). Le maire et ses adjoints deviennent des cibles de choix. Tous pourris, tous incapables, tous magouilleurs.

Quand j'ai commencé à m'intéresser à la vie de ma commune, j'ai regardé ça de loin, via le journal municipal. Puis je me suis approché, un peu par hasard, en assistant à plusieurs séances du conseil municipal. J'ai accepté de donner un coup de main à l'organisation des élections, puis, des bancs du public je suis passé au siège de conseiller municipal.

Je suis quelqu'un de relativement naïf, et de particulièrement inexpérimenté en matière d'interactions sociales directes. J'ai l'esprit d'escalier pour tout ce qui sort de mon champ d'expertise. J'ai besoin de temps pour réfléchir, je suis un très mauvais débatteur, j'ai l'esprit lent. C'est peu de dire la terreur que m'inspire la perspective d'un débat politique public.

Alors, j'occupe une place de petit soldat au quartier général, d'où je peux sans trop de danger observer les batailles terribles qui se déroulent sous mes yeux en essayant de rester sous les radars, d'éviter les balles, les Scuds, les Exocets, les rafales de Kalachnikov.

Ce qui me fascine le plus, c'est le désintérêt total du citoyen pour la vie de sa commune, jusqu'au moment où il y voit un intérêt personnel direct

Untel souhaite créer une sortie sur la rue depuis son jardin. Il comprend bien qu'il doit prendre en charge la découpe de son mur et la pose de son portail. Mais il ne comprend pas le refus de la commune de modifier le trottoir, d'abattre l'arbre qui dérange et de déplacer le lampadaire inopportun.

Untel se gare devant chez lui sur le trottoir sans vouloir voir qu'il empêche la circulation des poussettes ou des fauteuils d'handicapé. "Ils n'ont qu'à changer de trottoir, c'est chez moi ici."

Untel voudrait que la rue principale de la commune devienne piétonne, mais que les commerçants de la rue restent ouverts (et pouvoir y aller, lui, en voiture).

Untel veut un sens unique dans sa rue pour que les voitures roulent moins vite (alors qu'il est démontré que les automobilistes vont plus vites quand ils se sentent moins en danger), ou un gendarme couché, mais pas devant chez moi parce que ça fait du bruit...

Je croise parfois des hommes ou des femmes politiques connus, lors de manifestations diverses. Je les regarde avec un mélange de fascination, d'admiration et d'incompréhension. Parce que je me dis que ces personnes prennent des coups, des crachats, des quolibets en permanence. Parce que je trouve ce prix à payer bien trop élevé pour les satisfactions qu'ils peuvent en tirer. Parce que je réalise la résistance colossale qu'il faut avoir pour résister à toute cette haine ordinaire.

Finalement, je me rends compte que ma propre implication se limite à mettre mes connaissances à la disposition de l'équipe qui dirige la commune (par "équipe", j'entends le maire, les adjoints et le directeur général des services). J'aime donner mon avis, et je ne suis pas vexé quand il n'est pas suivi. Je fais un peu "tâche" dans ce paysage où il faut s'imposer pour exister.

Je ne suis pas fait pour la vie politique.
Trop fragile.
Je suis un n-1 ou un n-2, fait pour travailler dans l'ombre.
Et cela me va.

04 février 2015

News en vrac

Je n'oublie pas ma série consacrée au chiffrement des emails "pour débutant", je prépare la suite mais je manque de temps. Je ferai un billet "chapeau" qui récapitulera tous les autres billets. J'aimerais parler de la signature électronique des messages, des serveurs de clefs, de la longueur des clefs, de leur date de validité, de la révocation... Bref, patience.

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En relisant les anciens billets du blog pour préparer le tome 6, je me suis rendu compte que je n'avais jamais fait le comparatif des VPN que je voulais tester. Il est trop tard maintenant (les tests que j'ai faits sont trop anciens). Mais pour ceux que cela intéresse, j'ai choisi Freedom-IP. C'est gratuit pour les fonctionnalités de base, géré par une communauté sympathique et compétente, ils proposent des serveurs un peu partout, de l'OpenVPN, du PPTP, cela fonctionne dans tous les environnements que j'utilise (Windows, GNU/Linux, iOS, Android). Si vous avez besoin de protéger votre vie privée, je vous les recommande. Je ne peux pas néanmoins garantir qu'il ne s'agisse pas d'un groupe affilié à la NSA qui fait croire à un service protecteur pour mieux vous surveiller... Bon, sinon, vous pouvez mettre en place votre propre serveur VPN (la plupart des NAS le proposent) pour surfer en toute tranquillité lors de vos déplacements, comme si vous étiez chez vous.

Mais, pour être vraiment tranquille, je vous recommande d'utiliser tails (sur un live cédérom ou sur une clef USB), avec l'option "la connexion internet de cet ordinateur est censurée, filtrée ou passe par un proxy". Très pratique pour visiter le "deep web", en particulier lors d'une expertise judiciaire consacrée à des choses pas jolies-jolies... mais aussi pour sortir des radars de surveillance qui semblent se multiplier. Évidemment, si c'est pour aller sur votre compte Facebook, Twitter ou Gmail, cela me paraît superflu ;-)

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J'ai eu comme cadeau de Noël une vraie épée deux mains que j'ai commandée chez Rêves d'Acier. Il s'agit d'un rêve de gosse que j'ai fini par réaliser. Tout mon entourage me croit fou, mais quand je ferme les yeux et que je prends mon épée dans les mains, je me sens... différent. J'ai choisi cette épée de tournoi, d'une longueur d'1,20m... Dans mon bureau, lorsque je travaille sur une expertise, cela se passe comme ça maintenant. C'est un peu cher le caprice, mais quand on aime on ne compte pas. Prochaine étape, cette armure de cuir... Mes voisins vont croire que je suis dingue. Déjà que tout le monde me regarde en biais quand j'utilise mon petit drone Parrot (je ne survole pourtant pas les habitations)...

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J'ai eu l'honneur d'être accepté comme expert sur la liste de ma Cour Administrative d'Appel (lire ce billet pour le début de l'histoire). Je suis très fier de l'honneur que m'ont fait les magistrats, d'autant plus que je n'ai pas caché la tenue de ce blog sous le pseudonyme Zythom. Je suis donc à la fois "expert judiciaire près ma Cour d'Appel" et "expert près ma Cour Administrative d'Appel". Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai voulu sabrer le champagne (avec mon épée deux mains ;-) mais ma femme m'a dit "bah, c'est normal, non ?". Je n'ai pas osé demander si elle pense que je suis le meilleur, ou s'il suffisait de faire le dossier de demande d'inscription pour être accepté.


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Je découvre l'art et la manière de faire de la publicité et du marketing pour ma société de service. C'est un univers que je ne connais pas et qui demande des efforts particuliers. Mais je suis curieux de nature et j'aime bien apprendre, donc c'est passionnant. J'ai de plus en plus de dossiers, grâce à des avocats qui me font confiance, grâce au bouche à oreille, grâce aux réseaux sociaux et enfin grâce à ce blog. Je croise les doigts.

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L'activité de conseiller municipal délégué au développement numérique de la commune est prenante, avec pas mal de réunions le soir (et malheureusement dans la journée aussi). J'essaye de limiter le nombre de projets pour pouvoir les mener à bien correctement. J'observe aussi un peu les jeux de pouvoir entre l'opposition et la majorité municipale, c'est très drôle parfois et un peu triste aussi.


Voilà, c'était un billet un peu fourre tout, comme j'en fait de temps en temps pour ceux qui ne me suivent pas sur Twitter.


05 décembre 2014

Il n'existe rien de constant

Un billet rapide entre deux projets, deux trains, deux dossiers, trois enfants et une femme (merveilleuse).

Je n'oublie pas la suite de ma petite série sur le chiffrement des emails. J'avais prévenu qu'elle se ferait "à mon rythme". Il reste à voir un cas pratique plus simple que celui basé sur le copier/coller et le chiffrement du presse-papier. Il reste à voir la signature des emails, la sécurité relative des échanges, la mise en perspective de la pratique collective... A suivre donc.

Il n'existe rien de constant...

J'ai une charge professionnelle élevée avec beaucoup de projets dans l'école d'ingénieurs où je travaille. J'y consacre toutes mes forces, avec l'aide de toute une équipe de personnes. Il y a de vrais challenges à relever, tant du point de vue technique que du point de vue humain. Un vrai travail d'équipe. Mais cela me laisse, le soir, sans énergie, à peine bon pour un World of Tanks ;-)

Il n'existe rien de constant...

Du côté "vie publique", mon activité de conseiller municipal s'est considérablement alourdie par la délégation du maire, qui m'a confié la réflexion sur le développement numérique de la commune. J'ai beaucoup d'idées, mais leurs réalisations relèvent à chaque fois du soulèvement de montagnes. C'est à la fois usant, désespérant et tellement humain : tout le monde veut que cela change, mais tout le monde critique chaque pas dans la direction du changement... des habitudes. C'est tellement plus simple de ne rien proposer et de critiquer.

Il n'existe rien de constant...

Concernant les expertises judiciaires, c'est le grand calme plat. Aucune désignation depuis de nombreux mois. Du coup, comme toujours dans cette situation, je me demande si c'est moi qui ne donne pas satisfaction, ou si c'est le budget de la justice qui empêche les magistrats d'ordonner des expertises judiciaires informatiques. Je vais vite savoir si la première hypothèse est la bonne puisque ma demande de ré-inscription sur la liste des experts judiciaires va être ré-étudiée, comme c'est la règle maintenant tous les cinq ans.

Il n'existe rien de constant...

J'ai la particularité d'être particulièrement chatouilleux sur mon indépendance et sur ma liberté d'expression. Cela ne plaide pas toujours en ma faveur : je mets mes compétences au service des magistrats, pas à celui du "clan" des experts judiciaires. Un jour je paierai pour cela.

Il n'existe rien de constant...

Je n'ai pas encore de retour sur ma demande d'inscription sur la nouvelle liste des experts près ma Cour Administrative d'Appel. Là aussi, je ne connais pas les critères qui feront que mon dossier sera accepté ou pas, ni qui le défendra ou l'enfoncera.

Il n'existe rien de constant...

Je vous ai parlé plusieurs fois de mon activité débutante de consultant. De ce côté là, les perspectives sont excellentes. J'ai suffisamment de clients pour remplir mes soirées libres et mes week-ends. Je profite de ce billet pour remercier les avocats qui me font confiance. Je peux leur assurer que je mets toutes mes compétences à leur service.

Il n'existe rien de constant...

Quant à l'avenir de ce blog privé, je suis un peu dubitatif. J'ai bien conscience que beaucoup viennent y chercher des anecdotes sur l'expertise judiciaire, sur la face cachée des investigations. C'est d'ailleurs ce qui m'avait été reproché lors de l'Affaire Zythom qui m'a durablement marqué, ainsi que mes proches qui m'ont accompagné au tribunal. J'ai parfois la tentation de faire comme l'auteur de Grange Blanche dont le dernier billet se termine pas ces mots :
Mais il faut savoir arrêter quand on a le sentiment qu’on a donné tout ce que l’on pouvait, il faut savoir s’arrêter avant de ne poursuivre que par habitude.
Bonne continuation à tous.
Mais j'ai déjà arrêté ce blog une fois... Et, en suivant les conseils de Maître Eolas, je l'ai rouvert en me rendant compte que je pouvais publier des billets à mon rythme, sans pression, pour mon seul plaisir, même si je n'ai rien à dire d'intelligent.

Il n'existe rien de constant...

Ceci dit, au sujet des anecdotes d'expertises judiciaires, comme je ne peux pas romancer tous les dossiers qui me sont confiés, et que je suis de moins en moins désigné, j'ai choisi de faire comme Baptiste Beaulieu, blogueur talentueux en plus d'être l'auteur d'une "pépite d'humanité" (je cite Le Monde) et l'une des idoles de ma fille aînée qui marche dans ses pas : je propose à tous ceux qui le souhaitent de m'adresser leurs histoires d'expertises judiciaires informatiques. Que vous soyez avocat, magistrat, expert judiciaire ou simple citoyen, vos histoires m'intéressent. Je choisirai celles qui m'inspirent le plus et les ré-écrirai à ma façon, avec mes mots et mon style. Les billets en question commenceront par "L'histoire c'est X, l'écriture c'est moi". Je trouve l'idée de Baptiste Beaulieu intéressante, et je vais essayer d'en être à la hauteur. On verra bien.

Pour raconter, écrivez ici. N'hésitez pas.

"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" (Bouddha).